
Quand dans la liste des chroniques d’albums à réaliser je suis tombée sur “Venceremos” de VILLAGERS OF IOANNINA CITY, groupe grec de folk rock, ma curiosité a immédiatement été piquée.
Le groupe se compose de trois membres principaux, tous issus de la ville d’Ioánnina : Alex Karametis à la guitare, au chant et au synthé, Akis Zois à la basse, Aris Giannopoulos à la batterie auxquels s’ajoute un musicien jouant des instruments traditionnels, Dimitris Brentas.
Ιωάννινα (Ioánnina) est une ville grecque située à 435 kilomètres au nord-ouest d’Athènes, capitale de la région de l’Épire et bâtie sur les rives du lac Pamvotis. La ville offre un cadre où se mêlent les époques et les cultures. Il me semble important de contextualiser la ville d’origine du groupe, au vu des fortes influences sur leur musique, puisque celle‑ci mêle traditions locales, rock et instruments tels que la clarinette, la cornemuse ou encore le kaval (flûte jouée dans les musiques traditionnelles des Balkans).
Reposons notre Guide du Routard pour en venir au cœur du sujet : le nouvel album “Venceremos”, sorti sur le label Napalm Records, sept ans après leur précédent opus, “Age of Aquarius” (Mantra Records). Le titre de ce nouveau disque dévoile un message très fort, pouvant se traduire par “nous vaincrons”. Une promesse d’une lutte acharnée et d’une victoire sans concession, forgée sur une détermination sans faille. “A heavy rock rebellion forged in fire, myth and resistance! “ comme le décrit le groupe. La pochette de l’album porte également les traces d’un combat qui ne sera pas sans sacrifice.
Le court “Alienation” vient introduire les huit morceaux qui composent l’album et se fond très rapidement avec le suivant “Home”. Un rythme posé, proche du stoner, avec des sonorités à la PINK FLOYD, pour un titre étonnament long pour une ouverture (près de dix minutes !). Le titre permet de planter le décor avant de partir en guerre. Le son lancinant de la cornemuse se fait de plus en plus fort, comme pourrait l’être le chant d’un cor de guerre, nous ordonnant de nous tenir prêt pour l’affrontement. “I wish we find a way to set this planet free” – “NOW !” scande Alex. Le message est clair, revenons à nos racines, à notre maison, pour retrouver le chemin de la liberté.
“Ghosts in the sky” est le premier single dévoilé pour annoncer la sortie de l’album. Dès les premières secondes, les paroles nous embarquent “Hold on, you’re not alone / Here come the ghosts in the sky”. Nous sommes face à l’un des morceaux les plus forts de l’album, de ceux qui nous donnent envie de donner de la voix également. Contrairement au précédent qui nous invitait à l’introspection, ce titre nous remplit d’énergie et nous guide vers l’action. Un texte empreint de spiritualité et qui nous exhorte de tenir bon pour réaliser nos rêves.
Rechargés en énergie, dirigeons-nous vers le titre éponyme de l’album “Venceremos”. Tout comme le précédent, le groupe souhaite délivrer un message d’espoir, au son implacable de la batterie d’Aris, de la guitare rythmique d’Alex et du kaval de Dimitris. “We can recall this feeling, it felt like we were dreaming”. Le groupe nous rappelle que la vie n’est qu’un passage. Il nous invite à nous souvenir de nos vies passées et à affronter les souvenirs douloureux pour mieux vivre le présent. La récompense vaut le voyage. A noter que les deux titres sont illustrés chacun par un clip, fonctionnant comme les deux parties d’une même histoire.
Le rock folk grec de VILLAGERS OF IOANNINA CITY atteint son apogée avec le titre “The Ruiner” – le Destructeur. Le son se fait plus lourd, entre les martèlements de la batterie d’Aris, la voix d’Alex qui se fait plus profonde et les instruments traditionnels omniprésents. Nous sommes proches du but de notre voyage, au bord des abîmes.
“No fear” nous ramène à un rock plus classique, plus épuré. Jusqu’à la minute finale où le rythme s’accélère, aussi puissant qu’une tempête à laquelle nous devons faire face, sans peur. Et au bout de cette tempête, le calme et la sérénité, incarnés par le bruit de l’océan retrouvé. Nous sommes de retour sur les rives grecques, avec le titre fleuve “Here and Now, qui nous entraine doucement mais sûrement vers la fin du voyage.
Les titres “Epitath” et “Requiem” clôturent “Venceremos”. Les voix mélancoliques de la cornemuse et du kaval ouvrent ce final en deux parties, comme un adieu déchirant, bercé seulement par le son du vent. Un air d’intemporalité s’empare de nous en cette fin d’album, il nous est facile de fermer les yeux et de nous retrouver en immersion dans l’Antiquité. La batterie qui s’abat sur l’introduction de “Requiem” nous ramène à la réalité. Un titre choral où nous chantons conjointement avec Alex les “Oh oh oh oh oh”. “Going back, remember all, what do you fear ?” Il est l’heure du bilan, qu’avons-nous retenu du voyage ? Rentrons-nous victorieux ou bien vaincus ? La voix d’Alex s’éteint, laissant l’ensemble des instruments de s’exprimer librement. Est-ce les sirènes que nous entendons au loin ? Les bribes de voix s’effacent progressivement, nous nous retrouvons de plus en plus seul. Le morceau finit dans un silence de mort, nous pouvons déposer les armes. C’est fini, nous sommes face à nous-même. Jusqu’au prochain voyage.
“Venceremos” de VILLAGERS OF IOANNINA CITY est un disque harmonieux, cohérent de bout en bout, mettant en valeur des thèmes intemporels qui sauront parler à tout le monde. La présence des instruments traditionnels crée une atmosphère singulière et apporte une identité propre, évitant de tomber dans un rock plus classique. Il ne reste plus qu’au groupe grec de défendre le nouvel opus sur scène, espérons que de nouvelles dates de tournée soient annoncées prochainement.

Artiste : VILLAGERS OF IOANNINA CITY
Album : Venceremos
Date de sortie : 18 septembre 2026
Label : Napalm Records




