Live Report DEVIN TOWNSEND – 22/09/2026 – Le Bataclan – Paris

Anne-Laure Marie, reporter pour Metal Rock Magazine, était sur place pour immortaliser cette soirée !
DEVIN TOWNSEND
Ce soir, Devin Townsend n’a besoin ni de mur d’amplis ni de groupe au complet pour occuper le Bataclan. Une guitare acoustique, une voix et une carrière longue de plusieurs décennies lui suffisent. Avec Metamorphosis, le Canadien propose bien plus qu’un concert : une plongée personnelle dans son parcours musical.
Dès les premières notes de « Funeral », le ton est donné. La salle se tait, attentive. Loin des déflagrations de Strapping Young Lad ou des productions monumentales de ses projets solo, Devin Townsend privilégie ici la proximité. Entre deux morceaux, il raconte, plaisante, digresse. Son humour décalé contraste avec les passages les plus poignants de la soirée.
La setlist fonctionne comme une traversée de sa discographie. « Love? », « Deadhead », « Ih-Ah! », « Lightworker », puis « Deep Peace », « Kingdom », « Hyperdrive » ou « Why? » apparaissent sous des formes parfois très différentes de leurs versions studio. Certains titres sont joués intégralement, d’autres réduits à quelques minutes ou quelques mesures : Devin préfère évoquer ses chansons plutôt que simplement les reproduire.
Cette formule met également en lumière un aspect rarement aussi visible de son travail : la force des mélodies. Débarrassées de leurs couches de production, certaines compositions gagnent une fragilité inattendue. « Deadhead » prend ainsi une dimension particulièrement émouvante, tandis que les incursions dans le répertoire de Strapping Young Lad rappellent que même les morceaux les plus brutaux peuvent survivre au passage à l’acoustique.
Et puis il y a les imprévus. Quelques problèmes d’accordage, des plaisanteries sur l’absence de guitar tech : rien n’est parfaitement calibré, et c’est précisément ce qui rend la soirée attachante. Devin assume les petits ratés et transforme chaque incident en moment de complicité avec le public.
Après l’entracte, la deuxième partie poursuit cette rétrospective avec notamment « Solar Winds », « Coast », « Feather », « Midnight Sun » et « From the Heart ». Lorsque « Life » vient finalement conclure le spectacle, la boucle semble naturellement se refermer.
Le Bataclan se lève alors pour une longue ovation.
Ce soir, Devin Townsend n’a pas cherché à recréer ses albums. Il a fait quelque chose de plus intéressant en racontant leur histoire et la sienne par extension.
Un concert dépouillé, drôle et profondément humain, qui démontre une nouvelle fois qu’avec Devin Townsend, le grandiose ne dépend pas du volume sonore.










































