Live Report Festival Echos et Merveilles jour 4 – 16/05/2026 – Bruguière

Amélie MARI, photographe et rédactrice pour Metal Rock Magazine, était sur place pour immortaliser la journée ainsi que la soirée !
Pour ce quatrième jour d’Échos & Merveilles, le festival continue de jouer sur les contrastes, entre douceur folk, énergie pirate, virtuosité nomade et soirée plus sombre au Bascala. La journée démarre côté parc avec LES COMPAGNONS DU GRAS JAMBON, EANÁIR, le retour surprise du NAHEULBAND, puis LIBERTALIA et THE TROUBLE NOTES, avant de basculer en intérieur pour une soirée aux couleurs nordiques avec DET VAR, SYLVAINE, KORPIKLAANI et EIHWAR.
Les Compagnons du Gras Jambon
J’arrive malheureusement sur la toute fin des COMPAGNONS DU GRAS JAMBON. Et là, petit regret immédiat : les deux derniers morceaux que j’ai pu entendre étaient superbes. Juste assez pour se dire que j’aurais clairement dû arriver plus tôt. C’est toujours un peu frustrant de prendre un concert en route quand l’énergie est déjà là, que le public répond présent et que l’on sent qu’il s’est passé quelque chose avant notre arrivée.
Eanáir
La journée se poursuit avec EANÁIR, dans un registre beaucoup plus calme, très doux, presque enveloppant. C’est beau, délicat, agréable à écouter, même si, de mon côté, c’est sans doute un peu trop sage pour m’embarquer complètement. Mais dans le cadre du festival, entre deux propositions plus énergiques, cette respiration fonctionne bien. On se pose, on écoute, on profite du moment.
Concert surprise : Naheulband
Le concert surprise, lui, n’était autre que le NAHEULBAND. Les ayant déjà vus lors de la soirée d’ouverture, je suis partie faire un tour dans le parc pendant leur passage. Je vous renvoie donc au live report du jour 1 pour retrouver mon retour complet sur leur prestation. Et puis, soyons honnêtes, Échos & Merveilles, ce n’est pas seulement une succession de concerts, c’est aussi un parc à parcourir, des ambiances à capter, des costumes à croiser, et ce genre de parenthèse fait pleinement partie de l’expérience. Les animations, marché des artisants sont top. J’ai également été déccouvrir le salon du livre.
Libertalia
Retour ensuite devant la scène pour LIBERTALIA. Plus je les vois en concert, plus j’aime ce qu’ils proposent. Leur rock celtique 100 % pirate a ce petit truc, généreux, fédérateur, qui fonctionne très vite. C’est vivant, accrocheur, sans prise de tête, mais avec une vraie efficacité scénique. Le groupe a su embarquer le public avec lui, dans une ambiance franchement festive, portée en plus par un beau soleil sur la fin du set. Le genre de moment où tout se cale bien : la musique, l’énergie, la lumière, le public. Simple, efficace, pirate jusqu’au bout du tricorne.
The Trouble Notes
THE TROUBLE NOTES. Des génies. Voilà, on pourrait presque s’arrêter là. Mais ce serait dommage, parce que leur concert mérite clairement plus que trois mots. Le groupe a une manière assez folle de faire voyager sans jamais rester figé dans un seul registre. Le violoniste, impressionnant de présence, bondit, occupe l’espace, joue avec une intensité rare. Je vous invite vraiment à regarder les photos, parce que certains sauts valent le détour. Musicalement, on passe de moments très vifs à des passages plus émouvants, avec parfois des morceaux presque métal dans l’intention, portés par un violon saturé qui vient chercher quelque chose de plus nerveux, plus électrique. C’est varié, inspiré, généreux, et terriblement vivant. Un très grand moment de cette journée.
soirée mystique et nordique
Après une journée passée entre folk celtique, rock pirate et escapades musicales sur les scènes du parc, la soirée du Bascala nous invite à prendre la direction des terres nordiques. De DET VAR à EIHWAR, en passant par SYLVAINE et KORPIKLAANI, la programmation explore différentes facettes d’un même imaginaire : paysages sauvages, traditions ancestrales, spiritualité, légendes et célébrations païennes. Tantôt contemplative, tantôt festive, parfois même hypnotique, cette soirée placée sous le signe du mystique et du Nord s’annonce comme beau voyage.
Det Var
La soirée du Bascala s’ouvre avec DET VAR, dans une ambiance nettement plus posée que ce que l’on a pu vivre un peu plus tôt sur les scènes du parc. Après les élans pirates, les violons bondissants et les propositions très vivantes de l’après-midi, le changement d’atmosphère est immédiat. Ici, on entre dans quelque chose de plus intérieur, plus brumeux, presque méditatif. Le groupe installe progressivement son univers, sans chercher à brusquer la salle, avec une musique nordique qui prend le temps de se déployer.
Le démarrage se fait tranquillement, devant un public qui arrive petit à petit, mais le Bascala se remplit assez vite. On sent une vraie curiosité dans la salle, une attention particulière portée à cette première proposition de la soirée. DET VAR ne joue pas sur l’explosion ou la démonstration, mais davantage sur l’atmosphère. Les sonorités invitent au voyage, avec cette impression de quitter peu à peu le festival en plein air pour entrer dans une nuit plus mystique, plus froide, plus nordique.
Le set fonctionne comme une porte d’entrée vers le thème de la soirée. Ce n’est pas le concert le plus frontal, ni le plus spectaculaire du jour, mais il a ce rôle important d’ouvrir le passage. DET VAR pose le décor, dessine les contours d’un imaginaire fait de paysages sauvages, de chants anciens et de rituels discrets. Une entrée en matière calme, mais cohérente avec ce “Cap sur le Nord” qui va accompagner toute la suite de la soirée.
Sylvaine
Avec SYLVAINE, le Bascala bascule dans un moment d’une toute autre intensité, mais une intensité qui ne passe ni par le volume, ni par la puissance brute. Seule sur scène, avec sa voix et sa guitare, elle impose immédiatement une présence rare. Il n’y a pas besoin d’artifice, pas besoin d’une mise en scène chargée : tout repose sur la justesse, la fragilité assumée et cette capacité à suspendre le temps.
Le contraste avec l’agitation du parc et l’énergie des concerts précédents est saisissant. Là où d’autres groupes embarquent le public par le mouvement, Sylvaine le fait par l’immobilité, par l’écoute, par la tension délicate entre le silence et les notes. La salle se laisse happer assez naturellement. On sent que quelque chose se calme, que les conversations s’effacent, que l’attention se recentre. Sa voix remplit l’espace avec une douceur presque irréelle, portée par une guitare dépouillée mais suffisante pour créer tout un monde.
C’est un moment calme, suspendu, poétique, mais jamais froid. Il y a beaucoup d’émotion dans cette prestation, une forme de sincérité très directe, qui touche sans forcer. SYLVAINE parvient à créer une bulle dans le Bascala, une respiration précieuse au cœur d’une journée pourtant dense. Le genre de set qui ne cherche pas à impressionner, mais qui marque autrement, plus profondément, par sa beauté fragile et son intensité contenue.
Dans une soirée placée sous le signe du mystique et du Nord, sa prestation apporte la facette la plus contemplative, presque spirituelle, de la programmation. Une parenthèse lumineuse dans la pénombre, portée par une artiste capable de conquérir une salle avec très peu, mais avec une immense justesse.
Korpiklaani
Changement radical d’énergie avec KORPIKLAANI. Après la délicatesse suspendue de Sylvaine, le Bascala repart dans un registre beaucoup plus festif, plus remuant. Le groupe finlandais connaît parfaitement la recette : du folk metal entraînant, des refrains fédérateurs, une envie de faire bouger la salle et cette ambiance de fête païenne qui colle parfaitement à l’univers d’Échos & Merveilles.
Sur scène, la machine est bien rodée. KORPIKLAANI sait occuper l’espace, relancer le public, installer une dynamique de concert très efficace. Les morceaux s’enchaînent avec cette énergie caractéristique du groupe, entre rythmiques accrocheuses, mélodies folk et puissance metal. La salle répond présente, et il est évident que le groupe a son public. On sent les fans heureux de retrouver cette ambiance festive, presque taverne nordique sous haute tension, où l’on vient autant pour écouter que pour partager un moment collectif.
Eihwar
Pour clôturer cette soirée placée sous le signe du mystique et du Nord, c’est au tour d’EIHWAR de prendre possession du Bascala. Et le mot n’est pas trop fort : dès les premières minutes, le duo toulousain impose un univers visuel et sonore particulièrement marqué. ASRÜNN et MARK présentent ici leur nouvelle scénographie, portée par des éclairages très spécifiques, presque rituels, qui collent parfaitement à leur ambiance pagan trance viking. La lumière ne se contente pas d’habiller la scène : elle participe pleinement à l’immersion, accentuant cette impression de cérémonie moderne, à la fois organique, sombre et hypnotique.
Le groupe défend ce soir les nouveaux titres de Hugrheim, tout en retrouvant les morceaux déjà connus de Viking War Trance. Et l’ensemble fonctionne très bien. EIHWAR ne cherche pas seulement à faire danser, ni simplement à convoquer une esthétique nordique : il construit un passage. Entre rythmes tribaux, pulsations électroniques, chants incantatoires et tension scénique, le duo trace sa propre voie. On n’est pas dans la reconstitution historique, ni dans le fantasme viking de carte postale. Le groupe assume une proposition beaucoup plus intéressante : créer un pont entre le passé et le futur, entre mémoire ancienne et transe contemporaine.
ASRÜNN occupe la scène comme jamais. Sa présence est puissante, physique, habitée. Là encore, on est loin du “sexy viking” facile ou décoratif. Ce qui se dégage de sa prestation va bien au-delà de l’image : il y a une intensité, une incarnation, une manière de porter les morceaux avec le corps autant qu’avec la voix. MARK, de son côté, ancre l’ensemble dans une architecture sonore solide, massive, qui laisse toute la place à cette montée progressive vers la transe. Le duo fonctionne comme un bloc, mais un bloc en mouvement permanent.
Et forcément, jouer à la maison donne une couleur particulière au concert. Les Toulousains se sentent visiblement chez eux, au point de nous parler de leur proprio, petite parenthèse inattendue et franchement savoureuse au milieu de cette grande messe païenne. Ce genre de moment rappelle aussi que derrière l’univers très travaillé, il y a deux artistes proches de leur public, capables de casser brièvement le rituel sans en perdre la force.
Le plus impressionnant reste peut-être la tenue de la salle. À la fin du set, le Bascala est encore pratiquement complet, presque six heures après le début de la soirée avec Det Var. Ce n’est pas rien. Après une programmation aussi longue, voir le public encore présent, réceptif et embarqué jusqu’au bout en dit beaucoup sur la force du moment. EIHWAR signe ici une prestation aboutie, immersive et très maîtrisée, confirmant que leur pagan trance viking a désormais l’ampleur scénique pour tenir une salle comme le Bascala. Bravo.










































































































































































































































































































