
Formé en 2021 par les frères Raphy (chant) et Adri (saxophone), DEKADENZA nous dévoile son dernier album sorti le 18 septembre 2026 : « WASTELAND ».
Depuis Berlin, le quintet développe un metal qui casse clairement les codes. Se qualifiant eux-mêmes d’« epic groove metal », vous serez, à coup sûr, décontenancés par ce mélange des genres d’une efficacité redoutable.
Dès « Wasteland », le ton est donné. Les sonorités aux accents celtiques et le rythme entraînant donnent au morceau une dimension presque festive… Pendant ce temps, les paroles dépeignent un tableau beaucoup plus sombre, d’une humanité consumée, d’un monde en ruine. Prêts à danser au milieu des décombres ?
Changement d’ambiance brutal avec « Deadman ». Atmosphère rock’n’roll assurée, le titre avance avec un rythme plus lourd et marqué, nous entraînant dans une marche déterminée. La force de DEKADENZA réside, sans hésitation, dans la création de ponts venant bouleverser la schématique du morceau : notes blues avec le saxo, puis solo de guitare effréné, passage du violoncelle électrique pour finir par une guitare sèche… avec une batterie au pattern rock indéniable. Nos sens sont chamboulés !
Retour aux accents folkloriques avec « Old School Mad ». Le violoncelle électrique et le rythme du morceau nous transportent presque dans des contrées celtiques lointaines… Et dans un bar rock à la fois ! Deux sensations qui s’entrechoquent avec une troisième à l’arrivée d’Adri et de son saxo. Le duo avec Jo Below fonctionne particulièrement bien sur ce morceau qui semble évoquer une relation fougueuse entre DEKADENZA, Jo Below et… le rock’n’roll !
L’un des morceaux les plus déconcertants de l’album reste pour moi « Teutonic Dance ». Le saxophone nous plonge d’abord dans une ambiance toujours aussi blues tandis que le chant apporte une dimension résolument hard rock. Et lorsqu’un scream surgit au détour d’un pont accompagné d’un son plus lourd, on comprend une nouvelle fois qu’il vaut mieux ne pas chercher à anticiper la prochaine mesure.
« The Monster Has to Die » revient à un rock old school, particulièrement dansant. Nous n’aurons pas de mal à imaginer une salle remplie de couples en pleine démonstration de rock’n’roll tant le morceau est entraînant. Morceau à écouter jusqu’à la fin, évidemment… Merci Cosmo pour cette batterie !
Arrive « My Enemy ». Là, sortez les mouchoirs ! Aucune parole. Mais une pure merveille. DEKADENZA laisse ici parler les instruments. Raphy nous offre une prestation magnifique qui donne au morceau des airs de complainte… Non pas une complainte dramatique et résignée, mais plutôt une complainte forte et déterminée, une mélancolie fière et conquérante mêlant tristesse et force. Bref, merci pour les frissons !
La parenthèse émotion est terminée ! Avec « Decadent Night », on remet les watts ! Guitare saturée, batterie effrénée, voix metal et côté très rock assumé. Malgré son approche plus directe, Raphy et Adri viennent bousculer de nouveau le rythme du morceau et même si on s’y attend, nous sommes quand même sidérés.
« Not Alike » reprend lui aussi une atmosphère à la « Decadent Night », mais le violoncelle mélancolique et mélodieux vient rapidement casser la dynamique du titre avant qu’un nouveau pont ne fasse intervenir le saxophone cette fois, accompagné d’une guitare aux riffs plus techniques. Le schéma commence à nous être familier, mais le quintet arrive toujours à nous surprendre !
L’œuvre de DEKADENZA se termine par une ballade intitulée « Monday Morning », qui porte parfaitement son nom : guitare classique, voix encore embrumée, on se réveille doucement mais sûrement avec nos Berlinois ! Le saxophone très présent accompagne subtilement cette montée en puissance et cette clôture d’album.
Petite surprise : les deux tracks bonus, « J’l’aime Beaucoup » qui n’est autre que la version française du titre « Old School Mad », et « Monday evening » qui reprend la ballade de clôture pour en faire une version plus douce et posée.
DEKADENZA ne cherche pas à choisir entre les styles. Le groupe les mélange, les oppose et les fait dialoguer pour créer une osmose indéniable. Ça swingue, ça danse, ça transporte : c’est rock et c’est déconcertant. Bref, que l’on aime ou non, on ne peut que saluer cette prouesse de créer un rock et un metal mettant à l’honneur des instruments comme le violoncelle électrique et le saxophone. Le schéma reste semblable, mais cela ne l’empêche pas de nous surprendre encore et encore à chaque morceau.
« WASTELAND » est donc un joyeux chaos musical où rock, blues et influences folkloriques fusionnent en une parfaite adéquation, dans laquelle nous nous laissons facilement embarquer.

Artiste : DEKADENZA
Album : WASTELAND
Date de sortie : 18/09/2026
Label : TIMEZONE RECORDS




