Interview avec JUSSI YLIKOSKI et VILLE MALJA du groupe MOON SHOT !

Bonjour messieurs, on dit souvent que le troisième album est un moment décisif. Après l’énorme succès de « The Power », vous décrivez « Thunderlust » comme le fruit d’un processus d’ouverture, avec toutes ses cicatrices, qui vous a conduit à une « clarté absolue ». Comment parvenez-vous à canaliser cette nouvelle vulnérabilité en studio sans sacrifier l’urgence et l’énergie punk de votre « rock du XXIe siècle » ?
JUSSI : Pour moi, en tant qu’auteur-compositeur et producteur de l’album, il s’agit avant tout de suivre mon inspiration et mon instinct, et de créer le genre de musique et de son qui m’enthousiasment. Une fois cela fait, il m’est facile de me montrer vulnérable face à cet album. Pour moi, c’est la façon de rester fidèle à ma musique. Et peu importe que quelqu’un pense que quelque chose a été sacrifié ou non.
VILLE : Tout ce que nous faisons est authentique. Toutes nos chansons parlent de la vie réelle et abordent des choses que nous avons vécues. Faire partie d’un groupe est un mode de vie pour nous. On ne peut pas simplement « éteindre » ça ou y mettre un terme. En écrivant les paroles de l’album « Thunderlust », j’ai décidé de m’exprimer sincèrement sur ma façon de voir et de ressentir les choses. Moon Shot n’est pas un groupe à vocation politique, mais nous avons vraiment quelque chose à dire, et sur ce troisième album, nous transmettons notre message plus clairement et avec plus de fierté que jamais.
Dans votre single « No Walls », vous explorez le thème de la méfiance, en utilisant les murs comme symboles de la distance émotionnelle. D’un autre côté, vous affirmez que « Thunderlust » est une célébration viscérale du lien entre le groupe et son public. Considérez-vous cet album comme un antidote direct à l’isolement croissant de notre société ?
VILLE : C’est exactement ça. Pour notre part, nous voulons rassembler les gens. Tout le monde sait bien que nous, les êtres humains, n’avons pas besoin d’être d’accord sur tout pour avancer dans la même direction. Nous devons aussi vouloir comprendre ceux qui ne partagent pas notre opinion. Les personnes qui vous agacent le plus sont souvent celles avec lesquelles vous devriez passer le plus de temps, pour apprendre d’elles et les écouter. Bien sûr, ce n’est pas toujours facile.
Vous venez tous de groupes finlandais emblématiques, et vous avez déclaré qu’avec ce troisième album, Moon Shot ne cherchait plus sa voie mais l’avait définitivement trouvée. Diriez-vous que « Thunderlust » marque le tournant à partir duquel vous avez complètement exorcisé les ombres de vos passés respectifs, de sorte que le groupe n’existe désormais que pour lui-même et par lui-même ?
JUSSI : Je ne pense pas que ces ombres disparaissent un jour, ni qu’elles le devraient d’ailleurs. Surtout en ce qui concerne la musique que j’écris. Mon passé transparaîtra toujours dans la musique que je compose et dans le son de Moon Shot. Je n’essaie pas de m’en débarrasser, cela fait partie de moi et de Moon Shot.
VILLE : J’aimerais le croire. Ce groupe vole désormais de ses propres ailes et ne s’appuie plus sur le passé. Cela ne signifie toutefois pas que nous ne soyons pas fiers de nos racines et de ce que nous avons accompli au sein de nos anciens groupes.
L’album adopte une approche instinctive qui refuse de suivre les tendances actuelles du marché du rock. Lorsque vous êtes entrés en studio en 2026 pour composer des hymnes comme « False Heroes » ou « Hammer of Changes », quelles étaient les règles d’or ou les « lignes rouges » que vous vous êtes fixées pour éviter la surproduction et préserver ce fameux sentiment d’urgence organique ?
JUSSI : Une grande partie de ce son me vient naturellement et c’est quelque chose que je recherche instinctivement. Je sais ce qui sonne bien à mes oreilles et je sais ce que je veux quand il s’agit de choisir un son particulier pour un instrument donné, ou de définir un style d’interprétation pour cet instrument ou une ambiance vocale. La règle, c’est donc de faire ce qui sonne et semble « bien » et « juste », et d’éviter de créer une musique fade.
Vous considérez Moon Shot avant tout comme un groupe de scène, expliquant que sur scène, vos morceaux « se transforment » et prennent vie. Parmi les 11 titres de « Thunderlust », lequel s’est imposé comme le choix évident pour résonner avec l’intensité des clubs, et comment envisagez-vous sa transformation organique lors de votre prochaine tournée européenne cet automne ?
JUSSI : J’ai particulièrement hâte de jouer le premier titre, « Razor’s Edge », en live. Ce sera très probablement aussi le morceau d’ouverture de la plupart des concerts de la tournée de l’album. C’est intéressant de voir comment on peut créer une dynamique avec l’intro pour donner le coup d’envoi de cette chanson et du concert. Je m’attends à ce que ce soit un moment très intense et puissant sur scène.
VILLE : Personnellement, j’ai hâte d’interpréter au moins « Razor’s Edge » et « Hammer Of Changes » en concert. Ces morceaux renaissent véritablement sur scène. Un morceau peut ne prendre vie qu’en concert et éclipser ceux sortis en singles. J’adore aussi le fait que, lors d’un concert, ce soit le public qui décide quel morceau il préfère. On sent tout de suite à la réaction de la foule si un morceau est très attendu et s’il leur donne de l’énergie.
Merci infiniment pour vos réponses et METAL ROCK MAGAZINE vous souhaites le meilleur pour la sortie de l’album.




