
Chez DEGREED, il y a cette façon rare de faire sonner le rock comme une dernière salve de lumière avant que la salle ne s’éteigne.
Avec « Curtain Calls », le groupe suédois avance au bord du rideau, non pas pour disparaître, mais pour mieux revenir, plus net, plus dense, plus “concentré” que jamais. L’album est sorti chez Frontiers Music Srl le 10 avril 2026 (le label), tandis que certaines plateformes l’affichent un peu plus tard en avril selon les précommandes et la disponibilité.
Ce qui frappe d’abord, c’est l’intention : DEGREED ne réinvente pas sa recette, il la resserre comme on resserre un nœud avant d’entrer en scène. Production contemporaine, exécution solide, sens du refrain à la fois immédiat et élégant. L’album est présenté comme l’un des plus “forts” et des plus “focus” de leur carrière, produit par Mats Eriksson, avec cette recherche d’équilibre entre technicité et accessibilité qui fait leur signature.
Dans les mots de Robin Eriksson, on entend surtout une forme d’urgence calme, celle d’un musicien qui sait enfin exactement ce qu’il veut graver : « I’ve never been as focused ».
Peu de mots, mais tout est là, l’idée d’un disque conçu comme une trajectoire, sans détour superflu.
« Curtain Calls » s’inscrit aussi dans une histoire déjà riche. Depuis « Life, Love, Loss » (2010), DEGREED a construit un rock mélodique qui regarde autant vers les classiques que vers le présent, et a continué d’avancer malgré les coups d’arrêt, notamment à l’époque de « Lost Generation » (2019) et de l’impossibilité de tourner, remplacée par un morceau-bilan, « The World We Knew », comme une photographie sonore d’une année trouble. Puis sont venus « Are You Ready » (2022), « Public Address » (2023) et l’EP de trésors exhumés « The Leftovers – Volume I » (2025), autant d’étapes qui mènent à ce nouveau lever de rideau.
Sur le plan des chansons, le disque déroule une dramaturgie très “scène”. Ça démarre comme un moteur qu’on lance à pleine poitrine avec « One Helluva Ride », puis ça alterne tension et éclat, la nostalgie qui mord dans « Holding On To Yesterday », la grande ouverture mélodique de « Believe » (mise en avant par le label), l’élan presque protecteur de « Guiding Light », jusqu’aux zones plus sombres et intimes que la communication autour de « Broken Dreams » laisse deviner.
Derrière cette précision, il y a un line-up qui sonne comme une mécanique parfaitement huilée : Robin Eriksson (basse/chant), Mats Eriksson (batterie), Mikael Blanc (claviers), Daniel Johansson (guitares). Un quatuor qui connaît la valeur d’un refrain simple mais jamais simpliste et l’art de faire briller les détails (un clavier qui scintille, une guitare qui tranche, une rythmique qui pousse sans écraser).
Au fond, « Curtain Calls » porte bien son nom. C’est un album qui parle du moment où l’on croit que tout se termine alors qu’en réalité, c’est là que l’on choisit ce qu’on veut laisser résonner. Et si le rideau tombe, c’est surtout pour mieux faire entendre l’écho, celui d’un groupe qui maîtrise son art, et qui transforme la dernière note… en promesse de rappel.

Artiste : DEGREED
Album : Curtain Calls
Date de sortie : 24 Avril 2026
Label : Frontiers Music Srl




