Chronique – ESCAPEINOUT – “The Age of Collapse : As Above, So Below »

Sous le ciel noir du monde, ESCAPEINOUT sonne l’âge de l’effondrement avec » The Age of Collapse : As Above, So Below «
» The Age of Collapse: As Above, So Below « , ESCAPEINOUT ne se contente pas d’annoncer la ruine !
Il l’organise, la sculpte, la transforme en architecture sonore. Le groupe sicilien, venu de Catane, entre chez Brutal Records avec un album qui avance comme une prophétie noire, lourd, tendu, lucide, traversé par cette impression que le sol se fissure autant sous nos pieds que dans nos consciences.
Formé en 2011, ESCAPEINOUT a grandi dans les circuits souterrains de l’extrême metal italien, là où les groupes se forgent moins dans la lumière des vitrines que dans la persistance, les caves, les routes et les fidélités du public underground. Après un véritable reset créatif en 2023, la formation revient avec une vision plus nette, un metal extrême agressif, mais tenu ; brutal, mais jamais confus ; atmosphérique, mais sans se perdre dans le brouillard.
Le titre de l’album dit déjà tout : » The Age of Collapse : As Above, So Below « .
Ce titre peut se traduire, à mon avis, par « Ce qui s’effondre en haut se reflète en bas » ; « Ce qui pourrit dans le ciel finit par contaminer la terre » ; « Ce que l’homme détruit autour de lui finit toujours par revenir cogner à l’intérieur »…
L’album explore ainsi la dégradation environnementale, l’excès humain et cette dualité existentielle où l’être devient à la fois victime et artisan de son propre naufrage.
Musicalement, ESCAPEINOUT choisit la tension plutôt que la démesure gratuite. Les riffs coupent net, les rythmiques verrouillent l’espace, et l’atmosphère monte comme une fumée toxique. « Behold The River » ouvre ce courant noir, presque rituel, comme si l’eau elle-même portait les traces du désastre. « The Wait » installe l’attente avant la chute, ce moment suspendu où l’on sait que quelque chose va céder. Puis « No Time » resserre l’urgence : le titre sonne comme une horloge brûlée, un rappel brutal que l’effondrement n’est plus une menace lointaine, mais une présence.
Avec « Sink », le disque semble littéralement s’enfoncer. La chanson porte dans son nom une gravité simple : sombrer, descendre, perdre pied. Mais ESCAPEINOUT ne transforme jamais la noirceur en abandon. « The Awakening » marque au contraire une forme de réveil, non pas lumineux, mais nécessaire : ouvrir les yeux quand il est déjà presque trop tard. « Out of The Shade » prolonge ce mouvement, comme une sortie de l’ombre qui ne garantit pas le salut, mais refuse au moins l’aveuglement.
Au centre de l’album, « As Above, So Below » agit comme une clef symbolique. C’est le miroir du disque, le point où l’intime et le cosmique se répondent. Le chaos extérieur devient paysage mental ; la crise du monde devient crise de l’âme. ESCAPEINOUT y trouve une force particulière : faire du metal extrême non seulement une machine d’impact, mais aussi une matière de réflexion, une manière de regarder le désastre sans détourner le regard.
La fin du parcours ne cherche pas l’apaisement. « Filtered » évoque un monde tamisé, déformé, rendu artificiel par nos propres filtres et nos propres systèmes. Quant à « The End of All Things Known », il referme l’ensemble avec une évidence presque philosophique : ce qui disparaît n’est pas seulement un décor, mais une manière d’habiter le réel. La fin des choses connues, c’est aussi l’obligation d’inventer autre chose ou de disparaître avec elles.
Derrière cette masse sonore, le groupe repose sur une formation resserrée : Elio Virtù au chant, R.G. Noise à la basse, Max Calleri à la guitare et Ciccio Blandini à la batterie. Un bloc qui privilégie la précision de l’impact à la démonstration, et dont la cohésion donne à l’album son caractère le plus convaincant : cette impression d’un chaos contrôlé, d’une violence qui sait exactement où elle veut frapper.
Avec » The Age of Collapse: As Above, So Below « , ESCAPEINOUT signe un album d’extrême metal qui respire la fin de cycle. Mais il ne s’agit pas d’un simple disque apocalyptique : c’est une œuvre sur la responsabilité, sur le vertige, sur l’écho entre le monde que nous ravageons et celui que nous portons en nous.
Et dans ce miroir noir, le groupe rappelle une vérité ancienne : ce qui s’effondre au-dessus finit toujours par tomber en nous !

Artiste : ESCAUPEINOUT
Album : The Age of Collapse : As Above, So Below
Date de sortie : 21 août 2026
Label : Brutal records




