Live Report JINJER + UNPROCESSED + TEXTURES – 02/02/2026 – L’Olympia – Paris

Ophélie Griffin, rédactrice et photographe pour Metal Rock Magazine, était sur place pour immortaliser la soirée !
TEXTURES
La soirée commence avec les Néerlandais de TEXTURES. Leur performance est une excellente surprise, portée par un univers parfaitement maîtrisé et des compositions aussi mélodiques que percutantes. Une véritable cohésion se dégage des six membres du groupe, et le plaisir de jouer ensemble sur scène est évident.
Il faut dire que TEXTURES revient de loin : après une séparation en 2018, le groupe signe son comeback cinq ans plus tard avec la sortie d’un nouvel album, « Genotype », pas moins de dix ans après « Phenotype ». À six musiciens, on pourrait craindre qu’ils se marchent dessus ou qu’un ego prenne le dessus sur les autres, mais il n’en est rien. Chacun trouve naturellement sa place.
Le clavier, tenu par Uri Dijk, apporte une dimension atmosphérique et dramatique, presque cinématographique, à la musique complexe de TEXTURES. Le chant navigue entre agressivité contrôlée et lignes plus mélodiques, apportant une vraie profondeur émotionnelle à l’ensemble.
Une montée en puissance s’opère tout au long du set, particulièrement marquée à partir du titre « Timeless ». Le point d’orgue est atteint sur « Awake » (Silhouette), qui résume à lui seul toute la richesse — et la texture — de l’univers du groupe : une introduction tout en douceur, suivie d’un véritable déchaînement musical et vocal, déclenchant le premier pogo de la soirée. C’est sur le dernier morceau que Daniël nous souhaite une excellente soirée, concluant à toute vitesse le set des Néerlandais dans un final brutal, intense et sans retenue.
TEXTURES a su (re)conquérir le public de l’Olympia et lancer la soirée de la meilleure des manières, échauffant la fosse pour ce qui allait suivre.
UNPROCESSED
C’est ensuite au tour des Allemands d’UNPROCESSED de prendre possession de la scène de l’Olympia. Le groupe déploie une énergie résolument moderne, portée par une technicité impressionnante et une grande précision d’exécution, notamment incarnées par Manuel Gardner Fernandes. D’entrée de jeu, le ton est donné avec un très direct : « It’s a fucking Monday, let’s pretend it’s a fucking Friday ! ».
Si, à l’instar de TEXTURES, nous faisons face à un univers très marqué, c’est avant tout la technique chirurgicale qui est mise en avant tout au long du set. Tout est parfaitement maîtrisé, efficace de A à Z, parfois même déroutant tant la musique mêle de nombreuses influences — entre djent, metalcore et metal progressif — qu’il devient difficile d’en démêler les contours.
Mais à trop vouloir démontrer sa technicité, UNPROCESSED perd quelque peu en émotion et en connexion, aussi bien sur scène qu’avec le public. Il manque ce petit lâcher-prise qui permettrait de nous embarquer totalement. Cela se ressent dans la fosse : si le public se montre attentif et engagé, il reste plus réservé que lors de la prestation de TEXTURES.
Il faudra attendre le morceau « Snowlover », issu du dernier album « Angel », pour que l’énergie atteigne son apogée et que la salle s’anime parfaitement, en attendant l’arrivée très attendue de la tête d’affiche de la soirée : JINJER.
JINJER
Très rapidement, tous les regards se tournent vers Tatiana “Tati” Shmayluk, qui capte la lumière et l’attention sur scène — peut-être parfois au détriment de ses trois acolytes. Musicalement pourtant, rien à redire : riffs lourds et précis, basse ultra-groovy et batterie millimétrée forment un ensemble redoutablement efficace, où chaque musicien trouve parfaitement sa place. Roman, Eugene et Vlad livrent une prestation impeccable, d’une rigueur absolue.
Mais ce soir, le contraste est saisissant entre le mutisme et la réserve adoptés par les musiciens et le magnétisme total de Tati. Cette dernière emporte tout sur son passage. L’a-t-on déjà vue aussi souriante et communicative ? S’amusant sur scène, jouant avec sa robe virevoltante, telle une Scarlett O’Hara totalement libérée, elle enchaîne growls abyssaux et passages en voix claire d’une justesse irréprochable.
JINJER déroule alors son show implacablement, en plusieurs actes, sans jamais cesser d’embarquer avec lui l’ensemble du public. Sur « Teacher, Teacher ! », la communion est totale : la salle donne de la voix, accompagnant le groupe dans un déchaînement collectif jubilatoire. C’est précisément ce que l’on aime chez JINJER, ces titres choraux où l’on se sent porté, à l’image du parfait enchaînement « I Speak Astronomy » / « Perennial », qui saura — pour ma part — m’arracher quelques larmes tant l’émotion est intense.
Si le concert se voit finalement amputé d’une dizaine de minutes et se termine de manière quelque peu abrupte, il n’en reste pas moins l’un des concerts à retenir de 2026, et sans doute l’une des meilleures performances de JINJER, à mon sens.





























































































