Live Report VOLCANIC FEST – Jour 3 – 26/07/2026 – Andrézieux-Bouthéon

Tiffany Deborde, Rédactrice et photographe pour Metal Rock Magazine était sur place pour immortaliser cette première édition du festival !
JJAX
Troisième et dernier jour de ce Volcanic Fest survitaminé ! Après deux journées particulièrement intenses et plus de vingt heures de concerts au compteur, autant dire que les réserves d’énergie commencent sérieusement à s’amenuiser. Mais pas question de baisser les bras pour autant : boissons énergisantes en main, cervicales tant bien que mal rattachées et appareil photo prêt à repartir au combat, nous voilà de retour à 13h pour cette ultime journée d’éruption !
Et pour commencer, direction Bordeaux avec JJAX. Le groupe nous attaque directement avec son Groove Thrash, histoire de nous rappeler que, malgré les courbatures et le manque de sommeil, le dimanche ne sera pas placé sous le signe du repos.
Dès les premiers riffs de « Gehenna », le ton est donné : ça groove, ça tabasse et ça commence déjà à réveiller les festivaliers encore en train d’émerger. Le café n’aura finalement pas été si nécessaire que ça…
Malgré un set très court de vingt minutes, JJAX réussit à réveiller et à entraîner les quelques vaillants festivaliers présents. Les titres s’enchaînent, de « Old Age Is A Shipwreck » à « Reason To Hope », avant de terminer sur « Ulysses », qui finit de fédérer le public.
Et si le temps manque pour développer un véritable set spectaculaire, le groupe peut compter sur une belle cohésion. Les quatre musiciens semblent parfaitement à l’aise ensemble, multipliant les regards complices et les petits échanges entre deux riffs. Une vraie complémentarité se dégage de la formation, donnant à ce court set une belle dynamique et une impression de fluidité.
JJAX aura finalement rempli sa mission : remettre doucement la machine en route et nous rappeler que, même après deux jours de festival dans les jambes, le dimanche ne fait que commencer !
EON - ELEMENT OF NOISE
Après ce réveil plus ou moins en douceur, il est temps de passer aux choses sérieuses avec EON – ELEMENT OF NOISE. Et autant dire que le contraste risque d’être assez brutal.
Formé en 1999 à Toulon, le quintet s’est construit autour d’un Metal aussi brutal que décomplexé, quelque part à la croisée du Death, du Thrash et du Hardcore. Une recette particulièrement efficace en live, où les riffs lourds, les breaks ravageurs et l’énergie débordante des cinq potes sont autant d’ingrédients destinés à mettre le pit à feu et à sang pour cette dernière journée de festival.
Et s’il y en a bien un qui semble avoir oublié qu’il est dimanche matin, c’est Flo ! Impossible pour lui de rester en place plus de quelques secondes : il traverse la scène de long en large, joue avec le public et accompagne chaque morceau d’une énergie débordante. Une véritable pile électrique qui donne immédiatement le ton et entraîne les festivaliers dans son sillage.
Cette énergie est d’ailleurs parfaitement partagée par l’ensemble du groupe. Les cinq membres semblent parfaitement connectés, chacun occupant l’espace avec une vraie intensité. Derrière ses fûts, Ranko impose une rythmique implacable qui propulse le groupe, tandis que les guitares de Kad et d’Enzo, accompagnées de la basse de Roro, viennent déverser leurs riffs avec une efficacité redoutable. Et visiblement, rester tranquillement sur scène n’est pas vraiment dans les habitudes d’EON : Enzo finira même par aller faire un petit tour directement dans la fosse, jouant au milieu d’un circle pit déchaîné.
On en prend plein la face et plein les tympans ! Ça déboîte, c’est brut, énergique, et les circle pits s’enchaînent sans laisser beaucoup de répit. EON vient clairement de mettre les pendules à l’heure et donne le ton de ce dimanche : cette dernière journée de festival ne sera décidément pas placée sous le signe du repos !
BARDS OF BACKWATER
On enchaîne avec BARDS OF BACKWATER. Après la déferlante de riffs et les circle pits déchaînés par EON, il est temps de troquer quelque peu la brutalité pour une ambiance plus médiévale et épique.
Avec ses sonorités teintées de Folk et de Pagan Metal et ses compositions aux accents épiques, le quatuor nous embarque dans un tout autre univers. Un petit voyage dans le temps qui tombe plutôt bien pour reprendre notre souffle… enfin, en théorie !
Côté maquillage et costumes, chacun semble avoir soigneusement choisi son style. Lise, fondatrice du groupe, chanteuse, bassiste et claviériste du groupe, se transforme en véritable ménestrelle multitâche. À ses côtés, Nico, guitariste soliste et choriste, arbore un costume aux inspirations vikings, tandis que Cyril, guitariste rythmique et choriste, semble tout droit débarqué des Highlands avec son look écossais. Quant à Benji, le batteur, il apporte une touche plus… pirate à cette joyeuse troupe.
Mais la véritable vedette de la scénographie reste Howard, leur mascotte officielle. Ce petit bouc en peluche, affublé de sa propre armure de cuir, trône fièrement au centre de la scène, perché sur le devant du clavier. Il devient rapidement le prétexte idéal au côté comique et à l’autodérision du groupe, qui n’hésite pas à lui dédicacer le morceau « Howard Is A Loser ». Un mélange d’esthétique épique et de second degré qui pose immédiatement les fondements de l’ambiance du set.
Et quelle ambiance… L’énergie est immédiatement fédératrice et communicative avec des morceaux tels « The Edge Of The Glade », « Saxons Are Here » ou encore « The Defenders ». La complicité entre les musiciens et les festivaliers est constante, rythmée par une bonne dose de Metal décalé et une proximité chaleureuse. Les sourires se multiplient, les refrains se partagent et l’atmosphère prend rapidement des airs de banquet entre troubadours, vikings et pirates. Ici, on n’est pas simplement là pour écouter de la musique, mais pour participer à une véritable fête médiévale moderne qui se confirme avec le dernier morceau de ce court set : « Tonight We Raise Our Drinks ».
BARDS OF BACKWATER nous offre une parenthèse épique tout en légèreté, parfaite pour reprendre un peu d’air après la violence du début de journée. Le volcan change momentanément de décor, mais certainement pas d’intensité : ici, les riffs se dégustent comme une bonne chope de bière, avec le sourire et camaraderie.
SMYU
Après cette parenthèse médiévale et décalée, il est temps de revenir à des sonorités un peu plus modernes avec SMYU, ou SHOW ME YOUR UNIVERSE.
Originaire de Tours et formé en 2016, le groupe évolue quelque part entre Rock alternatif, Nu Metal et Metalcore. Une combinaison qui mise sur les gros riffs, les rythmiques percutantes et les breakdowns bien lourds, avec une seule ambition : faire bouger les festivaliers. On se réarme, on reprend notre souffle et on retourne à la bagarre pour accompagner SMYU.
Et s’il y en a un qui semble bien décidé à faire bouger les festivaliers, c’est Jérémy, au micro ! Très énergique, il ne reste pas tranquillement dans son coin et multiplie les échanges avec le public. La proximité est immédiate, les interactions sont nombreuses et le frontman entraîne rapidement le public dans l’ambiance.
Cette énergie se retrouve également dans le reste du groupe. Les musiciens semblent parfaitement à l’aise ensemble et dégagent une belle cohésion, donnant au set une dynamique particulièrement communicative. Les morceaux s’enchaînent avec efficacité, entre riffs modernes, breakdowns puissants et rythmiques taillées pour le headbang. Cassage de nuque en prévision et moshpit assuré sont les maîtres mots de SMYU, qui est bien décidé à nous montrer son univers… et à nous y faire entrer les coudes dehors, directement dans la bataille !
Avec SMYU, le dimanche poursuit donc son petit bonhomme de chemin… ou plutôt sa course effrénée vers le moshpit ! Entre les gros riffs, les breakdowns ravageurs et l’énergie communicative de Jérémy, difficile de rester tranquillement au fond de la salle.
Le groupe aura parfaitement rempli sa mission : nous faire découvrir son univers tout en nous rappelant que, même après trois jours de festival, il reste toujours quelques cervicales à sacrifier. Le volcan continue de gronder, et la suite s’annonce encore mouvementée !
MESS OUT
Après l’énergie communicative de SMYU, on poursuit la journée avec MESS OUT.
Direction Lyon pour retrouver un Punk Rock alternatif porté par une énergie brute et une identité bien affirmée, quelque part entre riffs électriques, refrains accrocheurs et Hardcore agressif. MESS OUT nous balance une musique directe, engagée et taillée pour faire bouger le public, tout en glissant quelques messages criant de vérité au passage.
Une annonce sonore retentit dans tout le C.A.B.L. pour nous inciter à nous approcher de la scène et nous inviter à « foutre le bordel » avec le groupe.
MESS OUT ouvre son set avec « One Last Time », et on se laisse directement emporter par la voix de Maxence, qui navigue avec aisance entre un chant Punk Rock direct et fédérateur et des screams Metalcore beaucoup plus ravageurs.
À ses côtés, Boris envoie des riffs de guitare acérés, tandis que Juliette assure une ligne de basse solide et percutante. À la batterie, Nicolas martèle ses fûts et vient soutenir l’ensemble avec une rythmique aussi efficace qu’énergique. Le quatuor semble parfaitement soudé et dégage une vraie complicité, chacun apportant sa propre intensité à ce set particulièrement frontal.
Certains morceaux chantés en français appuient la dimension engagée du groupe, avec notamment « Idiocratie Généralisée », où MESS OUT n’hésite pas à pointer du doigt une société qui semble parfois foncer droit dans le mur, quitte à laisser aux générations futures un monde en piteux état. Avec « Crève », le quatuor reste dans cette veine revendicative, cette fois en rendant hommage au personnel soignant. Le morceau ne s’embarrasse pas de détours et balance un refrain aussi direct que percutant : « Tu crèves la gueule ouverte ! » Une nouvelle preuve que MESS OUT sait faire passer ses messages avec autant de mordant que d’efficacité.
Cette énergie ne reste évidemment pas confinée à la scène : Maxence se montre très présent auprès du public, multipliant les interactions et entraînant les festivaliers dans son sillage. Circle pits et Wall of Death sont de la partie tout au long du set et, quand vient le dernier morceau, « We Will Set This Place On Fire », le groupe invite les festivaliers à les rejoindre sur scène pour « foutre un bordel monstre ». Un dernier titre qui ne pouvait pas mieux clôturer ce set, tout en nous rappelant nos années de jeunesse rebelle.
Un set brut, direct et communicatif, qui confirme que la scène alternative lyonnaise a encore quelques belles cartouches en réserve. MESS OUT aura parfaitement fait le job : mettre le feu au Volcanic Fest, sans même avoir besoin de volcan !
BANGALORE CHOIR
Petit changement de programme de dernière minute : FAITH IN AGONY n’étant pas en mesure d’assurer son show, le set est annulé quelques minutes seulement avant la montée sur scène. Qu’à cela ne tienne, « The Show Must Go On », comme on dit ! L’horaire du groupe suivant est donc légèrement avancé.
Après la déferlante Punk Rock de MESS OUT, changement radical d’ambiance avec BANGALORE CHOIR. On quitte les riffs modernes et les moshpits pour retrouver les sonorités plus mélodiques du Hard Rock, avec une bonne dose de Glam Metal et de Rock’n’Roll.
Originaire des États-Unis et formé en 1991 autour de David Reece, ancien chanteur d’ACCEPT, BANGALORE CHOIR nous embarque dans un tout autre univers avec ses refrains accrocheurs, ses guitares bien présentes et ses influences très marquées par le Hard Rock des années 80 et 90.
Après trois jours de festival, il est peut-être temps de troquer, pendant quelques minutes, les circle pits contre quelques déhanchés Rock’n’Roll.
La setlist fait notamment la part belle à « X.T.C. », qui permet de retrouver toute l’efficacité du Hard Rock de BANGALORE CHOIR. Les riffs sont accrocheurs, les refrains facilement mémorisables et l’ensemble apporte une vraie respiration après les prestations précédentes, plus brutales. Les grands classiques s’enchaînent avec notamment « Bullet Train », « Ain’t No Love in the Heart of the City » ou encore « Angel in Black ».
Avec plus de trois décennies de carrière au compteur, BANGALORE CHOIR fait partie des formations les plus aguerries à fouler la scène du Volcanic Fest. Les Américains viennent nous rappeler que le Hard Rock n’a décidément pas pris une ride et que, comme ils le chantent si bien, « Rock ’n’ Roll Is Not Dead ».
BANGALORE CHOIR nous offre une parenthèse old school qui rappelle que, même au milieu d’un festival Metal, le Hard Rock sait toujours faire son petit effet !
NAHEULBAND
Après le Hard Rock old school de BANGALORE CHOIR, le Volcanic Fest se transforme en véritable taverne et est prêt à prendre une bonne dose de fun avec NAHEULBAND. Et autant dire qu’on change une nouvelle fois complètement d’univers.
Direction la Terre de Fangh, ses aventuriers douteux, ses chansons de taverne et son humour complètement décalé. Issu de l’univers du Donjon de Naheulbeuk, créé par Pen of Chaos, le groupe mélange sonorités médiévales, Folk, Rock et une bonne dose de second degré. Une recette atypique, mais particulièrement efficace pour créer une véritable communion avec le public.
Petite particularité toutefois : le NAHEULBAND n’est pas au complet pour cette représentation au Volcanic Fest. Ghislain et Tony sont bien présents, mais les autres membres habituels ne sont pas de la partie. La formation accueille en revanche Julien « Le Mago » et Aspic de MAGOYOND, venus compléter cette joyeuse troupe pour l’occasion.
Et si la présence du Mago n’a finalement rien d’exceptionnel, puisqu’il accompagne très régulièrement le NAHEULBAND sur scène depuis plusieurs années, l’arrivée d’Aspic apporte une petite touche supplémentaire à cette configuration particulière. Une association qui fonctionne évidemment à merveille, les deux univers partageant ce goût prononcé pour l’humour, les costumes et les aventures aussi absurdes qu’épiques.
Après trois jours de Metal, de riffs ravageurs et de cervicales en PLS, il est peut-être temps de ranger les armes… ou plutôt de les lever bien haut pour entonner quelques hymnes de taverne !
Ici, pas de problème : que tu sois un troll, un gobelin, un nain ou même un elfe – oui, on tolère même les « bouffeurs de salade », à petite dose, ça passe, mais ne poussons pas trop le bouchon – tout le monde est le bienvenu !
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les festivaliers répondent présents. Les paroles sont reprises à pleine voix, les sourires se multiplient et l’ambiance prend rapidement des airs de joyeux bordel entre aventuriers et habitués de comptoir.
La setlist reste inchangée, mais demeure toujours aussi intemporelle. On commence notre quête avec « À l’aventure, compagnons », avant d’enchaîner les classiques comme « Dix sous dans ma poche », « Bourriner » ou encore « La Bière du Donjon ». Le NAHEULBAND nous offre une parenthèse aussi festive que décalée. L’humour fonctionne à merveille, les sonorités médiévales apportent une vraie bouffée d’air frais et la présence des deux comparses de MAGOYOND ajoute encore une petite touche de folie à cette configuration déjà bien particulière.
Après trois jours de festival, les jambes réclament peut-être une pause, mais les cordes vocales, elles, sont encore parfaitement opérationnelles ! Le NAHEULBAND transforme le C.A.B.L. en véritable taverne géante, avec une bonne dose de nostalgie, de second degré et de chaos bon enfant. Tout le monde chante les refrains désormais cultissimes, tape dans ses mains, danse et semble prêt à partir à l’aventure.
« Mon Ancêtre Gurdil » clôt l’aventure avec brio. Les riffs se dégustent comme une chope de bière, les refrains se hurlent entre compagnons d’aventure et même les plus grands guerriers du pit ont troqué leurs armes et leurs armures pour venir participer à ce joyeux chaos.
C’est toujours un immense plaisir de croiser la route du NAHEULBAND. Et même si quelques aventuriers se sont égarés sur le chemin du Volcanic Fest, le groupe reste une référence incontournable de la musique médiévale décalée et des jeux de rôle complètement déjantés. Une véritable famille qui prouve, une fois encore, qu’il est possible de rassembler un public Metal autour d’une bonne dose d’humour, de chansons fédératrices et de bonne bière fraîche !
HRAFNGRIMR
Après cette folle parenthèse médiévale, le Volcanic Fest change une nouvelle fois radicalement d’atmosphère avec HRAFNGRÍMR. Direction les terres nordiques, les brumes ancestrales et les chants rituels pour une prestation qui va rapidement nous faire basculer dans un tout autre univers.
Avec son approche Nü Nordic, mêlant Folk nordique, sonorités contemporaines, instruments traditionnels et chants en vieux norrois, le groupe mené par Mattjö Haussy nous propose une véritable expérience immersive. À ses côtés, Christine vient compléter ce duo vocal et apporter une touche de féminité, tandis que les percussions et autres instruments traditionnels installent progressivement une atmosphère aussi mystérieuse qu’envoûtante.
Les voix mêlées de Mattjö et Christine occupent une place centrale. À la fois profondes et aériennes, elles se répondent et s’entrelacent au-dessus des percussions, créant rapidement une sensation de transe collective. Les instruments traditionnels, dont le bouzouki et le tagelharpa, viennent renforcer cette impression de voyage hors du temps. Chaque frappe, chaque vibration semble participer à un rituel venu d’une autre contrée, d’un autre âge.
La lumière est tamisée, tandis que la fumée blanche inonde la scène, laissant la salle presque plongée dans l’obscurité. Ici, pas de grands projecteurs aveuglants ni d’artifices ou d’effets lumineux : tout est fait pour conserver cette ambiance intimiste, presque cérémonielle. Le public, dont une grande partie arbore fièrement ses tenues d’inspiration viking, corne à la main, semble immédiatement happé par le spectacle.
Les festivaliers se laissent porter. Les yeux sont clos, les corps bougent doucement au rythme des morceaux et l’ambiance devient presque hypnotique. Le contraste avec les performances plus sauvages et plus énergiques qui ont rythmé ces trois jours de festival est saisissant : après les circle pits et les riffs ravageurs, place à une communion beaucoup plus intérieure, où l’on se laisse simplement absorber par les sons.
HRAFNGRÍMR ne propose finalement pas un simple concert, mais une véritable parenthèse sensorielle et spirituelle. Une expérience intimiste et mystique, où les voix, les percussions et les instruments traditionnels nous transportent loin du C.A.B.L., quelque part entre les brumes du Nord et les anciens rites vikings.
Le volcan semble momentanément s’être endormi… mais sous la cendre, les tambours continuent de gronder et le sol continue de trembler.
EIHWAR
Et pour clôturer ces trois jours de festival, il fallait bien une dernière déflagration ! Après l’ambiance mystique et presque cérémonielle de HRAFNGRÍMR, le Volcanic Fest nous prépare un ultime changement de décor avec EIHWAR. Direction les terres nordiques, mais cette fois, pas question de rester tranquillement assis autour du feu : les dieux vikings ont visiblement décidé de transformer le C.A.B.L. en véritable dancefloor guerrier !
Le duo toulousain, composé d’Asrunn et de Mark, revendique une recette aussi originale qu’efficace : la Viking War Trance. Un savant mélange de chants nordiques, de percussions tribales et de puissantes sonorités électroniques, le tout saupoudré d’une bonne dose d’énergie et de folie. Les festivaliers sont prêts à danser jusqu’au bout de la nuit et à invoquer les dieux à grands coups de slams et de beats électroniques.
Dès les premières notes de « The Lake of the Dead », l’ambiance se fait plus posée, presque mystique. Les chants venus du Nord et les sonorités traditionnelles installent progressivement une atmosphère envoûtante, tandis que la tension monte doucement dans la salle. Le morceau agit comme une véritable mise en bouche, une invitation à entrer dans l’univers d’EIHWAR avant que les festivités ne prennent une toute autre ampleur.
Puis, au fil du set, la pression finit par exploser avec notamment des titres comme « Ragnarök » ou « Heill Óðinn ». Les percussions se font plus martiales, les rythmes électroniques viennent percuter les corps et les esprits et les premiers festivaliers se lancent dans la bataille. Une armée de mini-slameurs s’élance vers la scène. Rapidement, les plus grands leur emboîtent le pas, histoire de participer eux aussi à cette joyeuse déferlante nordique.
Au chant, Asrunn est toujours aussi débordante d’énergie. Elle danse, frappe son tambour, joue et plaisante avec le public et semble prendre autant de plaisir que les festivaliers à cette gigantesque fête viking. À ses côtés, Mark assure la partie instrumentale et électronique, donnant au duo cette puissance sombre et cette énergie qui font toute son identité.
Les morceaux s’enchaînent, de « Nauðiz » à « Freyja’s Calling », en passant par « Viking War Trance » et « The Forge ». Les festivaliers sont complètement déchaînés, tels des guerriers vikings lancés dans la bataille. Ça danse, ça saute, ça slame et ça hurle des chants de guerre à pleins poumons. Après trois jours de festival, les dernières réserves d’énergie semblent pourtant avoir disparu depuis longtemps… mais EIHWAR vient visiblement de découvrir une source secrète de carburant !
Petite fierté du jour : Asrunn nous glisse même qu’ici, au Volcanic Fest, l’ambiance est particulièrement bouillante, au point de lui rappeler celle des plus grands festivals, comme le Paléo Festival, où le duo s’est produit deux jours auparavant chez nos voisins suisses. Une remarque qui fait évidemment mouche auprès du public qui redouble instantanément d’enthousiasme pour faire résonner le Volcanic Fest encore un peu plus fort !
Et pour achever cette ultime bataille, « Berserkr » vient faire trembler les murs du C.A.B.L. pour la dernière fois. Une dernière déferlante de chants, de percussions et de beats électroniques, durant laquelle les festivaliers se déchaînent. Les guerriers vikings sont définitivement lâchés dans la fosse et, après trois jours de festival, des litres de bière, de sueur et des jambes complètement flagadas, le public lâche prise pour cette toute dernière éruption.
EIHWAR aura donc parfaitement rempli sa mission : transformer le Volcanic Fest en véritable armée de guerriers vikings et clôturer cette première édition dans une ambiance aussi festive qu’explosive. Une petite salle, une première édition, mais un maximum d’ambiance et de sensations fortes. Le volcan peut enfin commencer à s’éteindre… même si les tambours, eux, résonnent encore dans nos crânes !
Cette première édition du Volcanic Fest c’était : Trois jours. Plus de trente groupes. Des dizaines d’heures de musique, de décibels et de rencontres. Des styles aussi variés que les personnalités présentes sur scène et dans la fosse. Et surtout, une ambiance qui n’aura cessé de vibrer du premier au dernier concert.
Pour sa toute première édition, le Volcanic Fest aura proposé une expérience particulièrement riche, avec une programmation capable de réunir aussi bien les amateurs de Metal extrême que les passionnés de Hard Rock, de Folk nordique, de musique médiévale ou de sonorités plus alternatives. Une diversité qui fait véritablement partie de l’identité du festival et qui permet à chacun de trouver son bonheur au fil des journées.
Mais le Volcanic Fest, ce n’est pas uniquement une succession de concerts. C’est aussi un lieu de rencontres, de découvertes et de partage. Entre les stands des artisans, les animations, les combats de catch, les cartonnades, les conférences et les différents univers proposés autour de la musique, tout était réuni pour créer une atmosphère à la fois conviviale, familiale et complètement déjantée.
Et que dire du public ? Présent, enthousiaste, généreux et toujours prêt à répondre aux différents groupes. Des premiers rangs aux derniers survivants de la fosse, chacun aura contribué à faire vivre cette première édition. Les slams, les circle pits, les chants repris en chœur et les applaudissements auront régulièrement rappelé qu’un festival ne repose pas uniquement sur les artistes présents sur scène, mais aussi sur celles et ceux qui viennent les faire vibrer.
Malgré une première édition et une salle à taille humaine, le Volcanic Fest a réussit à réunir un public particulièrement présent et enthousiaste. Comme quoi, pas besoin d’être un immense festival pour proposer une ambiance de feu et faire vivre de véritables sensations fortes !
Un immense merci aux bénévoles, aux équipes techniques, aux organisateurs et à toutes les personnes qui ont contribué, de près ou de loin, à faire fonctionner cette gigantesque machine. Organiser une première édition représente un véritable défi, et le Volcanic Fest aura su créer une identité qui lui est propre, avec une belle envie de proposer autre chose et de réunir les passionnés autour d’une même flamme.
Reste désormais une question, et pas des moindres : le Volcanic Fest connaîtra-t-il une deuxième éruption ?
Derrière les concerts et l’énergie déployée pendant ces trois jours, organiser un festival d’une telle ampleur représente un investissement humain, logistique et financier considérable. Et malgré une programmation ambitieuse et une ambiance qui méritait largement le détour, l’affluence est parfois restée un poil en deçà des attentes. Entre les coûts de fonctionnement, les cachets des artistes, les infrastructures et les différents financements nécessaires, la suite de l’aventure reste donc incertaine.
On ne peut que souhaiter que cette première édition puisse trouver les soutiens nécessaires pour faire renaître le volcan. Car ce serait dommage que cette belle énergie ne reste qu’une seule et unique éruption. Une cagnotte est d’ailleurs en ligne si vous souhaitez soutenir toute l’équipe et, qui sait ?!? Faire vivre le Volcanic Fest le plus longtemps possible : Soutenons les équipes et l’avenir du festival.
Personnellement, je repars avec des souvenirs plein la tête, des centaines de photos dans les cartes mémoire, quelques courbatures bien installées et assez de riffs dans les oreilles pour les faire bourdonner des jours durant. Un long week-end durant lesquels l’appareil photo n’aura pas chômé, où les cervicales auront été mises à rude épreuve et où le manque de sommeil aura finalement été largement compensé par les émotions vécues et les superbes rencontres faites lors de ce week-end.

























































































































































































































































































