
IMPURE WILHELMINA « Le sanglot », ou la beauté d’une faille qui ne se cache plus
Il y a des albums qui frappent comme une colère, et d’autres qui arrivent comme une gorge qui se serre.
IMPURE WILHELMINA choisit la seconde voie avec « Le sanglot » (souvent évoqué simplement comme “sanglot”). Un titre qui dit l’humain sans fard, et un disque entièrement écrit et chanté en français pour la première fois dans l’histoire du groupe.
Sortie annoncée le 22 mai 2026 chez Season of Mist.
Ce virage n’a rien d’un artifice, il ressemble à un rapprochement. Le français, ici, n’est pas un décor, c’est une lame plus proche de l’os, une façon de nommer la douleur sans la rendre “jolie”. La musique, elle, continue de marcher sur cette ligne de crête qui fait la singularité d’IMPURE WILHELMINA avec une lourdeur qui sait se retirer, des éclats qui n’annulent jamais l’ombre, et cette sensation constante d’être pris entre deux souffles entre celui qui écrase, et celui qui relève.
On le sent dès « Blanche réalité« , dévoilée comme une entrée froide, presque clinique. L’émotion n’y est pas surjouée, elle est tenue, comprimée, jusqu’à devenir physique.
Et quand « Train mort« surgit avec la présence de Mütterlein, le morceau gagne une âpreté supplémentaire, une friction, un vertige, comme si le disque acceptait enfin d’ouvrir les vannes de l’abrasion.
La fabrication sert cette intensité. L’album a été enregistré et mixé par Yvan Bing au Kitchen Studio à Genève, puis masterisé par Magnus Lindberg au Redmount Studio à Stockholm, soit une chaîne qui garde le grain organique tout en donnant à l’ensemble une netteté implacable, sans “lisser” la cicatrice.
Derrière cette mue, il y a aussi un corps de groupe plus large, plus dense. Michael Schindl demeure la voix et la main qui guident la trajectoire, entouré de Mario Togni, Sébastien Dutruel, et du guitariste Edouard Nicod, dont l’arrivée est présentée comme un enrichissement décisif du processus et de l’architecture sonore.
Et puis il y a la dramaturgie des titres, sans avoir besoin d’en faire un inventaire : d’un côté « Électricité noire« , de l’autre « À jamais radieuse« . Entre les deux, des morceaux qui portent des noms comme des bleus.
« Cent mille plaies« , « Abîme« , « Larmes de joie » et qui racontent une chose simple : la lumière n’est jamais pure, et la tristesse n’est jamais stérile.
Au fond, « Le sanglot » ressemble à un geste de vérité : ne plus contourner l’émotion, ne plus la maquiller, l’assumer dans sa langue la plus intime et la transformer en matière sonore.
Un disque qui ne promet pas la guérison, mais offre mieux, une façon de tenir debout au milieu de ce qui tremble, et de faire du chagrin non pas une fin… mais une force qui continue de chanter.

Artiste : IMPURE WILHEMINA
Album : Le sanglot
Date de sortie : 22 mai 2026
Label : Season of Mist




