
À l’occasion de leur passage au festival PLANE’R FEST, Antoine et Will, du groupe HEART ATTACK, ont donné une interview à Ophélie pour échanger sur l’actualité du groupe, notamment le tournage de leur clip à la tour Eiffel et leur prestation à l’Opéra de Nice.
OPHELIE : Au lendemain de votre passage au PLANE’R FEST, comment vous sentez vous ? Comment avez-vous vécu ce concert ?
ANTOINE : personnellement j’ai passé un super concert !
WILL : fourbu mais content !
ANTOINE : on a survécu à la chaleur ! Le public était très réactif en tout cas, il y a eu plein de pogos, de circle pits, il y a même eu un braveheart qui s’est lancé tout seul !
WILL : on a rarement eu un public aussi fou furieux dès le départ !
C’est vrai qu’au PLANE’R FEST, il y a toujours une énergie incroyable ! C’est un festival familial et même les gosses sont à fond. Je ne sais pas si vous avez repéré les enfants à la barrière, dont certains avec des t-shirts HEART ATTACK ?
WILL : oui, on en a vu au merch ! Ça fait plaisir !
Dernièrement, vous avez vécu plusieurs expériences inédites ! En septembre dernier, vous avez tourné un clip à Paris, au sommet de la tour Eiffel pour “Defeat The Veil”. Comment est né ce projet ? Et comment l’avez-vous vécu ?
WILL : c’était vraiment une expérience incroyable à vivre, tu es au sommet de la tour Eiffel, au lever du soleil, tu as la tour rien que pour toi, c’était magique ! Un moment hors du temps, irréel, je n’aurais jamais cru vivre cette expérience dans ma vie. Pour la concrétisation du projet, on aime bien faire des clips dans des endroits qui en jettent, comme les Arènes de Fréjus. C’est devenu une marque de fabrique et dans le futur, on cherchera d’autres lieux incroyables pour travailler. Pour la Tour Eiffel, c’était énormément de travail, il a fallu une armée de mails et beaucoup de logistique. Mais au final, on a réussi le pari et on en est très contents !
ANTOINE : c’était intense car on n’avait qu’une heure pour tourner, ça s’est fait avant l’ouverture de la Tour au public. Il a fallu monter tout le backline et s’installer en une demi-heure. On a réussi quand même à faire tout ce qu’on a voulu, on a grapillé jusqu’à la dernière minute pour prendre les plans qu’on souhaitait.
Est-ce que le fait de jouer à la tour Eiffel a changé votre interprétation du morceau, “Defeat the Veil”?
WILL : je pense que ça a augmenté l’intensité du morceau. On a fait une partie du tournage à la tour Eiffel et l’autre partie à l’Observatoire de Nice, deux lieux incroyables et connectés, car dessinés tous deux par Gustave Eiffel. Il y a d’ailleurs une magnifique et gigantesque statue de Pharaon à l’entrée de l’Observatoire qui nous a inspiré notre backdrop et notre scénographie actuelle.
Et évidemment, comment ne pas mentionner votre prestation à l’Opéra de Nice, en 2025 également. C’est un grand marqueur dans l’histoire du groupe. Mixer du thrash metal et de l’opéra, c’est audacieux !
WILL : L’idée de base vient de Kevin. On avait tourné un clip à l’Opera de Nice et ça a tellement plu au directeur, Bertrand Rossi, qu’au fil des discussions, l’idée d’organiser un festival est venue naturellement, parce qu’il aime beaucoup le metal. D’un clip, on est passé à un festival. La première édition s’était tellement bien passée qu’on a reconduit l’expérience.
C’est vrai qu’on voit de plus en plus de passerelle entre le classique et le metal, je pense à GOJIRA aux Jeux Olympiques de Paris mais aussi à BEHEMOTH à la Philharmonie de Paris. Pensez-vous que vous avez attiré un public qui ne connaissait pas le metal ?
WILL : j’ai des retours personnels de gens qui m’ont dit que le metal n’était pas leur tasse de thé, mais qu’ils avaient trouvé le festival formidable.
ANTOINE : le metal peut être parfois “violent” quand la musique la plus extrême que tu écoutes, c’est JOHNNY HALLYDAY. Performer avec Audrey Dandeville [chanteuse lyrique de l’Opéra de Nice], ça a aussi permis de faire comprendre aux gens ce qu’on faisait vraiment.
Quel a été le plus grand défi à relever pour la réussite de cette collaboration ?
ANTOINE : de nouveau, beaucoup de logistique à gérer. Musicalement, c’était simple. Audrey a fait la répète et a tout défoncé, comme si cela faisait 10 ans qu’on jouait ensemble. En plus d’être très talentueuse, c’est une métalleuse; elle a joué dans plusieurs groupes de death metal. Niveau son, l’Opéra n’est pas fait pour la musique amplifiée, car l’acoustique est très spécifique. Ça a été compliqué pour l’ingé son mais il a géré. Côté logistique, c’était aussi l’organisation avec les danseurs, il fallait leur faire de la place sur scène.
L’intégration de danseurs sur “Refuse to Conform” apporte une dimension dramatique à votre musique. Comment avez-vous réussi à intégrer le langage corporel à votre musique ? Ou bien était-ce l’inverse ?
WILL : en fait, ça a été presque naturel. La danse est un moyen d’expression très fort, tout comme la musique que l’on joue est extrême. En plus, la troupe de danse que l’on a contactée est extrêmement talentueuse, elle a réussi à trouver des mouvements qui collent à la musique, d’un point de vue émotionnel. La journée de tournage était intense, les danseurs ont donné tout ce qu’ils avaient. Nous aussi à la fin de la journée, on était crevés. On a fait assez d’images pour faire 4 clips [rires]. Le nom du morceau lui-même, “Refuse to Conform”, colle avec ce concept de relier des choses qui n’allaient pas forcément ensemble, comme la danse qui apparaît comme un art populaire ou mainstream et le metal qui est plus de niche.
De nouveau, pensez-vous que l’intégration de la danse change votre interprétation du morceau ?
ANTOINE : quand tu es sur scène, oui, ça ajoute quelque chose. Quand on joue, on ne voit pas ce qu’il se passe, car on fait face au public. Mais on voit les danseurs dans notre vision périphérique et ça ajoute de l’intensité dans notre façon de jouer.
WILL : il y a aussi beaucoup d’émotion. Comme disait Antoine, quand tu joues, tu n’as pas le temps de regarder ce qu’il se passe autour, mais quand on voit les vidéos, je t’avoue, ça m’a fait quelque chose, c’est hyper beau. C’est un événement marquant dans une vie.
Effectivement, on ressent votre émotion dans les vidéos ! Peut-être aussi vous ressentiez l’émotion projetée par le public. Parfois en concert, tu écoutes la musique et tu fermes les yeux pour profiter et là, c’est un vrai spectacle, ça fait appel à des sentiments différents et donne une dimension différente à votre musique.
ANTOINE : c’est vrai et quand tu ajoutes ça au cadre de l’Opéra, ça en fait un moment unique.
Est-ce que cette collaboration aura une suite ou un impact sur votre prochain album ? Est-ce que cette expérience vous a donné envie d’aller plus loin dans des formats hybrides ou dans la recherche de lieux atypiques ?
WILL : on ne se fixe pas de limite mais il y a moyen qu’on développe ça.
ANTOINE : je ne pense pas qu’on deviendra un groupe qui sera défini comme “Opéra-metal” mais sur le prochain album qu’on est en train de composer, on va continuer à en incorporer par petites touches pour ouvrir la musique du groupe.
Et donc ce prochain album ?
WILL : on a bien avancé, on a composé 90% de l’album. Il nous reste quelques titres à composer et les arrangements. On espère entrer en studio l’an prochain, pour une sortie soit 2027 soit 2028.
En attendant, vous tournez dans les festivals d’été et vous ouvrez notamment pour LOUDBLAST à Petit Bain en novembre prochain.
ANTOINE : oui pas mal de dates sont prévues cette année, dont effectivement la première partie de LOUDBLAST à Paris. On va être pas mal occupé !
Un mot pour clôturer notre interview ?
WILL : déjà merci de nous avoir interviewés, c’était un super moment passé ensemble. Merci aux lecteurs de METAL ROCK MAGAZINE.
ANTOINE : merci pour le temps accordé et merci de soutenir la scène metal française, c’est important si l’on veut qu’elle perdure ! Il y a 10 ans encore, les portes étaient fermées. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas, le metal s’est ouvert aussi, il faut que ça aille dans les deux sens.
Merci à Antoine et Will pour m’avoir accordé cette intéressante interview !




