Live Report DOODSESKADER + LILA EHJA – Point éphémère – 05/05/26

Zou, photographe pour Metal Rock Magazine, était sur place pour immortaliser cette soirée !
Mardi 5 mai 2026. 19h30
Here I am.
Je marche le long de la rue Louis blanc en direction du Point Éphémère.
C’est une journée bien pluvieuse, et j’écoute Weaponizing my failure en boucle depuis un bon moment maintenant. Oui, c’est une de mes préférées de ce nouvel album de DOODSESKADER !
La pluie nourrit le canal, le sol et mes os, mais la chaleur du Point Éphémère est proche ainsi que la promesse d’une belle soirée bien attendue !
« The change is me » est sorti il y a plus d’un mois maintenant – petit frère de MMXX : Year Zero (2020), Year One (2022) et de Tear two (2024) et c’est un voyage sonore et émotionnel qui me plaît vraiment beaucoup.
Hâte de voir ce que va donner cette balade mystique en live !
La queue s’allonge le long de l’entrée de la salle, c’est bon signe : le public est au rendez-vous !
L’humeur va bon train dans la salle qui se remplit progressivement, ici et là des sweats et des t-shirts du groupe. Ça rit et sourit, l’ambiance est à la détente.
20h30. Les lumières s’éteignent.
Lila ehjä : Une ouverture de soirée cosmique et hypnotique
Le nom de LILA EHJÄ apparaît, accompagné d’une nappe sonore qui prend déjà aux tripes. Ça sonne lourd, ça vibre fort. Elle fait son entrée sur scène, saisit sa guitare, tandis que défilent derrière elle des images urbaines, faites de béton et de structures froides.
Sa voix hypnotique se greffe à ses compositions puissantes. Sa musique transporte vers une introspection profonde et invite à une évasion cosmique. Son ambiance lumineuse habille merveilleusement ce périple sonore électrisant : nous basculons du bleu profond aux jeux de stroboscopes soutenus, puis à l’ombre et au rouge.
Elle habite la scène de tout son corps, entre mouvements erratiques, lenteurs et rondeurs. Armée de sa loop station et de sa guitare, elle offre un set réussi ! Les têtes hochent, les mains applaudissent.
Paroles de spectatrice :
Ophélie : « J’ai beaucoup aimé LILA EHJÄ ! Malgré le stress qu’elle semblait avoir, elle a assuré ! »
Doodseskader : la déferlante hybride
Trouver les mots justes pour ce duo est un défi tant leur univers est unique, varié et déstabilisant. Et c’est exactement ce qui fait le plaisir de plonger dans cette signature sonore sludgo-post-metalo-hip-hop. D’un côté de la scène, en hauteur derrière ses fûts, ses cymbales et son micro, Siegfried ; de l’autre, Tim au chant, alternant entre voix, basse et platines.
L’attente est palpable et le show commence enfin. Tim, dans une présence scénique hyperactive, arpente la scène d’un bout à l’autre sur le tapis qu’il a installé quelques minutes plus tôt. Cela me demande d’être très réactive derrière mon boîtier !
Quelques soucis techniques sont malheureusement venus jouer les trouble-fêtes peu de temps après le début du set. Ils tentent de résoudre le problème aussi vite que possible. Puis Siegfried s’adresse au public pour s’excuser de ce contretemps, use d’humour et explique qu’ils reprendront depuis le début une fois l’incident réglé. Son intervention est adorable et le public se montre génial, complètement compréhensif et patient.
Et cette patience paie : le show reprend et « The Change Is Me » est déroulé devant nous ! Une énergie intense, à leur image, se déploie sur scène. Ce savant mélange de nappes hypnotiques et percutantes, de cris puissants, de rap et de vibes industrielles par moments, nous fait réellement ressentir ce qu’ils transmettent à travers leur musique. Pour accompagner tout cela, les paroles apparaissent par instants sur le mur du fond. Une phrase ou un mot. Telle une ponctuation, une invitation soudaine à pousser plus loin la réflexion. Le public est bien là, comme happé dans le tourbillon du duo belge.
Seul bémol de cette soirée : une bagarre éclate entre deux spectateurs.. Elle est suffisamment longue à être calmée pour sentir un creux d’énergie s’installer dans la salle, entre incompréhension et agacement. Et cela coupe en partie le lien aux artistes sur scène. Nouvelle intervention, celle de Tim cette fois, pour appeler au respect des un·es et des autres. Quelques minutes après on sent que le duo retrouve le chemin vers son public, l’atmosphère se détend.
« Weaponizing My Failures ». J’en parlais en début de ce live report. Ce titre prend une dimension encore plus belle et touchante sur scène ; j’en ai les larmes aux yeux !
L’ensemble du set est fort, et surtout, il est délivré sans précipitation, un élément que j’ai vraiment beaucoup apprécié. Rien n’est pressé entre les morceaux, ce qui offre des moments de respiration très intéressants tout en nous plongeant encore plus profondément dans cet océan d’émotions denses. Dans un monde où tout va de plus en plus vite, chaque moment de lenteur est un bonbon à savourer.
Le set se clôture avec force sur « The Sheer Horror of the Human Condition » (Year Two) et « FLF » (2023). Honnêtement, j’aurais pu rester là encore longtemps à les voir dérouler leurs créations percutantes !
Paroles de spectatrice :
Ophélie : « Bonne énergie mais moins dans le public. La bagarre m’a sortie un peu du show mais eux étaient vraiment bien ! J’aurais voulu que ce soit plus long, avec 3 albums maintenant, ils ont beaucoup de titres à défendre! »









































