
Il y a des albums qui cherchent à impressionner. Et puis il y a ceux qui cherchent à faire ressentir quelque chose. Avec « I(m)MORTAL », ØLYP choisit clairement la deuxième voie.
Formé autour de Thibaud Lépicier à la guitare et à la basse, et de David Annenkoff derrière les fûts, le duo livre un premier album entièrement instrumental, quelque part entre metal progressif, post-metal et atmosphères cinématographiques. Une musique qui n’a pas besoin de paroles pour raconter son histoire.
Dès « The Human Error », ØLYP pose les bases : une tension qui monte progressivement avant de laisser exploser des riffs massifs et une batterie particulièrement expressive. Le contraste entre les passages aériens et les moments de grande puissance devient rapidement l’une des signatures du groupe.
Avec « 797 », le disque prend une dimension plus abrasive et technique. Les deux musiciens démontrent qu’ils savent construire des morceaux complexes sans tomber dans la démonstration gratuite. La virtuosité reste toujours au service de l’ambiance.
Puis arrive « Molden », morceau particulièrement évocateur. Inspiré par le mont Molden, dans les fjords norvégiens où l’idée d’ØLYP a germé, le titre joue précisément sur cette opposition entre immensité et fragilité : l’eau calme, les falaises, puis la puissance des instruments. Et c’est finalement cette notion de contraste qui traverse tout « I(m)MORTAL ». Le disque peut être lourd, presque écrasant, avant de devenir contemplatif quelques instants plus tard. Les cordes ajoutent également une dimension supplémentaire à certaines compositions, renforçant leur aspect cinématographique.
Mais derrière cette richesse sonore se trouve surtout un véritable propos. ØLYP s’intéresse aux rapports entre l’être humain et la nature, à notre impact sur l’environnement, à l’inaction face aux crises et à la montée de l’individualisme. Le choix de l’instrumental donne d’ailleurs au propos une dimension intéressante : plutôt que d’imposer un message par des paroles, le groupe laisse la musique provoquer des images et des émotions.
Le titre « I(m)MORTAL » résume parfaitement cette dualité. Il peut se lire comme l’être humain conscient de sa propre fragilité, mais aussi comme « i(m)mortal », quelque chose qui dépasse l’individu et continue d’exister. Une opposition entre notre caractère éphémère et ce qui nous survivra.
Sur les derniers morceaux, notamment « The Great Acceleration » et « The Great Denial », cette dimension prend encore davantage de poids. Le disque semble alors moins raconter une histoire précise que nous placer face à une succession de paysages, de tensions et de questionnements.
La grande réussite d’ØLYP est de ne jamais transformer ce concept en simple prétexte. « I(m)MORTAL » reste avant tout un album de musique. Les riffs ont du poids, les montées en puissance sont efficaces, les passages atmosphériques respirent et la production permet aux différents éléments de conserver leur place.
Pour un premier album, le résultat est particulièrement abouti. ØLYP réussit à construire un univers identifiable en seulement quelques morceaux, tout en laissant suffisamment d’espace à l’auditeur pour interpréter ce qu’il entend.
Avec « I(m)MORTAL », ØLYP signe donc un premier voyage sonore ambitieux, massif et contemplatif, où le metal progressif rencontre le post-metal dans une approche profondément instrumentale. Un album qui ne demande pas seulement à être écouté, mais à être traversé.
Un premier album immersif et ambitieux, qui révèle un duo à suivre attentivement.

Artiste : ØLYP
Album : I(m)MORTAL
Date de sortie : 25/09/2026
Label : AUTOPRODUCTION




