Live Report MOTOCULTOR – Jour 3 – 15/08/2026 – Carhaix

Gwen Le Meur et Ophélie Griffin, Rédactrices et photographes pour Metal Rock Magazine, étaient sur place pour immortaliser cette troisième journée du festival !
ASHEN
Pour attaquer ce samedi après-midi, direction la Dave Mustage pour le passage d’ASHEN.
Le groupe balance son metal moderne avec une intensité communicative qui réveille immédiatement le public. Riffs percutants, refrains accrocheurs et présence scénique carrée : la bande montre très vite qu’elle a totalement sa place sur une grande scène, même en début de journée. Mention spéciale pour leur reprise du titre “Smells Like Teen Spirit” : entendre Clem poser sa voix dessus procure toujours autant d’émotion.
Une mise en jambe idéale pour lancer ce samedi.
BRUIT <
Protégeons-nous du soleil toujours aussi puissant sous la tente Massey Ferguscene pour se confronter à l’univers post rock unique et immersif des Toulousains BRUIT <. Le groupe brouille les pistes puisqu’on est loin d’une cacophonie musicale : la rondeur et la douceur des instruments à corde – violoncelle et violon – se mêlent au tranchant des compositions entièrement instrumentales, soutenues par une scénographie engagée.
Les musiciens s’effacent totalement derrière leurs instruments, seule la musique prime pour nous emporter. Fermons donc les yeux et voyageons. Un moment suspendu, bienvenu dans la folie ininterrompue occasionnée par le festival.
SIDILARSEN
Prévenus seulement quelques jours plus tôt pour remplacer ILL NIÑO, les Toulousains de SIDILARSEN ont investi la Dave Mustage sans trembler. Dès 15h45, leur metal indus massif a balayé le statut de simple « remplaçant » et a transformé la scène principale en véritable communion.
Le cagnard tape fort, mais le public ne faiblit pas. Très vite, la fosse s’anime au rythme de gros ballons qui survolent les têtes, plongeant le pit au cœur d’un impressionnant nuage de poussière.
L’énergie festive laisse aussi place à des moments de solidarité marquants. Le groupe prend la parole avec un morceau dédié aux femmes et aux minorités, rappelant l’évidence : tolérance zéro pour les frotteurs dans les fosses. Un peu plus tard, ce sont les mots « nous sommes des milliards contre une élite » qui font vibrer le site. Une formule fédératrice qui met littéralement la foule à genoux dans la terre sèche, avant un saut collectif libérateur, poings levés d’un seul bloc.
HOLLOW JAN
Quittons la Bretagne pour la Corée avec la formation HOLLOW JAN sous la tente Massey Fergusen. 2026 marque la première tournée européenne du groupe qui fusionne screamo, post-rock, post-hardcore et rock progressif. Dès les premières minutes du concert, HOLLOW JAN porte un gros coup en ce milieu d’après-midi. L’intensité est telle que la musique nous emporte totalement.
Pour tout vous avouer, au bout de trois morceaux, une fois mon regard détaché de mon appareil photo, j’ai instantanément pris une vague d’émotion. Mon coeur s’est mis à vibrer sous les hurlements de Lim Hwan Taek, à genoux sur scène, et les larmes se sont mises à couler. Comme une libération. La musique ne souffre d’aucune frontière !
Un adorable petit panneau “Slammez s’il vous plait” apparait à la lisière du pit : la foule ne se fait pas prier, accompagnée par Lim qui se met à chanter au-dessus d’elle. Un moment de communion parfait entre le groupe corééen et le public du Motocultor, il n’aura fallu que 45 minutes de concert pour que cette découverte devienne l’un des plus gros coups de cœur du festival !
ORDEN OGAN
Vient le tour d’ORDEN OGAN, concert que j’attendais tout particulièrement ! Les Allemands sont venus défendre le power metal et déjà leur entrée sur scène est épique, des costumes remarquables et un back drop style maison hantée nous plantent immédiatement le décor !
Au-delà de cette scénographie soignée, c’est surtout la complicité avec le public qui marque le set. Le groupe ne se prend pas au sérieux et multiplie les interactions avec une fosse ultra réceptive.
Le moment le plus fun arrive sur le refrain de “The Order of Fear”. Fidèle à un rituel bien rodé, le groupe commence par faire scander « Fear » à toute la plaine, avant d’inviter tout le monde à switcher sur un énorme « Beer ! ». Clin d’œil génial à cette tradition née en festival en 2023 — où les cris du public avaient même été enregistrés pour finir sur la version studio du morceau —, ce passage résume parfaitement l’esprit du concert : fédérateur, festif et sans prise de tête.
MúR
Décidément, en ce troisième jour de festival, les plus belles découvertes et émotions se déroulent sous la tente Massey Ferguson. Après BRUIT < et HOLLOW JAN, c’est au tour de la formation islandaise de post‑metal MÚR de nous captiver.
Ce qui frappe d’abord, c’est la jeunesse apparente des cinq membres. Et pourtant, on oublie bien vite ce détail pour se laisser happer par une musique brute, puissante et aérienne à la fois.
À l’image de HOLLOW JAN, la passerelle entre la langue islandaise et le public se crée naturellement, sans effort : aucune barrière entre les deux mondes.
Une belle harmonie se dégage entre chaque instrument, chacun gardant sa voix propre. Quelques soucis techniques ont perturbé le set, mais ils sont vite oubliés tant nous sommes hypnotisés par les envolées lyriques de Kári Haraldsson, qui alterne voix claire et growl avec une intensité saisissante. Une immersion intense dans un monde froid et beau.
Un groupe à suivre de près !
LEPROUS
Restons dans le Nord de l’Europe avec les norvégiens LEPROUS, fer de lance du metal progressif. Après leur sublime concert à la SALLE PLEYEL à Paris en janvier 2025, l’excitation était à son comble.
Malheureusement, jouer en plein soleil sur la vaste scène Dave Mustage n’est pas un avantage pour ce type de formation musicale. La beauté d’un concert de LEPROUS repose autant sur la force émotionnelle des titres que sur la scénographie. A ce créneau horaire, impossible de créer une atmosphère immersive et de sublimer les morceaux, malgré une performance sans faute d’Einar et ses comparses. LEPROUS apparaît décidément comme un groupe de salle plus que de festival : le jeu de lumières et la proximité du public leur conviennent mieux que l’éclat du plein jour.
Il en ressort un concert maîtrisé mais un peu plat, en deçà de la magie ressentie en salle — laissant sans doute certains spectateurs sur leur faim.
SLIFT
Décidément la ville de Toulouse est bien représentée en ce samedi : après BRUIT < en début d’après-midi, nous retrouvons sous la tente Massey Fergussen le trio de rock psychédélique composé des frères Jean (guitare, chant, synthétiseurs) et Rémi Fossat (basse), et de leur camarade de lycée Canek Flores (batterie).
Ce qui frappe d’emblée, c’est la proximité affichée par la formation, que ce soit entre eux sur scène ou bien vis-à-vis du public.
La musique déployée est brute, d’une énergie folle mais parfaitement maitrisée, chaque membre étant concentré à 100% dans son jeu.
Une performance hypnotique.
EISBRECHER
21h00 sonnent sur la Dave Mustage. Et si c’était l’heure de s’éclater et de danser dans la poussière ?! C’est le rôle qu’a endossé avec brio le groupe allemand EISBRECHER – et qu’on se le dise, toutes les armures ont fondu sous la déferlante indus.
Mené par le très charismatique Alexander « Alexx » Wesselsky, coiffé de son grand chapeau et vêtu de sa veste militaire, les titres s’enchaînent de façon implacable : de “1000 Narben” à “This Is Deutsch” en passant par “Verrückt”, sans laisser une seconde de répit au public pressé en masse devant la scène.
Une ferveur contagieuse s’empare du public pour l’un des concerts les plus bouillants du festival – de quoi se mettre totalement en jambe pour la suite de la soirée.
NEVERMORE
L’heure de la résurrection a sonné pour NEVERMORE, et c’est bien avec une nouvelle formation que les piliers historiques Jeff Loomis et Van Williams refont surface !
Toujours fidèles à leur thrash/prog sombre et technique, les riffs de guitare écrasent la scène d’une lourdeur implacable dès les premières secondes. Baigné dans des lumières rouges particulièrement intenses, le nouveau chanteur Berzan Önen fait son entrée sur un chaleureux « Bonsoir Motocultor ! ».
La fosse est immédiatement conquise par la puissance et l’énergie brute du groupe. Plus de 15 ans après leur dernier album, il n’y a pas à dire : cette formule avec les membres d’origine fonctionne du feu de dieu.
Une claque qui m’a totalement convaincue !
Svinkels friends & family
Après la tournée “Un Dernier Pour La Route”, marquée par un hommage vibrant à Nikus Pokus décédé brutalement en 2024, le trio rap rock composé par Gérard Baste, Mr Xavier et DJ Pone est reparti sur les routes pour un “Tour d’Honneur”.
Cette nouvelle formule, baptisée “FAMILY & FRIENDS”, transforme SVINKELS en une version augmentée, célébrant les racines et les influences du groupe dans une communion totale avec le public chaud bouillant du MOTOCULTOR.
On regrettera un son parfois inégal, qui ne permet pas toujours de savourer pleinement des textes délurés et engagés. Mais ce soir, seule l’énergie compte : “SVINKELS pour toujours !”
WITHIN TEMPTATION
Ce samedi 15 août, sur les coups de 23h, direction la Mainstage pour retrouver WITHIN TEMPTATION. Le concert n’a pas encore débuté que l’on peut déjà admirer une scénographie aussi remarquable que soignée.
Côté ambiance, la tension monte d’un cran : entre un éclairage rouge vif et une fumée épaisse, la scène semble complètement embrasée. Ce brasier visuel s’estompe peu à peu pour laisser place à des images poignantes projetées en fond de scène, dévoilant un cimetière couvert de fleurs. L’atmosphère se fige au son d’une bande sonore déchirante : un chant folklorique ukrainien aux allures de lamentation funèbre, vibrant hommage rappelant d’emblée l’engagement du groupe.
Une fois cette introduction a cappella achevée, les musiciens investissent la scène un à un, rejoints par Sharon den Adel. C’est alors en toute logique sur “We Go to War” que la tension accumulée explose enfin, portée par des riffs ravageurs.
Loin de se reposer sur ce décor travaillé, la formation néerlandaise impressionne par son dynamisme : les musiciens occupent pleinement l’espace aux côtés de leur frontwoman en mouvement constant. Pour la suite du show, le groupe nous offre une setlist variée en nous proposant des titres phares comme “The Reckoning” ou “Faster” — pour notre plus grand bonheur. Le sextuor va même piocher dans ses morceaux les plus mythiques pour un final grandiose sur l’album “Mother Earth”, nous rappelant au passage leurs trente ans d’existence et prouvant qu’ils ont su renouveler leur metal symphonique avec brio au fil des décennies.
Pour clore ce moment fort, Sharon et ses acolytes brandissent un drapeau breton sous les ovations nourries de la foule, adressant un vibrant « Merci Bretagne ! » avant de quitter la scène.
NANOWAR OF STEEL
Terminons cette troisième journée riche en émotions avec le concert totalement déluré des italiens NANOWAR OF STEEL. Perruques, tutus : c’est un réel carnaval qui s’offre au public encore présent en nombre en cette heure tardive.
Vous l’aurez compris, le mot d’ordre est : du fun, du fun et encore du fun !
Le groupe a à cœur de mettre en avant une chanson du pays dans lequel il joue. Ce soir, pour le public breton, le choix se porte sur “Bravo Margot” de Georges Brassens. “Quand Margot dégrafait son corsage / Pour donner la gougoutte à son chat / Tous les gars, tous les gars du village / Étaient là, lalala la la la” – on jugera ou non de la profondeur des paroles.
D’un autre côté, ce titre se fond parfaitement avec le reste de la setlist avec le classique “Norwegian Reggaeton” parfait pour une séance de Zumba ou bien “Valhalleluja” qui clôturera le set pour une communion finale et délirante, avec en bonus, le montage d’un meuble IKEA dans la foule.
Bref, un concert où l’on ne sait pas vraiment où l’on va mais qui permettra de tout lâcher avant d’arriver à la journée finale du festival !
































































































































































































































































































