40 ans de carrière et HELLOWEEN ne semble toujours pas avoir levé le pied. Avec « Giants & Monsters », leur dix-septième album studio, le groupe allemand revient avec un disque qui sent la sueur, les amplis brûlants et la passion intacte.
Je dois avouer que j’abordais cet album avec une pointe d’appréhension après « Helloween » (2021) : réussi, certes, mais un peu trop sage à mon goût. Ici, on retrouve une envie de bousculer les codes, de surprendre sans renier l’ADN power metal du groupe.
Dès les premières minutes, les guitares tracent des lignes lumineuses et les voix (celles de Kiske, Deris et Hansen) s’entrelacent comme rarement. L’alchimie fonctionne toujours, mais cette fois le mix leur laisse encore plus de place.
Il y a des morceaux qui me frappent instantanément, comme Universe (Gravity for Hearts), plus de huit minutes d’intensité maîtrisée, presque progressive, où chaque riff semble pousser l’autre vers le ciel. À l’opposé, This Is Tokyo joue la carte de l’hymne facile et ne sera pas du goût de tout le monde. Ce contraste peut dérouter, mais il donne du relief à l’ensemble.
La surprise vient aussi des respirations : la ballade Into the Sun évite le piège du sirupeux (juste sans tomber dans le pathos) et trouve un juste équilibre entre émotion et grandeur. Peut-être l’un de leurs plus beaux titres dans ce registre.
Ce n’est pas un album parfait : certains refrains se répètent et quelques morceaux paraissent moins inspirés, mais l’énergie et la cohérence globale compensent largement. « Giants & Monsters » ne se contente pas de recycler la formule HELLOWEEN, il la pousse plus loin.
Un disque pensé pour la scène, qui promet de prendre une toute autre dimension en live. 40 ans et les citrouilles ont encore la flamme.