
Le 28 août 2026, IN THIS MOMENT franchira un nouveau cap avec Witch (Better Noise Music). Si le groupe californien nous a habitués à des concepts visuels et narratifs grandioses, ce neuvième opus se révèle être une œuvre cathartique, un rituel sonore de près de cinquante minutes où Maria Brink se fait tour à tour enchanteresse, victime et bourreau. Décorticage d’un album qui refuse tout compromis.
Dès le début, Witch frappe fort. Le groupe n’a pas oublié ses racines metalcore et industrielles, prouvant que la théâtralité n’étouffe pas la lourdeur des guitares de Chris Howorth.
– Shame (4:21) : Le titre d’ouverture agit comme un rouleau compresseur. Des riffs syncopés, une basse vrombissante, et une Maria Brink qui crache sa haine avec une intensité viscérale. Une mise en bouche parfaite pour les fosses des prochains festivals.
– Crawl (3:51) : Plus direct et redoutablement efficace, ce morceau ramène le groove malsain qui a fait le succès de l’ère Blood. Un futur classique en live.
IN THIS MOMENT a eu le nez fin sur le choix de ses invités, utilisant ces featurings non pas comme de simples arguments commerciaux, mais comme de véritables outils narratifs.
– I Want 2 Believe (feat. Dayseeker) (4:41) : Le chant post-hardcore gorgé d’émotion de Rory Rodriguez vient percuter les mélodies fantomatiques de Brink. Le résultat est un hymne metal alternatif poignant, oscillant entre vulnérabilité et désespoir.
– Heretic (feat. Kim Dracula) (3:03) : C’est l’anomalie brillante du disque. Le morceau le plus court, mais aussi le plus chaotique. La folie vocale de Kim Dracula apporte une dimension presque schizophrénique, transformant le titre en une véritable chasse aux sorcières sonore.
Le milieu de l’album ralentit le tempo pour nous plonger dans des atmosphères étouffantes, où les expérimentations électroniques prennent le relais.
– Into The Dark (4:31) & Sleeping With The Enemy (4:06) : Ce diptyque explore la thématique de la dualité et des démons intérieurs. Les ambiances y sont lourdes, soutenues par des percussions tribales et des murmures incantatoires.
– Wrapped Around Your Finger (4:51) : Un titre lancinant et séducteur, qui traite des relations toxiques avec un cynisme glaçant, soutenu par des claviers très inspirés des années 80.
– Father (4:48) : L’un des moments les plus poignants de l’album. Maria Brink y aborde une nouvelle fois ses traumas familiaux avec une justesse déchirante, probablement sur fond de piano avant une explosion instrumentale cathartique.
– Without Me There’s No You (4:44) : Une déclaration d’indépendance aux allures d’hymne pour la « Blood Legion » (les fans du groupe). Un refrain fédérateur taillé pour les stades.
S’attaquer à des monuments de la musique est un exercice périlleux, mais IN THIS MOMENT clôture Witch avec deux monuments revisités avec brio.
– Another Brick In The Wall (feat. Kat Von D) (3:55) : L’ajout de l’aura goth-rock de Kat Von D donne au classique de Pink Floyd une dimension onirique et vénéneuse. L’orchestration y est grandiloquente sans être surchargée.
– Something I Can Never Have (6:58) : Reprendre ce chef-d’œuvre de Nine Inch Nails est le pari le plus audacieux du disque. Sur près de sept minutes, IN THIS MOMENT étire la mélancolie originale pour en faire un final épique, suffocant et d’une beauté tragique.
Witch n’est pas qu’un simple album de metal alternatif, c’est une pièce de théâtre macabre et sublime. IN THIS MOMENT y affine sa formule, mariant la brutalité de ses débuts à des arrangements d’une maturité déconcertante. Un grand cru pour 2026.
Artiste : IN THIS MOMENT
Album : Witch
Date de sortie : 28/08/2026
Labels : Better Noise Music





