Il y a des groupes qui traversent les décennies avec une constance presque insolente. TREAT fait partie de ces rescapés brillants, capables non seulement de survivre à plusieurs époques musicales, mais aussi de les absorber, de les transformer et d’en ressortir plus solides à chaque album. « The Wild Card », leur nouvelle offrande, s’inscrit dans cette lignée : un disque ample, inspiré, profondément mélodique, où le hard-rock scandinave prouve une fois de plus qu’il possède une élégance et une identité à nulle autre pareille.
Plutôt que de céder à la nostalgie facile ou à la surenchère moderniste, TREAT choisit ici une voie médiane : celle d’un groupe conscient de son héritage, mais déterminé à explorer de nouveaux angles d’écriture. Et ce sont précisément ces nuances, cette volonté de raconter davantage qu’une simple succession de riffs et de refrains, qui donne à « The Wild Card » sa cohérence et sa force.
Un début d’album qui claque. Out With A Bang : L’ouverture ne laisse aucun doute : TREAT veut frapper fort. La guitare s’emballe immédiatement, les chœurs explosent, la production est large et moderne. Le morceau irradie d’une énergie contagieuse, comme un moteur qui se remet à tourner après un long hiver. Tout est là : l’assurance, la précision, la volonté d’ouvrir l’album par une déflagration pleinement assumée.
Rodeo : Changement d’atmosphère mais pas de dynamique. Ici, la rythmique roule comme un cheval lancé au galop, un groove subtil habite les couplets et un refrain accrocheur élève le morceau. TREAT s’amuse avec les codes du rock américain sans perdre la patte scandinave qui adoucit les angles et sublime les mélodies.
Entre lumière et nostalgie : l’ADN du groupe pleinement assumé, 1985 : Impossible de passer à côté du clin d’œil. Ce titre est un véritable hommage à l’époque dorée du rock mélodique, mais jamais dans le pastiche. Les claviers couleur néon, la guitare éclatante, le refrain lumineux : tout semble taillé pour réveiller les souvenirs de cassettes usées. L’un des morceaux les plus fédérateurs du disque.
Endeavour : TREAT montre ici un côté plus narratif et plus progressif. La chanson se déploie en plusieurs mouvements, entre tension contenue et envolées puissantes. Le groupe y dévoile une profondeur rarement atteinte, soutenue par des arrangements subtils qui enrichissent chaque écoute.
Hand On Heart : Premier temps fort émotionnel de l’album. Semi-ballade, mid-tempo mélancolique, elle frappe par la sincérité de son interprétation. Les guitares sont plus douces, la voix se fait plus vulnérable, et la progression harmonique est d’une finesse remarquable. Un moment suspendu.
Heaven’s Waiting : Un hymne dans le plus pur style TREAT : optimiste, survolté, baigné de lumière. Les claviers jouent un rôle central, habillant le morceau d’une aura large et aérienne. Le solo de guitare, élégant et parfaitement intégré, ajoute une dose d’émotion supplémentaire.
Le cœur nerveux du disque : puissance, groove et noirceur, Back To The Future : TREAT renoue ici avec son côté le plus fun : tempo rapide, refrain immédiat, énergie débordante. Un morceau pensé pour la scène, où l’on imagine sans difficulté un public bondissant dès les premières secondes.
Mad Honey : Probablement l’un des titres les plus sombres de l’album. Les riffs s’alourdissent, la rythmique devient plus menaçante. Le refrain, lui, joue sur les contrastes entre dureté et sucré amer. Une vraie réussite dans l’exploration des teintes moins lumineuses du groupe.
Adam & Evil : TREAT adopte ici une posture quasi-théâtrale : tension dramatique, textes à double lecture, noirceur élégante. Les orchestrations donnent une dimension cinématique au morceau. On y retrouve une facette plus expérimentale de l’album qui enrichit son équilibre global.
La dernière ligne droite : majesté, énergie nocturne et émotion pure, Your Majesty : Titre noble, ample, presque cérémonial. Le groupe y travaille les textures sonores avec une grande précision. Un morceau qui respire la maturité, sans renier le plaisir mélodique qui a toujours fait sa force.
Night Brigade : Retour à un rock nerveux, nocturne, éminemment scandinave. Les couplets pulsent, le refrain s’envole. Impossible de ne pas penser au potentiel live impressionnant de ce titre.
In The Blink Of An Eye : Nouvelle parenthèse émotionnelle, mais plus introspective que Hand On Heart. Le morceau développe une sensation d’urgence douce-amère, comme une réflexion sur le passage du temps. Un des sommets émotionnels de l’album.
One Minute To Breathe : Pour conclure, TREAT opte pour un final atmosphérique, profondément humain et particulièrement touchant. Une ballade sensible, presque fragile, qui referme le disque en douceur et en beauté. Une respiration après un voyage intense.
Un disque d’une richesse remarquable « The Wild Card » est un album généreux, maîtrisé, profondément inspiré. TREAT parvient à y concilier puissance, élégance, nostalgie et modernité, sans jamais sacrifier l’émotion ou la sincérité. Treize morceaux, aucun remplissage, une diversité qui tient toujours debout, un vrai sens de l’arrangement et une production qui met toute la lumière sur le travail du groupe.
C’est un album qui confirme que TREAT n’est pas un groupe survivant du passé, mais un acteur pleinement vivant du présent, peut-être même à l’un des sommets de sa carrière.
Artiste : TREAT
Album : The wild card
Date de sortie : 21 Novembre 2025
Label : Frontiers Music s.r.l
