Live Report CHARITABLE METAL FEST 2025 – 22/11/2025 – L’Empreinte – Savigny Le Temple
Enzo Cirillo, photographe et redacteur pour Metal Rock Magazine, était sur place pour immortaliser cette soirée !
La deuxième édition du Charitable Metal Fest a tenu ses promesses, mêlant solidarité et scènes explosives dans la salle de L’Empreinte. Présidé par le professeur Laurent Karila, ce rendez-vous caritatif soutenant la lutte contre la paralysie cérébrale a offert une affiche éclectique, représentative de la diversité actuelle de la scène metal française.
SAT ONE
SAT ONE a ouvert le festival avec un set qui mise clairement sur la composition et la structure plutôt que sur l’impact frontal.
Leur approche progressive, mêlée à des éléments alternatifs, repose sur des morceaux aux développements longs, parfois déroutants en début de soirée. Néanmoins, le groupe a montré une bonne maîtrise technique et un sens du détail appréciable. Les musiciens restent concentrés, posant des atmosphères plutôt que cherchant à “secouer” directement le public.
Le son d’ouverture n’a pas toujours servi leur finesse, mais malgré cela, certains passages plus aérés ont permis de mettre en lumière leur travail sur les textures et les nuances. Une prestation sérieuse, appliquée, qui donne une idée claire de leur démarche artistique.
INWARD
INWARD a pris le relais avec une approche beaucoup plus immédiate. Leur deathcore/metalcore moderne s’appuie sur une précision rythmique solide et un sens du placement qui met en valeur la dynamique de leurs morceaux. Le groupe ne surcharge pas son propos : chaque break, chaque accélération et chaque passage mélodique semblent réfléchis pour garder l’auditeur dans le rythme.
En live, cette rigueur est un de leurs atouts. Le chanteur parvient à alterner les techniques vocales sans rupture, soutenu par une section instrumentale qui reste stable même lors des variations rapides. Le public a réagi positivement à cette efficacité, et le groupe s’est imposé comme une montée logique en intensité dans la progression du festival.
KAMIZOL K
KAMIZOL-K a opéré un net basculement dans un registre plus abrasif. Leur mélange de hardcore et de death metal se distingue par une exécution volontairement rugueuse, où l’intention prime sur la recherche d’un rendu lissé. Le duo vocal, très présent, donne un relief singulier à leur performance et contribue à l’identité sonore du groupe.
Sur scène, la formation ne cherche pas à arrondir les angles : riffs lourds, tempo appuyé, sections presque chaotiques par moments. Mais cette approche fonctionne car elle est totalement assumée.
Leur set a apporté un contraste marqué avec les groupes précédents, instaurant une énergie brute qui a touché une partie du public. Une prestation intense, sans faux-semblants, qui remplit parfaitement son rôle dans une soirée variée.
KAMI NO IKARI
KAMI NO IKARI a proposé un ensemble plus construit, jouant sur l’équilibre entre sections mélodiques et agressivité deathcore. Leur esthétique, influencée par la culture japonaise, ne sert pas uniquement de visuel : elle se reflète aussi dans certains choix harmoniques et dans une volonté d’installer des ambiances plus travaillées.
Musicalement, les transitions sont bien gérées, ce qui permet d’éviter l’écueil du collage artificiel entre douceur et violence. Leur prestation montre un groupe encore en évolution mais déjà suffisamment sûr de lui pour imposer une identité cohérente. Sur scène, ils ont su garder une ligne claire, en évitant de tomber dans l’excès ou la dispersion. Le résultat est un set propre, contrôlé, qui a apporté une touche plus atmosphérique au milieu de la soirée.
DAGOBA
DAGOBA a clôturé la soirée avec l’assurance d’un groupe rompu à l’exercice. Leur groove metal agrémenté d’éléments industriels est taillé pour le live, et cela se ressent immédiatement dès les premiers titres. La rythmique lourde, les samples travaillés et les riffs percutants forment un ensemble homogène, que le groupe délivre sans hésitation.
Sur scène, DAGOBA s’appuie sur une exécution précise et une maîtrise de son espace sonore. Les transitions sont fluides, les passages plus atmosphériques sont bien intégrés, et la montée en intensité logique. Ce n’est pas une prestation cherchant à surprendre à tout prix : c’est un groupe expérimenté qui connaît parfaitement ses forces et les met en œuvre avec efficacité. Une conclusion solide et professionnelle qui a offert une fin de soirée à la hauteur de l’affiche.
