
Pas d’introduction grandiloquente, pas de montée en puissance artificielle : Threnodies s’ouvre comme une évidence sombre, déjà installée, déjà trop lourde pour être évitée. On n’entre pas vraiment dans cet album, on réalise simplement qu’on est déjà dedans, coincé dans sa lente dérive.
Dès les premières minutes, le disque impose son rythme : lent, inexorable, presque cérémoniel. Ici, chaque riff tombe comme une pierre dans un puits sans fond. Pas de précipitation, pas de démonstration, seulement une avancée funèbre, implacable.
AKEM MANAH ne cherche pas à séduire : le groupe construit, couche après couche, un monument de mélancolie et d’effondrement intérieur. Mais la véritable force de Threnodies réside ailleurs. Dans cette capacité à transformer le doom/death en récit. Chaque morceau agit comme une confession terminale, un fragment de lucidité arraché au bord du gouffre. On n’y parle pas de
mort comme d’un concept abstrait, on respire son poids, sa lente infiltration dans l’esprit. Les guitares écrasent, la voix semble venir d’un endroit déjà condamné, et les silences eux-mêmes deviennent oppressants.
Là où beaucoup de groupes s’abandonnent à la monotonie du genre, cet album impose une tension constante. Des textures sombres, presque rituelles, viennent hanter les compositions, donnant à l’ensemble une dimension quasi mystique. Il y a quelque chose de profondément humain dans cette noirceur : une peur lucide, froide, qui refuse toute échappatoire.
Threnodies n’est pas un disque “plaisant”. C’est une expérience lourde, dense, parfois suffocante, mais toujours sincère. Un album qui ne cherche pas la lumière, et qui, précisément pour cette raison, touche juste.
Pour conclure: une œuvre qui ne fait aucun compromis, et qui transforme la lenteur en arme émotionnelle massive.

Artiste : AKEM MANAH
Album : Threnodies
Date de sortie : 3 Avril 2026
Label : Black Lion Records




