Live Report MOTOCULTOR – Jour 4 – 16/08/2026 – Carhaix

Gwen Le Meur et Ophélie Griffin, Rédactrices et photographes pour Metal Rock Magazine, étaient sur place pour immortaliser cette dernière journée du festival !
MODDER
Poursuivons ce dimanche avec MODDER sous la Bruce Dickinscène, l’un des groupes que je voulais particulièrement découvrir. Venus de Gand à l’occasion de leur tout premier concert en France, les membres du groupe ont tout de même échangé quelques mots chaleureux en français avec le public, ravis d’être là après quatre jours de festival et glissant au passage que « c’est beau la Bretagne ! ».
Sur scène, le groupe livre une performance 100 % instrumentale mêlant la lourdeur du sludge/doom à des structures progressives et des touches d’électro psychédélique. En tout cas, on est pris dedans dès les premières notes ! C’est lourd et totalement hypnotisant, sans le moindre temps mort. J’ai tout simplement adoré.
HERETOIR
Direction ensuite la Massey Ferguscène pour HERETOIR. Venus d’Allemagne, ils évoluent dans un registre post-black metal / shoegaze chargé d’émotion.
Malgré un début de set un peu perturbé par des soucis techniques, le groupe ne se démonte pas et installe rapidement son univers : c’est planant, immersif et superbement atmosphérique.
Même à 14 h, la tente est déjà pleine à craquer, signe de l’attente du public. Un concert vraiment prenant qu’on aurait aimé voir durer plus longtemps : on leur souhaite clairement un créneau plus étendu pour une prochaine édition !
CRYPTOPSY
Ce début d’après-midi du dernier jour du festival se jouera sous le signe du death sur les main stages. Commençons tout d’abord par CRYPTOPSY, groupe de Death metal.
Les Canadiens livrent un set brutal et ultra‑technique de quarante‑cinq minutes, sans le moindre temps mort, confirmant sans détour leur statut de pionniers du death metal extrême. Derrière les fûts, le jeu de batterie clinique et impressionnant de Flo Mounier donne le ton, magnifié par une grosse présence scénique au micro de Matt McGachy. Le groupe a fait un carnage chez les amateurs de brutal death et mis les cervicales du public à rude épreuve, grâce à un savant mélange de classiques issus de l’album « None is so vile » et de morceaux plus récents du dernier opus, « An insatiable violence » sorti l’an passé. Il en ressort un set explosif, porté par quatre membres prêts à en découdre sous un soleil de plomb.
Malgré la chaleur persistante, le public répond totalement présent et se lance tout entier dans d’énormes pogos et circle pits. La poussière est à son niveau maximum au bout des quatre jours du MOTOCULTOR ; il sera difficile d’y échapper sur les concerts suivants.
« Thanks MOTOCULTOR, vous êtes très beaux ! » conclut Matt avant de sortir de scène sur Chopin.
FIT FOR AN AUTOPSY
Après leur passage marquant au HELLFEST l’an passé, c’est avec une vive excitation que nous attendons FIT FOR AN AUTOPSY sur la scène Dave Mustage.
Le groupe prend pleinement possession de la scène et ne donnera pas l’occasion au public de se reposer, ce dernier étant déjà écrasé de poussière et de chaleur.
Porté par le chanteur Joe Badolato, les américains déroulent leur set de façon implacable, délivrant un deathcore percutant, mêlant riffs massifs, ambiances sombres et ce groove redoutable qui caractérise leurs prestations scéniques.
Sans nul doute, l’un des meilleurs concerts de cette quatrième journée.
SIGNS OF THE SWARM
Repassons sur la scène d’à côté pour prendre la plus grosse claque de la journée : SIGNS OF THE SWARM, groupe originaire de Pittsburgh, aux Etats-Unis, et qui s’est largement imposé sur la scène deathcore.
David Simonich, au chant, n’aura que peu de difficultés à nous happer tant la performance vocale est impressionnante. Ses acolytes ne sont pas en reste pour déverser sur le MOTOCULTOR un torrent de violence, sur les morceaux issus principalement des deux derniers albums, “Amongst the Low & Empty” et “To Rid Myself of Truth”.
La nappe de poussière est désormais à son apogée et enveloppe tout entier le public chaud bouillant. La performance livrée par le groupe américain nous laisse méchamment sonnés et tabassés. On en redemande !
KIM DRACULA
Place ensuite au phénomène KIM DRACULA et, honnêtement, je ne sais toujours pas trop quoi en penser ! C’est un projet qui peut clairement diviser tant c’est éclectique : les morceaux partent dans tous les sens, entre trap metal, rock alternatif et incursions jazzy totalement imprévisibles.
C’est justement ce grain de folie qui fait le charme du show, même si l’effet est à double tranchant : j’ai adoré certains titres alors que je suis restée complètement hermétique à d’autres.
J’ai, en revanche, beaucoup aimé la richesse des sonorités et le mélange des instruments en live. Et côté prestation pure, rien à redire : la présence scénique est indiscutable !
CASTLE RAT
Choix cornélien à 18 heures : d’un côté, KIM DRACULA sur la scène Dave Mustage, de l’autre, CASTLE RAT sous la tente Bruce Dickinscene. Dans les deux cas, un univers unique et une scénographie percutante. Gwen se dirige vers le premier ; quant à moi, je me réfugie sous la tente.
CASTLE RAT mêle doom metal, esthétique médiévale et mise en scène théâtrale et sensuelle. À l’abri du soleil, nous n’assistons pas à un simple concert, mais un rituel. Bien sûr, il est difficile de quitter des yeux Riley Pinkerton, tant son aura emplit la tente de bout en bout. Et il est donc aisé de se laisser porter par l’histoire racontée ce soir, où chaque membre incarne un rôle bien défini : « The Rat Queen » en la personne de Riley, Franco le guitariste est « The Count », le bassiste Charley devient « The Plague Doctor », Joshua derrière sa batterie est « The Druid ». Et bien sûr, la pièce ne serait pas complète sans le personnage clé « The Rat Reaperess », interprété par Madeline Wright, qui tente de nous ôter la vie de sa grande faux.
Cette grande mise en scène nous détourne parfois de la musique incarnée par CASTLE RAT, il n’empêche, une performance très réussie !
WITCH CLUB SATAN
S’il faut décerner la palme de la performance théâtrale et percutante, elle revient sans conteste au trio norvégien WITCH CLUB SATAN. Un choix de programmation étonnant en tout début de soirée, tant l’univers du groupe, entre black metal, rituel païen et provocation sensuelle, mérite l’obscurité la plus totale.
WITCH CLUB SATAN délivre un set en plusieurs actes et nous offre une expérience qui divise totalement : on est soit happé et ensorcelé, soit totalement hermétique.
La rupture se fait dès le troisième morceau, où la musique fait place à un long texte “Water Girl”, enchainé avec l’instrumental “Mother Sea” pour retrouver les composantes féminines sous une nouvelle forme.
Et c’est à ce moment qu’à titre personnel, j’ai perdu le fil, trouvant la mise en scène bien trop poussive pour être totalement sincère. Peut‑être la faute à ce créneau peu flatteur, qui n’a pas permis à l’obscurité de révéler toute la puissance du groupe.
AIRBOURNE
Les fans d’AIRBOURNE sont déjà bien au rendez-vous bien avant les premières notes : devant la Mainstage, la foule est compacte et l’impatience commence sérieusement à se faire sentir. Les artistes font une entrée fracassante sur le titre “Gutsy”, afin de démarrer le set en trombe et de capter l’attention d’emblée.
Visuellement, le décor annonce immédiatement la couleur : d’imposants murs d’amplis Marshall s’alignent sur les planches, surmontés d’un backdrop simple et efficace affichant le nom du groupe en énormes lettres.
Sur scène, personne n’économise son énergie. Le chanteur, Joel O’Keeffe, nous fait vivre le show avec intensité tant il saute et bouge partout, ne faisant plus qu’un avec sa guitare. Pour moi, c’est vraiment cette dimension de pur spectacle qui fait toute la différence : c’est précisément pour vivre ce genre de moment généreux et sans filtre qu’on aime aller voir des artistes en concert.
Entre les riffs directs, les solos joués au bord de la scène et la sueur qui vole, cette ambiance hard rock à l’ancienne m’a totalement conquise. Un set fédérateur, brut et particulièrement réjouissant pour clore la journée.
NERVOSA
Le groupe de thrash / death metal NERVOSA venu tout droit du Brésil reprend le créneau laissé vacant par VADER, qui a annulé à peine quelques jours auparavant.
Les quatre composantes féminines veulent montrer qu’elles ne sont pas là qu’en tant que remplaçantes : c’est un set ultra généreux qui est offert au public du MOTOCULTOR., débordant d’énergie.
Malgré une légère nervosité perceptible du côté de la batteuse Gabriela avant le set, NERVOSA prend parfaitement sa place sur scène. « Politicians are not the fucking heroes » clame la chanteuse Prika avant de jouer le titre “Kill the Silence”.
Une très belle surprise, intense et fédératrice, avant d’arriver au plat principal de la soirée !
DEAFHAVEN
Place à DEAFHEAVEN, qui a offert un moment à part sur cette édition 2026.
Venu de San Francisco, le groupe s’est imposé grâce à sa formule mêlant la délicatesse aérienne du post-metal à des explosions de violence black metal. Sur scène, l’intensité est portée par un George Clarke habité, dont la gestuelle et l’expressivité captivent du début à la fin.
Les contrastes s’enchaînent sans fausse note, plongeant le public dans une bulle sonore fascinante. Et pour tout vous dire, je ne connaissais pas du tout le groupe avant d’arriver devant la scène : quelqu’un m’a convaincue au dernier moment de ne pas les rater, et je ne regrette absolument pas cette superbe découverte !
SHAARGHOT
C’est maintenant l’heure de découvrir le set de SHAÂRGHOT, sous la tente Massey Ferguscene littéralement pleine à craquer. Depuis le temps que leur nom tournait avec insistance, la curiosité était immense.
Né à Paris en 2011, le projet détonne immédiatement par son concept : un metal indus violent porté par une esthétique post-apocalyptique très travaillée, où chaque membre apparaît entièrement grimé de noir.
Entre beats électroniques agressifs, riffs tranchants et jeu de scène déjanté, l’immersion est instantanée et la foule a répondu avec une énergie monstrueuse. Un show visuel et sonore ultra efficace qui justifie amplement l’engouement autour d’eux.
ARCH ENEMY
Vous ne retrouverez pas de live report ou de photos du concert de la tête d’affiche du soir, JUDAS PRIEST, allons donc directement au dernier concert de la journée et du festival : ARCH ENEMY.
Quelques mois plus tôt, le groupe annonçait le départ d’Alissa White-Gluz et se lançait dans une tournée intimiste avec leur nouvelle chanteuse, Lauren Hart, avec notamment un passage à LA MAROQUINERIE de Paris au début du mois d’août.
Grand bien leur fasse !! Ce soir, nous retrouvons un groupe uni, heureux d’être sur scène et en parfaite harmonie, non seulement entre ses membres, mais aussi avec le public. Exit l’ego surdimensionné, ARCH ENEMY version 2026 œuvre sous une ère plus apaisée. La proximité constante entre les membres, mêlée à l’énergie ultra communicative de Lauren, change tout.
« My name is Lauren, it’s such an honor to be here. Do you want to hear new singles ? » lance-t-elle avant d’entamer le nouveau single du groupe « To the last breast« , suivi d’un enchaînement magique à la moitié du set, avec “Under Black Flags We March”, “The Eagle Flies Alone”, “No Gods, No Masters” et évidemment “Nemesis”.
Le concert a tenu toutes ses promesses : une voix puissante, une excellente tenue de scène et une énergie communicative qui a porté les morceaux du début à la fin. Les sourires sont affichés sur tous les visages, c’est une fin de festival festive et parfaite !
Et c’est ainsi que s’est clôturée l’édition 2026 du MOTOCULTOR ! Une édition marquée sous le signe d’une éclipse solaire, d’une grosse chaleur, de la poussière (le gros point noir du festival !) mais surtout sous le signe de belles découvertes musicales !
Nous retiendrons notamment les prestations de BATTLESNAKE, KITTIE, CELKIT, GAEREA, AMENRA, REVNOIR, LORD OF THE LOST, MASS HYSTERIA, VISION OF ATLANTIS, EIHWAR, ASHEN, HOLLOW JAN, MUR, EISBRECHER, NEVERMORE, WITHIN TEMPTATION, FIT FOR AN AUTOPSY, SIGNS OF THE SWARM, AIRBOURNE ou encore ARCH ENEMY.
Un grand merci à l’ensemble de l’organisation du MOTOCULTOR, d’Angie et son équipe de NRV PROMOTION, d’Elodie d’ELLIE PROMOTION et de l’ensemble des bénévoles, des équipes d’accueil et de sécurité ! Et un immense bravo à tout le public qui s’est réuni pendant ces quatre jours, malgré la chaleur, votre énergie a été sans faille !
À l’année prochaine, avec des premiers noms déjà bien alléchants !























































































































































































































































































































