
Metal industriel, noirceur gothique et froideur électronique : GODFROST avance dans l’ombre avec « Hanging Doll ». Il y a des albums qui cherchent immédiatement à mettre une claque. Et puis, il y a ceux qui préfèrent installer une ambiance, vous enfermer progressivement dans leur univers avant de resserrer l’étau. « Hanging Doll », le nouvel EP de GODFROST, appartient clairement à la seconde catégorie.
En cinq titres et un peu moins de vingt minutes, le groupe japonais construit une musique froide, pesante et franchement inquiétante. Les guitares sont massives, les programmations mécaniques et les nappes électroniques donnent à l’ensemble cette sensation de machine lancée à pleine vitesse dans un décor plongé dans la nuit.
Dès « Nefarious », le ton est donné. Le morceau avance avec une lourdeur presque industrielle, porté par des riffs efficaces et une production qui laisse suffisamment de place aux différents éléments. Le chant de Luna Midnight ajoute une dimension sombre et théâtrale à l’ensemble.
Puis arrive « Escape from Reality », qui permet à GODFROST de montrer une autre facette de son identité. La voix de Sara apporte un contraste intéressant et donne au morceau une couleur différente. Ici, l’électronique prend davantage d’importance sans jamais faire disparaître l’essentiel : les guitares et cette atmosphère pesante qui colle à la peau.
Mais c’est véritablement le morceau-titre, « Hanging Doll », qui résume le mieux l’univers du groupe. Tout est question de tension. Les riffs, les textures électroniques et les voix semblent avancer dans la même direction, créant une ambiance presque suffocante. Pas besoin d’en faire des tonnes : GODFROST sait que la répétition et l’atmosphère peuvent être aussi efficaces qu’un déluge de notes.
Avec « Bloodcurdling Scream », on retrouve une approche plus directe et agressive. Le titre porte particulièrement bien son nom et permet à Luna Midnight de retrouver le devant de la scène. Les guitares gagnent en mordant et l’ensemble paraît plus brutal.
Enfin, « Seasons End » referme l’EP avec une approche plus mélancolique. Une manière intelligente de terminer ce voyage en laissant une dernière impression plutôt qu’en cherchant absolument le dernier coup de poing.
Ce qui frappe surtout sur « Hanging Doll », c’est la cohérence. GODFROST ne juxtapose pas simplement du metal, de l’indus et de l’électro : les différents ingrédients semblent avoir été pensés pour former un seul univers. La production de Lee Popa renforce d’ailleurs cette identité en donnant aux morceaux une dimension particulièrement compacte et moderne.
Alors, révolution ou simple confirmation ? Probablement pas la question. « Hanging Doll » fonctionne avant tout comme une plongée dans un univers sombre où la froideur mécanique rencontre la sensibilité gothique. GODFROST ne réinvente peut-être pas le metal industriel, mais le groupe possède suffisamment de personnalité pour que l’on ait envie de suivre cette machine jusqu’au bout.
Un EP court, sombre et efficace, qui privilégie l’ambiance sans oublier la puissance. Les amateurs de metal industriel et de sonorités gothiques devraient y trouver leur compte.

Artiste : GODFROST
Album : Hanging Doll
Date de sortie : 18/09/2026
Label : BRUTAL RECORDS




