
Gwen Le Meur et Ophélie Griffin, Rédactrices et photographes pour Metal Rock Magazine, étaient sur place pour immortaliser cette première journée du festival !
FAUXX
Le festival débute sous une chaleur implacable. Nombre de festivalier·ères se réfugient sous la tente Bruce Dickenscene pour assister au premier concert : le duo metal indus FAUXX, composé de Joachim au clavier et au chant et de Job à la batterie (qu’on retrouve aussi dans TAGADA JONES).
Un jeu de lumière soigné sublime un set parfaitement maîtrisé, idéal pour ouvrir cette édition 2026. Malgré la chaleur étouffante sous la tente en ce début d’après-midi, une même vibration parcourt la foule, portée par le son singulier de FAUXX. Les deux musiciens ne ménagent pas leurs efforts : leurs visages traduisent sans détour l’engagement physique et viscéral qu’ils mettent à faire danser le MOTOCULTOR aujourd’hui.
BATTLESNAKE
C’est le concert qu’on n’attendait pas et qui nous a embarqués dès les premières notes. Imaginez une pièce de théâtre débutant comme une tragédie antique, portée par des costumes étranges sur fond de heavy metal. Déroutant au départ, et pourtant, BATTLESNAKE réussit le pari d’hypnotiser la Massey Ferguscene.
L’énergie sur scène se répand sans effort sur l’ensemble du public : celui‑ci n’est plus simple spectateur, mais acteur à part entière de la pièce. Les Australiens se mettent littéralement à nu pour la fin du set — compréhensible vu la chaleur ! — et la musique devient alors le seul langage, livrant une prestation à la fois efficace, fun et remarquablement maîtrisée.
Une invitée surprise fait son apparition : Maïa, la fille de Billy, le batteur, rejoint le groupe pour une litanie simple mais galvanisante : BATTLE – SNAKE !
Quarante minutes passent en un éclair pour un set d’une intensité rare. Définitivement l’un des coups de cœur de cette première journée.
WOLFHEART
Oh, que les Finlandais ont dû souffrir ! Le soleil brûlant de cette fin d’après‑midi se donne du mal pour faire fondre le “winter metal” des quatre loups. Le death metal mélodique de WOLFHEART est implacable dès le départ ; mais rapidement, la chaleur a raison de leur armure. “Most of our songs are about winter. Now, we look like human kebabs!” plaisante Tuomas Saukkonen.
L’air glacé des hivers finlandais semble si lointain — et il serait pourtant si appréciable actuellement dans la fournaise du MOTOCULTOR ! Cela n’empêche pas les circle pits de se former, ni la puissance du groupe de s’imposer, entre riffs tranchants et mélodies épiques.
BRIEG GUERVENO
La journée se poursuit avec BRIEG GUERVENO, qui apporte une touche plus douce et intimiste au festival. Entre rock et folk, l’artiste nous embarque dans son univers, et le tout en breton ! Une parenthèse mélancolique et atmosphérique, idéale pour débuter la journée en douceur.
Une ambiance plutôt familiale règne sous la tente de la Bruce Dickinscene. On se laisse facilement porter par la voix de l’artiste.
Je ne maîtrise pas la langue et, pourtant, je me suis complètement laissée embarquer par la douceur de sa voix. Au fil des morceaux, j’ai même ressenti l’envie d’aller découvrir ses textes pour mieux comprendre ce qui se cachait derrière ces mélodies.
Un moment à part qui démontre que l’émotion musicale peut largement dépasser la barrière de la langue.
KITTIE
Ah, elles se font attendre, les Canadiennes ! Après dix minutes de retard (bon, c’est peu après des années d’absence !), les membres de KITTIE entrent enfin sur la scène DAVE MUSTAGE. Le ton est donné dès le premier titre “Fire” – malgré l’absence de pyrotechnie sur l’ensemble du festival, la chaleur grimpe d’un coup !
Un set précis et les titres s’enchaînent sans qu’on puisse lâcher des yeux l’ensemble des composantes féminines du groupe.
Pour accompagner l’énergie brute déployée sur scène, nous assistons à l’un des plus gros et poussiéreux circle pit de ce début de festival, signe d’une réception réussie et d’un retour triomphal pour les Canadiennes !
CELKILT ET LE BAGAD DE QUIMPER
C’est ensuite l’heure de retrouver CELKILT, accompagné du BAGAD AR MEILHOÙ GLAZ, et clairement, je ne pouvais pas passer à côté de ce concert ! Ayant déjà eu la chance de voir CELKILT plus tôt dans l’année, j’avais hâte de découvrir ce que pouvait donner la rencontre entre leur rock celtique et la musique traditionnelle bretonne. Et je n’ai pas été déçue ! Autant dire que la température grimpe sérieusement sous la tente… et pas seulement grâce à l’énergie déployée sur scène ! Les morceaux que je connaissais déjà ont pris une toute autre dimension avec les 40 musiciens du bagad, qui ont apporté une véritable richesse au show de CELKILT. La fusion fonctionne à merveille et donne une sacrée énergie à l’ensemble ! Les musiciens du bagad redescendent ensuite de scène et le concert se poursuit sous la tente de la Bruce Dickinscene, où l’ambiance bat son plein. J’en ai clairement pris plein les yeux ! |
GAEREA
C’est maintenant au tour des Portugais de GAEREA de monter sur la Massey Ferguscène. Un rattrapage pour celles et ceux qui avaient raté leur passage au HELLFEST cette année.
Les cinq membres du groupe font leur apparition, tous entièrement cagoulés, installant immédiatement une atmosphère sombre et mystérieuse. GAEREA nous propose un black metal aussi chargé en émotion que planant. Mais c’est surtout Guilherme, au chant, qui va rapidement attirer tous les regards. Impossible pour lui de rester en place : il prend complètement possession de la scène et donne vie à ses morceaux sans jamais faire retomber la tension !
Face à eux, le public se montre particulièrement réceptif et se laisse rapidement emporter par cette valse aussi chaotique qu’envoûtante.
Une performance intense, sombre et presque poétique, portée par des morceaux prenants et une énergie communicative.
GODSMACK
Tradition oblige : c’est sur le titre “For Those About to Rock (We Salute You)” qu’entrent les membres de GODSMACK sur la scène DAVE MUSTAGE.
On est habitué à avoir des performances brutes, percutantes de la part du groupe américain, nous ramenant au meilleur du metal des années 2000.
Mais ce soir, malgré la précision et la puissance du set, il manquait un petit grain de folie sur scène, pour en faire une performance inoubliable du festival.
AMENRA
Une nouvelle éclipse a lieu lors de cette première journée du festival : elle a lieu sous la tente Massey, à l’arrivée d’AMENRA. Contrairement à leur passage au HELLFEST, deux mois auparavant, les Belges bénéficient de l’obscurité, offrant une immersion totale.
Un concert d’AMENRA est une expérience à part entière, aussi hypnotisante et puissante que l’éclipse solaire survenue la veille. Un clair‑obscur s’abat peu à peu la scène et le public ; le silence s’installe, ne laissant place qu’à la musique. Leur proposition relève du quitte ou double pour les néophytes : le frontman Colin H. van Eeckhout chante — ou plutôt hurle — presque exclusivement dos au public, une posture déroutante aux premiers abords.
Pour les habitués, en revanche, toute l’intensité viscérale et la lourdeur doom emblématiques du groupe sont bel et bien au rendez‑vous. Un moment suspendu.
PRIMUS
Place ensuite à PRIMUS, qui propose une toute autre ambiance, avec un univers mêlant rock, funk et metal, ce qui donne un résultat bien particulier qui en fait son charme.
Bien sûr, comme beaucoup, je connaissais déjà leur univers grâce à l’emblématique série South Park, mais c’est justement cette association qui m’a motivée à aller les découvrir en live.
« Dissonance maîtrisée » : voilà les premiers mots qui me viennent pour décrire leur prestation. Même si je n’avais pas forcément l’habitude de ce genre de sonorités, je dois reconnaître que la maîtrise de Les Claypool à la basse est musicalement impressionnante.
D’ailleurs, il n’y avait qu’à regarder le public pour comprendre que leur prestation mettait tout le monde d’accord. L’ambiance était bien présente, et PRIMUS semblait parfaitement à sa place sur la scène du MOTOCULTOR.
Sans compter la reprise de « Holy Diver » (en hommage à Ronnie James Dio), interprétée en compagnie de Mark Osegueda, chanteur de DEATH ANGEL, qui aura apporté une vraie plus-value à un show déjà bien solide.
KOMODRAG AND THE MOUNODOR
La tente Bruce Dickinscene est pleine à craquer pour le dernier concert de la soirée – KOMODRAG AND THE MOUNODOR, union des deux formations, pour deux fois plus de psyché, d’instruments sur scène (trois guitares, une basse, un clavier, trois choristes et deux batteries ! Ça en fait du monde sur la petite scène !) et de folie !
Le public, où l’on aperçoit à la barrière les plus jeunes, malgré l’heure tardive, est venu avec une idée précise en tête : danser et en prendre plein les yeux et les oreilles. C’est un joyeux bazar qui se joue sur scène et dans le pit. L’esthétique est soignée, et le trio de guitaristes se donne physiquement pour offrir une performance sans faute.
Rien de tel pour conclure cette première journée – qui fut intense, tant musicalement que par la chaleur.

































































































































































































































