Live Report VOLCANIC FEST – Jour 2 – 25/07/2026 – Andrézieux-Bouthéon

Tiffany Deborde, Rédactrice et photographe pour Metal Rock Magazine était sur place pour immortaliser cette première édition du festival !
CRYSTAL THRONE
Le ciel est un peu plus nuageux et le temps un poil plus capricieux en ce début de deuxième jour de festival. Mais la chaleur va rapidement monter au sein du C.A.B.L. pour ce nouveau réveil volcanique.
C’est à 12h tapantes que résonnent les premiers riffs féroces. Certains courageux festivaliers se pressent déjà à la barrière, bravant la fatigue et retournant au front, plus motivés que jamais.
On attaque directement dans le dur avec CRYSTAL THRONE. Et autant dire que pour un réveil en douceur, on repassera ! Originaire de Metz, le quatuor nous balance son Heavy Progressif aux petits oignons, quelque part entre l’énergie du Heavy des années 80 et une bonne dose de technicité.
À la guitare, on aura reconnu Max Waynn, alias Max Yme sur YouTube, et Terry DeFire, frontman de THE HELL PATROL, au chant.
À peine le temps de comprendre ce qui nous arrive que les deux cofondateurs s’emparent déjà de la scène. Les riffs fusent, les solos s’enchaînent et, malgré l’heure plutôt matinale pour tout bon festivalier qui se respecte, CRYSTAL THRONE n’a clairement pas l’intention de nous laisser émerger tranquillement.
Avec leur look tout droit sorti d’un film de science-fiction, leur rythmique effrénée et leur technicité millimétrée, et malgré un set bien trop court : une petite demi-heure seulement, CRYSTAL THRONE ne fait clairement pas dans la demi-mesure. Les morceaux s’enchaînent et la tension monte d’un cran : ça joue vite, ça joue propre, mais surtout… ça joue fort.
De quoi réveiller définitivement les derniers survivants du camping et lancer cette deuxième journée sur les chapeaux de roues !
WEDINGOTH
Après ce réveil pour le moins musclé, il est temps de changer complètement d’atmosphère. Direction les terres lyonnaises pour retrouver WEDINGOTH.
Avec son Metal Progressif teinté de Rock et ses compositions capables de passer d’ambiances douces et aériennes à des passages beaucoup plus puissants, WEDINGOTH nous embarque dans un tout autre univers. Et pour accompagner ce voyage, difficile de ne pas se laisser happer par la voix de Céline Nephtys ou de ne pas se laisser entraîner par la puissance de la guitare de Steeven Segarra.
Céline, en véritable frontwoman, nous emporte littéralement avec cette énergie charismatique, jouant avec le public à grands coups de sourires, de grimaces et de gestuelle. Et malgré un public encore clairsemé, la salle répond présente : les festivaliers n’hésitent pas à répliquer, à reprendre certains refrains et à lever les bras en l’air, donnant lieu à une belle communion entre la scène et la fosse.
Le réveil est désormais bien entamé, et le volcan commence doucement à montrer les premiers signes de son éruption.
AMON SETHIS
Changement de décor et de continent, on amorce un retour en arrière, direction l’Égypte antique, ou du moins sa version grenobloise avec AMON SETHIS.
Et dès les premières notes de « Dawn Of An Apocalyptic World », impossible de passer à côté de l’univers particulièrement travaillé du groupe, teinté de Metal Progressif et de Power Metal.
Au centre de ce véritable théâtre antique, Julien Tournoud apparaît encapuchonné, torches enflammées à la main, solennel. Lorsqu’il se dévoile sous le masque, il ne tient plus en place : œil d’Horus dessiné sous l’œil droit, bras tendus vers le public, sourires, poses théâtrales et interactions en tout genre : le frontman semble avoir décidé de transformer la scène en véritable temple égyptien version Metal. Tout est réuni pour nous faire voyager quelques milliers d’années en arrière.
Derrière lui, Laëtitia Bertrand, la crinière au vent, manie la basse fretless comme personne, apportant une couleur particulière au son du groupe avec des tonalités assez orientales. Tandis qu’Andréa Ricci, à la guitare, déroule ses riffs puissants, que Sébastien Perrad martèle ses fûts et que Benjamin Naire vient envelopper l’ensemble de ses claviers, renforçant cet univers mystique et épique. Une formation au complet qui donne toute sa dimension à l’univers du groupe grenoblois.
Et avec « Lamentations », « The Rise Of The Tyrant » ou encore « The Blood Red Temple », le voyage se poursuit entre passages épiques, changements de rythme et ambiances plus mystérieuses.
Mais avec AMON SETHIS, ce n’est pas seulement la musique qui fait vivre cet univers : la théâtralisation occupe une place à part entière dans le spectacle. Et alors que résonne « Kubatalawa », le show prend une toute autre dimension avec l’arrivée de Melainya et de ses impressionnantes manipulations de feu. Les flammes viennent alors littéralement embraser la scène, ajoutant une bonne dose de spectaculaire à un set déjà particulièrement immersif.
Le public, lui, se laisse totalement embarquer dans l’univers et semble prêt à rejoindre l’armée du pharaon. Les morceaux s’enchaînent et nous font progressivement traverser les âges, jusqu’à l’envoûtant « From Dust To The Stars », qui vient clôturer le voyage de façon poétique.
Entre Metal Progressif, théâtre et flammes, AMON SETHIS nous aura offert une véritable plongée au cœur de l’Égypte antique. Le Volcanic Fest porte décidément bien son nom !
NARAKA
À peine remis de notre voyage dans l’Égypte antique, il est temps de redescendre sur Terre. Et avec NARAKA, autant dire que l’atterrissage risque d’être quelque peu violent.
Dès les premières notes de « Cursed », le ton est donné. Le Death Metal moderne du groupe, teinté de Thrash et de Black Metal, vient faire trembler le site et il ne faudra pas longtemps pour que les premiers coups de nuque commencent à se faire sentir dans la fosse. Malgré un public encore un peu timide, la chaleur monte progressivement et l’ambiance se fait plus lourde.
Au centre de ce chaos, Théodore Rondeau se montre particulièrement difficile à canaliser. Les bras levés vers le ciel, headbanging à s’en décrocher la nuque, le frontman arpente la scène avec une énergie qui contraste parfaitement avec l’atmosphère sombre qui l’entoure. Derrière lui, les riffs s’enchaînent à toute vitesse, notamment sous les doigts de Jean-Philippe Porteux, membre fondateur du groupe, tandis que la batterie martèle les morceaux sans laisser le moindre répit.
Mais alors que retentit « The Mother Of Shadows », le show prend une toute autre dimension. Et pour cause : Melainya, déjà aperçue quelques instants plus tôt, revient sur scène, mais cette fois dans une version nettement plus sombre.
Longue robe noire, capuche sur la tête, masque et imposantes cornes rappelant fortement la Maléfique de Disney : dès son apparition, le personnage semble tout droit sorti d’un conte qui aurait sacrément mal tourné. Puis, progressivement, la créature se dévoile. La robe tombe, laissant apparaître son corps à peine vêtu. Elle se recouvre alors d’une étrange substance noire et visqueuse avant de s’emparer d’un faux cœur ensanglanté… qu’elle entreprend tout simplement de dévorer.
Elle récupère ensuite ses bolas en corde enflammés et se lance dans une véritable danse du feu, dessinant de grands cercles de flammes autour d’elle dans la semi-pénombre, créant un spectacle aussi hypnotisant que terrifiant.
Entre violence musicale, ambiance chaotique et cauchemardesque et mise en scène particulièrement travaillée, NARAKA nous aura offert une prestation aussi sombre qu’énergique. Le volcan continue décidément de se réveiller… Et la journée est loin d’avoir livré toutes ses surprises.
EMERALD MOON
Après la tempête NARAKA, il est temps de reprendre un peu notre souffle et de changer radicalement d’atmosphère avec EMERALD MOON.
Un retour dans les seventies express avec ce bon vieux Rock’n’Roll teinté de Blues et de Southern Rock. Avec des inspirations telles que LED ZEPPELIN ou THIN LIZZY, on note l’incroyable travail autour des « twin guitars » : les deux guitaristes, Fabrice Dutour et Michaal Benjelloun, se répondent superbement, harmonisant leurs lignes et se complétant totalement, enchaînant les riffs et les solos avec une dextérité déconcertante. Cette utilisation des guitares jumelées est d’ailleurs au cœur de l’identité musicale du groupe.
Dès les premières notes de « When There’s A Will, There’s A Way », nous sommes totalement transportés dans les années 70, un verre de whisky à la main, au fond d’un vieux pub enfumé, bercés par les riffs chaleureux et les sonorités vintage d’un Rock qui semble n’avoir pas pris une ride.
Au centre de cette ambiance seventies, difficile de ne pas être hypnotisé par la présence scénique époustouflante de Vanessa Di Mauro. Avec sa voix puissante, chaleureuse et profondément empreinte de Soul, la chanteuse semble puiser autant dans l’énergie de Janis Joplin que dans la puissance de Pat Benatar, donnant aux morceaux une intensité qui complète parfaitement l’univers Blues Rock d’EMERALD MOON.
Les morceaux de leur premier album s’enchaînent, l’ambiance est chaleureuse, conviviale, et le public est ultra réceptif à cette parenthèse un peu plus calme pour souffler un bon coup. Les festivaliers de tout âge dansent, tapent dans leurs mains et le sourire est sur toutes les lèvres.
Et c’est finalement sur « The Sky’s The Limit », morceau éponyme de leur premier album, que le quintet vient clôturer ce voyage dans le temps. Une dernière rasade de Rock seventies avant de refermer cette parenthèse vintage et de laisser le volcan reprendre ses droits.
CHARCOAL
À peine le temps de refermer la parenthèse seventies qu’il est déjà temps de remettre un bon coup de gaz. Avec CHARCOAL, le volcan reprend ses droits et le Rock se fait à nouveau nettement plus sauvage.
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le quatuor francilien n’est pas là pour enfiler des perles. CHARCOAL nous balance son Hard Rock teinté de Sleaze et de Rock’n’Roll, inspiré des plus grands de la scène, de MOTÖRHEAD à MÖTLEY CRÜE, en passant par KISS.
Bref, du Rock’n’Roll comme on l’aime : bruyant, décomplexé et surtout sacrément efficace !
On commence fort avec le morceau « Eat My Fist », enchaîné par « Hey Doc ». Des riffs bien gras, une ambiance lourde et poisseuse et une énergie ultra communicative : pas besoin de réinventer le Rock quand on sait aussi bien le faire sonner que CHARCOAL.
Cyrille Hawlicki, en véritable chef d’orchestre, mène la danse avec une énergie débordante. Multipliant les interactions avec le public, il encourage et embarque la fosse avec lui, tout en conduisant le groupe d’une main de maître. Impossible de rester simple spectateur bien longtemps : Cyrille semble bien décidé à transformer la salle en véritable terrain de jeu !
Et visiblement, rester sagement sur scène, c’est surfait ! Stéphane Labas, guitariste rythmique, décide carrément de descendre dans la fosse pour venir jouer au milieu des festivaliers. Forcément, ça ne pouvait que mettre le feu : circle pits bon enfant, danseurs déchaînés, refrains chantés en chœur et une fosse qui tape du pied à l’unisson. Ici, pas besoin de demander au public de s’ambiancer, ça se fait tout naturellement au rythme effréné de CHARCOAL.
Le set se termine avec « One Night Of Rock’n Roll » et son refrain plus que fédérateur. La complicité entre les membres du groupe est palpable, l’énergie déborde de la scène et la fosse ne demande qu’à suivre le mouvement.
CHARCOAL aura réussi son pari : réveiller définitivement le volcan avec son Rock’n’Roll déchainé. Une chose est sûre, après ça, difficile de rester tranquillement les bras croisés !
WAKING THE SLEEPING BEAR
Et en parlant de réveiller définitivement le volcan… Voilà un groupe qui va s’assurer que l’on soit bien en forme et prêts à en découdre. Car avec WAKING THE SLEEPING BEAR, autant dire que l’ours n’a clairement pas l’intention de rester tranquillement dans sa tanière !
Avec WAKING THE SLEEPING BEAR, retour dans les années 90 et dans les grandes heures du neo Metal, mais avec une recette remise au goût du jour à grands coups de riffs ravageurs, de passages rappés et de sonorités électroniques.
Pari osé pour Adrien Pate, qui chante intégralement en français sur des textes engagés et enragés, sur fond de Rap et de Metalcore bien puissant. Le quatuor jurassien met en lumière des thèmes d’actualité tels que la désinformation, l’aliénation numérique, les dérives médiatiques et politiques… prônant la nécessité d’un éveil collectif dans un monde en constant changement. C’est un groupe qui assume donc complètement sa dimension engagée, mais sans abandonner pour autant l’aspect très physique et explosif de sa musique.
On démarre presque en douceur avec « Grands Maux », avant de monter progressivement en puissance avec notamment « Le Goût de la peur au ventre » et « Plus rien à perdre ». Puis, « Le Feu par le Feu » fait littéralement exploser la fosse. Adrien nous somme de lever un doigt en « l’honneur » du Gouvernement. La lumière est tantôt inexistante, tantôt aveuglante, nous faisant perdre nos repères. Les pogos pleuvent, accompagnés de Wall of Death, les festivaliers lâchent totalement prise et se laissent aller à ce chaos dénonciateur.
Entre riffs ravageurs, textes engagés et une fosse en ébullition, WAKING THE SLEEPING BEAR nous aura offert un véritable électrochoc. Une prestation aussi musclée que vindicative, qui prouve que pour réveiller les consciences, il suffit parfois de quelques riffs ravageurs et d’un bon coup de pieds dans la fourmilière !
FEAT THE SUN
Après cette bonne dose de chaos et de revendications, il est temps de redescendre légèrement en pression. Et quoi de mieux que FEAT THE SUN pour ramener un peu de chaleur et de soleil en cette fin d’après-midi pluvieuse !
Direction Grenoble pour retrouver les six membres de FEAT THE SUN, qui nous proposent un Rock alternatif moderne où se mêlent influences Metal, mélodies Pop accrocheuses et envolées plus aériennes.
Avec ce duo de voix complémentaires, Lucile Bosch, à la voix claire et lumineuse, se mêlant au timbre plus chaud et rocailleux de Farès Mezdour, des compositions à la fois douces et explosives et une énergie débordante, FEAT THE SUN va rapidement apporter une bonne dose de soleil sur le festival. Et lorsque Lucile lâche ses screams, la douceur laisse soudain place à une puissance nettement plus sauvage, déclenchant même un Wall of Death tout en légèreté et en décontraction.
L’énergie déployée sur scène et la complicité entre les membres du groupe, mais aussi avec le public, créent un véritable moment d’émotion et de communion. Lucile et Farès échangent de nombreuses paroles avec les festivaliers, les incitant à se rapprocher et à chanter avec eux.
La setlist est parfaitement taillée pour la scène, enchaînant des moments plus calmes et d’autres beaucoup plus sauvages. Le set débute avec « Invincible », plus axé Pop-Rock, qui permet de commencer assez gentiment avant de rapidement augmenter la cadence avec des titres comme « Paralyzed » ou encore l’immense « Ma meilleure ennemie » de Stromae, reprise dans une version plus rock, plus vitaminée et diablement efficace.
Et le visuel n’est pas en reste ! Au fil du set, Lucile et Farès troquent progressivement leurs premières tenues pour des looks un poil plus extravagants, jusqu’à apparaître dans de superbes tenues pailletées violettes. De quoi renforcer cette impression d’assister à un véritable spectacle, où chaque morceau semble avoir droit à son propre univers. Les festivaliers ont même eu droit à un ballon en plastique volant à travers la fosse, passant de mains en mains et renforçant encore ce sentiment de camaraderie et de convivialité.
Et finalement, alors que la pluie continue de s’abattre sur le festival, FEAT THE SUN aura réussi à faire oublier le mauvais temps pendant 45 minutes. Une prestation lumineuse, généreuse et pleine d’émotions, qui nous rappelle que le soleil peut parfois se trouver là où on ne l’attend pas. Et vu l’énergie déployée sur scène, nul doute que les six Grenoblois ont encore quelques rayons à distribuer !
HEAVYLUTION
Après cette parenthèse ensoleillée, il est temps de remettre un peu de Heavy dans cette deuxième journée ! Et pour ça, difficile de trouver meilleur candidat que HEAVYLUTION.
Retour dans le Forez et plus particulièrement à Saint-Étienne avec ce quintet qui, depuis 2006, fait résonner un Heavy Metal traditionnel et puissant, agrémenté de quelques touches de Thrash. Avec HEAVYLUTION, pas question de révolutionner les codes : on revient aux fondamentaux, avec des riffs accrocheurs, des solos percutants et surtout des refrains taillés pour être repris en chœur.
Le set démarre avec « Children Of Hate », histoire de bien nous décrasser et de chauffer nos articulations. Les titres s’enchaînent, « Obsession », « Deadly Science »… La machine Heavy est lancée ! Les riffs sont ultra puissants, le rythme soutenu est efficace et les refrains sont fédérateurs à souhait.
Le duo de guitaristes, Loïc Chalindar et Olivier Dupont, nous balance un torrent de décibels : on en prend plein les oreilles et les festivaliers adorent ça, au vu des nombreuses têtes qui bougent et des pieds qui tapent. Ils se répondent à grands coups de solos, la température montant encore d’un cran. Paul Eyssette, au chant, est dans une forme olympique, avec une énergie à n’en plus finir et un timbre de voix particulièrement caractéristique du Heavy, puissant et haut perché.
HEAVYLUTION déroule ainsi son Heavy sans fioritures, avec une efficacité redoutable et une belle complicité entre les musiciens et le public.
La conclusion de ce set de 45 minutes se fera sur « Balls Of Steel », qui vient mettre un dernier coup d’accélérateur à une prestation déjà bien musclée. Les solos s’enflamment, les têtes continuent de secouer et la fosse répond une dernière fois présente.
Avec HEAVYLUTION, pas besoin d’artifices : quelques bons riffs, une bonne dose de Heavy et des musiciens qui savent parfaitement ce qu’ils font auront largement suffi à faire trembler le sol du Volcanic fest.
EIGHT SINS
À peine le temps de reprendre notre souffle qu’il est déjà temps de relacer ses Docs et de rengainer sa bière ! Et avec EIGHT SINS, autant dire qu’il va falloir garder la tête et les jambes bien accrochées.
Retour à Grenoble pour retrouver le quatuor de Thrash Hardcore, dont la recette ne tient finalement qu’en quelques mots : des riffs rapides et lourds, une bonne dose de Hardcore et surtout une musique taillée pour foutre le bordel dans le pit.
On commence directement dans le lourd avec « Slice Of Doom », suivi de « Acid Hole », avant d’enchaîner sur « Straight To Namek » et, le moins que l’on puisse dire, c’est que les festivaliers n’ont pas fini de courir et de s’épuiser. Entre circle pits, slams et pogos, le groupe ne laisse pas beaucoup de temps au public pour rester tranquillement planté sur ses deux pieds. Et s’il y a bien une chose que les Grenoblois maîtrisent, c’est l’art de transformer un concert en joyeux chaos.
Loïc Pouillon, au micro, s’amuse, provoquant les festivaliers mais aussi les bénévoles en charge de la sécurité. Il balance que les agents de sécurité ne sont absolument pas débordés et que, par conséquent, il fallait beaucoup plus de slammers et de bordel… Aussitôt dit, aussitôt fait : le public s’exécute et on assiste à une véritable marée humaine de slammers se bousculant au niveau des barrières.
Et comme si ça ne suffisait pas, que la salle n’était pas déjà en pleine ébullition, Loïc décide d’aller nous chercher quelques objets pour encore plus de chaos. Les armes du crime ? Des frites en mousse qui trouvent normalement leur place à la piscine plutôt que dans un pit fou furieux de festival. Voilà qu’une bataille géante de frites s’engage au sein de la fosse. Une retombée en enfance immédiate pour tout metalleux nostalgique !
Mention spéciale à EIGHT SINS pour avoir lancé un « Only Girl Circle Pit » ! Voir la fosse se remplir exclusivement de femmes, de tous les âges, sourire aux lèvres, était aussi drôle que touchant. Un joli moment de complicité, de féminisme et de rigolade collective, où les filles se sont donné à cœur joie pour aller gentiment botter l’arrière-train du patriarcat à grands coups de moshpit et de headbang, aussi violent que bon enfant !
EIGHT SINS, c’est avant tout une énergie déjantée, des riffs brutaux et un Thrash à vous décrocher les cervicales. En bref, un moment aussi improbable que génial, qui restera clairement comme l’un des passages les plus loufoques et mémorables du week-end !
SILVER DUST
Exit les frites en mousse et les circle pits déjantés. Place à une ambiance nettement plus sombre, en compagnie de figures étranges, costumées et masquées. Le Volcanic Fest s’apprête à basculer dans un univers pour le moins étrange avec SILVER DUST.
21h30 sonne, la nuit commence à tomber, et c’est avec nos voisins suisses que le festival se poursuit. Entre Rock Gothique, Metal et touches Progressives, SILVER DUST développe un univers aussi sombre que théâtral, où la musique et l’image semblent indissociables.
Et autant dire que le groupe ne fait pas les choses à moitié. Dès son arrivée sur scène, costumes, maquillages, masques et accessoires donnent immédiatement le ton. Lord Campbell attire directement le regard avec son costume classieux surmonté d’une longue cape, son haut-de-forme, sa canne et sa lanterne à la main, ses yeux blancs sondant le public… Les autres membres du groupe ne sont pas en reste et on ne sait rapidement plus où poser notre regard.
Avec SILVER DUST, on ne vient pas simplement assister à un concert : on embarque pour un véritable spectacle, quelque part entre cabaret gothique, théâtre macabre et conte fantastique.
La setlist démarre avec « Ghost Song » en guise d’introduction, suivi de « Fire! » et « I’m Flying ». Les Suisses nous envoient un Rock théâtral d’une précision chirurgicale. Tout est millimétré, pensé, réfléchi et ça fonctionne à la perfection. C’est sombre, envoûtant, Lord Campbell exsude un charisme magnétique, les guitares balancent des riffs électriques et Mr. Killjoy, à la batterie, est diaboliquement dérangeant. Hyper expressif, multipliant les grimaces, il instaure un rythme dément.
Avec ses costumes extravagants, ses personnages inquiétants et son univers à mi-chemin entre le freak show d’AVATAR, l’imagerie de LORDI et l’esthétique gothique de Tim Burton, SILVER DUST semble tout droit sorti d’un étrange conte victorien.
Et comme si cette plongée dans leur univers ne suffisait pas, Lord Campbell et Neiros nous offrent un véritable duel de guitares autour de la célèbre « Toccata et Fugue en ré mineur » de Bach. Un passage aussi inattendu que spectaculaire, où le classique rencontre le Metal dans une mise en scène parfaitement à l’image de SILVER DUST : théâtrale, gothique et résolument décalée.
La chaleur avait déjà atteint un niveau record, mais lorsqu’Amon Ra, artiste cracheur de feu, débarque sur scène pour une démonstration flamboyante, le mercure grimpe encore d’un cran. Les flammes viennent alors ajouter une nouvelle dimension au spectacle, faisant de la scène un véritable cabaret de l’étrange.
Le set se conclut en apothéose avec « Symphony Of Chaos ». Et quelle meilleure façon de refermer ce chapitre qu’avec un morceau portant un tel nom ? Entre Metal, performances théâtrales et personnages fantasques, SILVER DUST nous aura offert bien plus qu’un simple concert : une véritable plongée dans son univers, aussi fascinant qu’inquiétant. Une parenthèse hors du temps, où chaque détail semble avoir été pensé pour nous faire perdre un peu plus nos repères.
KLONE
On change totalement d’ambiance et d’atmosphère pour l’avant-dernier groupe de cette soirée. Il est temps de ralentir le rythme, de laisser retomber la tension et de se laisser porter par les paysages sonores de KLONE. A-t-on encore besoin de présenter le groupe ?
Originaire de Poitiers, KLONE évolue depuis plus de vingt ans entre Metal et Rock Progressif et sonorités plus atmosphériques. Au fil des années, le groupe a développé une identité singulière, capable de faire cohabiter puissance métallique, mélodies contemplatives et ambiances presque cinématographiques. Une musique qui ne cherche pas forcément à nous faire bouger, mais plutôt à nous faire voyager.
Et après les costumes, les flammes et le chaos des groupes précédents, cette parenthèse tombe finalement à point nommé. Il est 23h, la nuit est désormais bien installée sur le festival, les lumières se tamisent et KLONE s’apprête à transformer la salle en une véritable bulle hors du temps.
Dès les premières notes de « The Unseen », on plonge dans une ambiance hypnotique, une véritable catharsis. La voix si puissante et reconnaissable de Yann Ligner nous emporte loin, nous faisant oublier nos problèmes, nos doutes, nos interrogations… On ferme les yeux et on se laisse aller.
Les montées en puissance accompagnent les moments plus calmes, plus mélancoliques, créant un véritable jeu de contrastes qui donne toute sa profondeur aux compositions. Et en parlant de jeux de contrastes, difficile de ne pas évoquer les incroyables jeux de lumières qui accompagnent le set, créant une ambiance surréaliste et mélancolique et apportant une véritable dimension poétique à l’ensemble.
La setlist s’enchaîne avec des morceaux assez récents comme « Magnetic » ou encore « After The Sun ». Mais le groupe n’oublie pas pour autant ses classiques avec notamment « Immersion » et « Nebulous ». Tous deux issus de « Here Comes The Sun », sorti en 2015, ils nous font retrouver une facette plus ancienne de KLONE, sans que ces morceaux ne paraissent le moins du monde dépassés. Au contraire, ils s’intègrent parfaitement au reste de la setlist et viennent rappeler le chemin parcouru par le groupe au fil des années. Les morceaux s’enchaînent ainsi avec une fluidité presque naturelle, nous faisant passer d’un univers à l’autre sans jamais rompre cette atmosphère particulière.
Et c’est probablement là que réside toute la force de KLONE : réussir à captiver sans avoir besoin d’en faire constamment plus. Ici, pas de débauche d’artifices ni de mise en scène spectaculaire : la musique se suffit à elle-même et nous laisse les yeux ébahis, comme suspendus hors du temps.
SICKMIND
Et alors qu’on pensait pouvoir tranquillement terminer cette deuxième journée sur cette parenthèse hors du temps, le volcan n’a clairement pas dit son dernier mot ! Pour clôturer cette journée, il va falloir réveiller les cervicales et surtout retrouver un peu d’énergie. Car avec SICKMIND, autant dire que la nuit ne va pas se terminer dans le calme.
Les quatre Bordelais ne sont pas là pour faire dans la dentelle et sont là pour réveiller nos articulations grinçantes. Avec un court set de 30 minutes, le challenge n’est pourtant pas aisé. SICKMIND est bien décidé à nous remettre les pieds sur terre, et plutôt brutalement, avec son Death Metal moderne aux accents Groove.
À peine les premières notes de l’introduction et de « Shedding Skin » résonnent que la fatigue accumulée au fil de cette longue journée semble déjà s’envoler. Les riffs sont lourds, les rythmiques claquent et la batterie ne laisse absolument aucun répit aux derniers festivaliers survivants. Après plus de douze heures de festival, il fallait quand même avoir une sacrée dose d’énergie pour venir nous achever à cette heure-ci… Et visiblement, SICKMIND l’a trouvée !
Arthur Nouhaud, au chant, déploie une énergie tonitruante, valdingue d’un bout à l’autre de la scène, balance des screams d’une clarté impressionnante et multiplie les interactions avec le public. Les festivaliers sont totalement réceptifs et les pogos, circle pits et wall of Death pleuvent dans la salle pour cette dernière claque de la journée.
Et alors que les dernières réserves d’énergie semblaient avoir disparu depuis longtemps, SICKMIND en remet une dernière couche avec « New God ». Le morceau vient clôturer le set dans une véritable déferlante de riffs et de violence, achevant les derniers survivants sur une ultime montée en puissance.
Après plus de douze heures de musique, de pogos, de flammes, de riffs et de découvertes, il fallait bien une dernière décharge pour venir à bout de cette deuxième journée. SICKMIND aura parfaitement rempli sa mission : nous achever… tout en nous donnant paradoxalement l’impression d’avoir retrouvé un dernier sursaut d’énergie. Le volcan peut enfin commencer à s’endormir, enfin, du moins jusqu’au lendemain.
Une journée riche en émotions, en découvertes et en secousses s’achève ! Les jambes ressemblent désormais à du coton, les tympans vibrent encore et les cervicales ne tiennent plus qu’à un fil. Après plus de douze heures de concerts, le corps est éreinté, l’appareil photo encore fumant et les souvenirs déjà plein la tête.
De l’Égypte antique d’AMON SETHIS aux flammes de NARAKA, du Rock seventies d’EMERALD MOON au chaos déjanté d’EIGHT SINS, sans oublier l’univers théâtrale de SILVER DUST, l’ambiance cinématographique de KLONE et l’ultime déferlante de SICKMIND, cette deuxième journée nous aura une nouvelle fois prouvé que le Volcanic Fest sait faire cohabiter des univers radicalement différents sur une même scène.
Alors maintenant, une petite tisane, un Doliprane pour les courbatures et au lit ! Parce que la nuit risque d’être courte… Très courte.
Ramassez vos cervicales, rechargez vos batteries et préparez-vous à remettre les pieds dans le cratère : le troisième et dernier jour d’éruption nous attend déjà !!!





























































































































































































































































































































































































































