Avec « Anteroom », FAUXX signe un retour abrasif et dense, un manifeste de metal industriel où la tension permanente devient langage. Le groupe refuse l’immobilité : chaque piste agit comme une poussée, un choc, une fissure dans les murs d’une antichambre saturée de signaux, d’alertes et de pulsations déformées.
La guerre intérieure : L’album s’ouvre avec Hyperwar, pièce explosive, qui annonce d’emblée l’intention : rythmes martiaux, distorsions métalliques, urgence totale. FAUXX y déploie un mur sonore presque panique, comme la bande-son d’un monde surchargé d’informations où le bruit devient menace. Dig enfonce le clou. Plus mécanique, plus lourd, c’est un morceau au groove gratté à vif, un forage dans la matière brute, avec des guitares qui claquent comme des vérins hydrauliques. Le groupe trouve ici un équilibre redoutable entre répétition hypnotique et violence froide.
La désolation, puis la révélation : Sun Of Despair est l’un des passages les plus atmosphériques de l’album. FAUXX y joue sur la lenteur, la corrosion émotionnelle. Les nappes synthétiques s’étirent comme des filaments brûlants, tandis que la voix, presque spectrale, évoque un soleil noir écrasant tout sous son poids. Puis arrive The Revealer, moment fort du disque grâce à l’intervention de Diego Janson (Karras). Sa présence ajoute une profondeur supplémentaire : un dialogue vocal presque liturgique, plongé dans une tempête rythmique. Le morceau alterne prédication sombre et déflagrations industrielles, un rituel mécanique qui marque durablement l’écoute.
Le cœur de l’album : chair, données et contamination : avec Burnt Velvet Retinas, FAUXX propose une vision corrosive, presque cyberpunk : textures abrasives, pulsations fragmentées, impression de rétines brûlées à force d’observer l’indicible. Le titre frôle l’angoisse sensorielle. Latch On réintroduit un rythme plus direct, plus contagieux, un morceau d’accroche, taillé pour la scène, où la tension se resserre inexorablement. Demiurge Data, lui, accélère le concept vers une dimension quasi philosophique : une création algorithmique, une naissance artificielle. Le morceau combine motifs électroniques et riffs massifs, suggérant un monde où la matière et la donnée fusionnent.
Un final toxique : Here Comes The War, reprise de NEW MODEL ARMY, est remodelée par FAUXX comme une masse industrielle battante. Froid, dystopique, mais chargé d’une puissance émotionnelle indéniable, ce cover affirme clairement les influences tout en donnant au morceau une nouvelle peau, blindée et moderne.
Enfin, Poison Life clôt « Anteroom » comme une décharge terminale. L’ambiance devient plus suffocante, plus intime aussi : un dernier souffle contaminé, un constat lucide sur un monde saturé et une excellente sortie, qui laisse un sillage amer mais mémorable.
« Anteroom » est un album tendu, précis, sculpté dans le métal et l’électricité. FAUXX y affine son langage, mêlant violence mécanique et introspection corrosive. Les 49 minutes passent comme une plongée en immersion totale dans un univers oppressant mais fascinant, une antichambre où chaque son est une menace, chaque silence un piège, chaque morceau une étape vers l’inévitable. Un disque massif, cohérent et sans concession.
Artiste : FAUXX
Album : Anteroom
Date de sortie : 21 Novembre 2025
Label : M&O Music
