
Si vous êtes un lecteur assidu de chroniques, notamment de death metal, le nom DOLOREM RECORDS devrait vous être connu tant ces dernières années, il s’est imposé comme une voix qui compte dans l’underground français. Dénicheur de talents sans pareil, le catalogue ne fait que s’étoffer au fil des années et c’est toujours un plaisir non-feint de découvrir les nouveautés qu’Alex (le patron) nous déniche.
Et pour bien commencer l’année, un des groupes emblématique du roster DOLOREM fait son grand retour avec son second album: “The Oblation of Man”, quasiment sept ans après le très bon : “Obscuring Manifestation”.
D’emblée nous sommes frappés par l’incroyable pochette signée Leoncio Harmr représentant cette tour, monolithique et monumentale, menaçant de son envergure toute chose. Rien qu’avec cette image, le ton est donné et cela se sent dès les premières notes de “Asceticism”. L’air est chargé, le tonnerre gronde au loin, la lumière se fait de plus en rare, puis c’est l’ouragan qui s’abat sur nous. Nous sommes aspirés, subjugués par l’émergence du monolithe qui ne fait que grandir devant nos yeux impuissants. Rien qu’avec ce premier morceau, TOWERING pose les bases d’un album absolument dantesque et riche.
Ce qui saute aux yeux, en tout cas pour ceux qui connaissent TOWERING depuis le premier album, c’est l’évolution du son. En effet, le premier album était un album de death metal sombre de très bonne facture mais relativement classique dans sa forme (non pas que ce soit un problème), pour ce second album, TOWERING a vu les choses en grand. On sent, à tous les instants, une attention prêtée aux détails impressionnante, témoignant d’un effort acharné ces sept dernières années. En résulte un travail de composition immersif et atmosphérique qu’on pourrait rapprocher de ce que peuvent faire les néo-zélandais de ULCERATE ou encore de certains groupes de black islandais comme SINMARA notamment sur l’album “Hvísl Stjarnanna”.
Tout ce travail d’atmosphère fantastique donne au death metal de TOWERING une dimension démentielle. D’ailleurs, outre ses ambitions plus atmosphériques, TOWERING est un groupe de death metal avant tout et nous le démontre avec force une nouvelle fois ici. Aucune concession n’est faite sur la brutalité, on se fait ratatiner les tympans comme il se doit tout du long et le travail d’atmosphère vient amplifier ces monumentales parties de violence. Des morceaux comme “To Die Once and Emerge” ou “Shattering Individuality” ont ce côté monumental et autoritaire qu’IMMOLATION, DEATHSPELL OMEGA ou DISENTOMB, période “The Decaying Light” ne renieraient pas. “The Oblation of Man” est véritablement impressionnant de part son ambition. Chaque morceau est d’une profondeur fantastique et s’inscrit progressivement dans un tout monolithique aux multiples facettes et nuances qu’il est fascinant à déchiffrer.
Ces sept années de travail furent réellement bénéfiques et en résulte un album impressionnant de puissance, d’ambition et de dévotion. La mue artistique entre les deux albums est colossale en tout point et inscrit TOWERING parmi les noms qui compte dans la très restreinte scène du Death Metal dissonant et atmosphérique.

Artiste : TOWERING
Album : The Oblation of Man
Date de sortie : 03 Avril 2026
Label : Dolorem Records




