
Entre post-hardcore, punk et noise, KO-MA développe une musique viscérale, brute et résolument tournée vers le live. Formé pendant le confinement, le trio a depuis multiplié les concerts et les sorties, jusqu’à défendre son univers sur la scène de la Purple House du Hellfest. Nous avons rencontré Elliot, Pilou et Léonard pour parler de leur parcours, de leur façon de composer, de leur expérience au Hellfest et de cette scène indépendante qu’ils tiennent particulièrement à cœur.
Pour commencer, comment décririez-vous votre univers ? Qui êtes-vous ?
Je m’appelle Elliot, batteur et chanteur, et je vais parler au nom du groupe. Je suis accompagné de Pilou à la basse et de Léonard à la guitare et au chant. KO-MA, c’est un trio de post-hardcore, punk et noise. Le groupe s’est fondé pendant le confinement, à l’initiative de Léonard et moi. On a composé et enregistré des morceaux, puis on a proposé à Pilou de nous rejoindre dès qu’on pourrait reprendre les concerts. On a commencé la scène en 2023, avec plusieurs singles et clips qui se sont succédé, puis la sortie de notre premier EP fin 2023. Même si on a commencé en studio à cause de la pandémie, le live fait aujourd’hui partie intégrante de notre identité. On fait pas mal de dates dans l’année et même notre musique est enregistrée dans les conditions du direct.
Vous disiez que vous vous êtes formés pendant le Covid. Vous vous connaissiez déjà à la base ou est-ce que c’est le hasard qui vous a fait vous rencontrer ?
Léonard et moi, on se connaissait déjà bien, on avait d’ailleurs un projet ensemble juste avant la période Covid. Par la suite, j’ai rencontré Pilou à Jazz à Tours, une école de musique où nous avons tous les deux suivi une formation. En revanche, Pilou et Léonard ne se connaissaient que très vaguement, mais la connexion s’est faite très naturellement.
Comment s’est passé le recrutement par le Hellfest ? Est-ce que vous avez postulé ? Est-ce qu’on vous a contactés ?
C’est grâce à la personne qui nous aide sur la promotion de l’album et qui fait du booking dans la région nantaise et les Pays de la Loire. Elle a des contacts avec le Hellfest et leur a proposé quelques groupes de son roster. Les choses se sont alignées, et c’est comme ça qu’on se retrouve programmés sur la Purple House cet après-midi.
Courage, parce que la Purple House, c’est une scène où il fait extrêmement chaud ! Vous êtes déjà allés voir ?
Oui, on y a fait un tour hier. On a eu beaucoup de retours nous prévenant que l’ambiance y était très électrique. Mais c’est génial, ça donne une grosse dynamique aux concerts.
Vous jouez à quelle heure ?
KO-MA : À 17 h 30.
Quand on arrive sur un festival et qu’on n’est pas forcément connu, comment on fonctionne avec un public qui vient aussi vous découvrir ?
En fait, on est simplement très heureux d’être là et on va faire notre concert tel qu’on sait le faire. On ne cherche pas à en faire des tonnes. Pour le moment, on n’a aucune pression, c’est très naturel et hyper cool d’être là, d’autant qu’on en profite pour voir des groupes qu’on écoute depuis longtemps. On est détendus, on a hâte de jouer et on est sûrs de ce qu’on propose. On va faire comme d’habitude : essayer de s’amuser et de passer un bon moment, en espérant que les gens prennent autant de plaisir que nous.
Et justement, quelle préparation avez-vous faite pour vous préparer au Hellfest ?
Comme nous sommes en pleine période de tournée pour promouvoir notre dernier album, nos morceaux sont déjà bien rodés. On a juste fait une petite répétition la semaine dernière pour caler la setlist au millimètre sur notre temps de jeu. Mais sinon, c’est dans la stricte continuité de nos concerts habituels.
Vous êtes plutôt du genre à donner les médiators, les setlists au public ?
Si on nous le demande, oui, on le fait sans aucun problème ! Mais ce n’est pas un réflexe spontané en général, on n’y pense pas trop de nous-mêmes.
C’est quand même un certain accomplissement quand on arrive à vous demander une setlist ou un médiator. Généralement, c’est que ça commence à devenir un vrai accomplissement. Vous avez déjà du public qui vous a contactés pour vous dire qu’il serait présent ? Vous avez déjà une fanbase, entre guillemets, qui est installée ?
Oui, il y a des gens qui se déplacent pour venir nous voir, et c’est vraiment super. On espère les voir s’ambiancer à fond ! De plus, comme j’habite dans le coin, j’ai pas mal de potes qui seront présents.
Vous avez peut-être déjà joué ailleurs dans le coin ?
Oui, on a notamment joué au Ferrailleur à Nantes en février 2024, ce qui a été un gros tremplin. On a aussi partagé la scène avec des projets comme Capsuleule.
Comment ça se passe pour créer un morceau ou un album ? Comment vous fonctionnez ?
Généralement, on part d’une idée de thème qu’on veut aborder dans les paroles, et c’est à partir de ça qu’on compose la musique. On travaille à trois : on arrive avec des idées, on échange, on joue, on essaye des choses et, petit à petit, on fixe les parties. Une fois qu’on a des structures, des sons et des riffs qui nous plaisent, on commence à écrire le texte. Il y a ensuite un travail d’aller-retour pour ajuster les paroles et la structure jusqu’à avoir un résultat final qui nous satisfait tous.
Combien de temps vous a pris votre dernier projet ?
Pour le dernier album, Anthropolis, ça nous a pris une bonne grosse année. C’était la première fois qu’on se lançait sur un format aussi long, car on n’avait fait que des EP par le passé. Et pour marquer le coup, on est directement partis sur un double album. Dans la composition, tout se fait par étapes, avec cette volonté que le texte aille de pair avec la musique pour que les émotions servent le propos, et inversement. L’idée, c’est d’avoir ce côté viscéral, criard, bourrin, lourd et chaotique, tout en le nuançant avec des passages beaucoup plus calmes et posés. C’est un peu le calme avant la tempête. On aime beaucoup cultiver cette dualité dans notre musique et nos textes.
Aujourd’hui, pour un groupe émergent, quelles sont les choses les plus difficiles ?
Arriver à se dégager un salaire ! (Rires) On est un groupe émergent, on fait pas mal de dates, on sort nos clips, et on fait beaucoup de choses de manière DIY. D’un côté, ça limite les dépenses, même si on est ravis de travailler avec des extérieurs quand c’est nécessaire, comme avec Thibaut Chaumont de Deviant Lab pour le mastering d’Anthropolis. On fait notre chemin petit à petit. Se retrouver sur une scène comme celle du Hellfest, c’est une sacrée étape avant, on l’espère, plein d’autres à venir. On évolue à notre rythme et on est fiers de ce qu’on a accompli. Actuellement, la musique occupe une part essentielle de nos vies et de nos activités, que ce soit avec KO-MA ou nos autres projets parallèles.
Vous êtes arrivés quand sur le site ?
Jeudi.
Et depuis votre arrivée, quels sont les concerts qui vous ont le plus marqués sur cette édition 2026 ?
On a pris une énorme claque devant Igorrr, le show était monstrueux. On a aussi adoré Conjure et Slift. Et hier soir, il y avait La Dispute ! C’est une référence absolue pour nous et c’est assez courant d’être fan d’eux quand tu évolues dans le milieu du post-hardcore. C’était vraiment exceptionnel.
Si vous pouviez faire votre affiche idéale, un top trois pour votre édition rêvée du Hellfest, vous choisiriez quoi comme groupes ?
Déjà, les groupes qu’on vient de citer ! Et si on regarde l’affiche actuelle, on ajouterait directement Gilla Band et Converge, évidemment. On va aussi aller voir Oren Ambarchi tout à l’heure. C’est difficile de n’en choisir que trois, il y a tellement de groupes incroyables !
Je suis là pour poser des questions compliquées ! Quand le public sortira de votre concert, qu’est-ce que vous aimeriez qu’il ressente ?
Pour ceux qui ne nous connaissent pas encore, on aimerait simplement éveiller leur curiosité et leur donner envie d’aller écouter notre musique plus en profondeur. Pour ceux qui nous suivent déjà, on espère juste qu’ils ne seront pas déçus et qu’ils seront satisfaits d’être revenus nous voir.
J’espère surtout que vous allez survivre à la chaleur !
On sait qu’on va avoir ultra chaud, mais ça fait partie du job !
C’est une première pour vous, une scène comme celle-ci ?
Non, on a déjà eu l’occasion de faire une scène à 360° récemment, et c’est super chouette. Avoir le public tout autour de soi, c’est génial. La scène n’est pas très grande donc on ne peut pas vraiment y circuler, mais ça nous va très bien. On joue toujours en triangle, assez proches les uns des autres. On se défonce physiquement, mais en restant plus ou moins sur place. On est habitués aux petites scènes, c’est très fréquent dans le post-hardcore, et c’est hyper cool car ça crée une proximité et une convivialité géniales avec le public.
Où est-ce qu’on peut vous suivre et voir vos prochaines dates ?
On est présents sur toutes les plateformes de streaming audio. Pour suivre nos dates et notre actualité, on est très actifs sur Instagram et Facebook, et on utilise YouTube pour nos clips.
Pour conclure, qu’est-ce que vous aimeriez dire au lecteur de Metal Rock Magazine ?
Allez écouter des groupes indépendants et déplacez-vous en concert ! La scène indé en France est extrêmement riche. On a cette chance inouïe d’avoir des concerts toutes les semaines dans toutes les villes. C’est crucial de soutenir cette scène car c’est là qu’on trouve énormément de créativité et de prise de risques. C’est quelque chose qu’il faut saluer et encourager. Et merci à toi pour l’interview !
Merci aux membres de KO-MA qui ont pris le temps de répondre à mes questions !




