Live Report DIMMU BORGIR + BEHEMOTH + DARK FUNERAL – 16/10/2026 – Le Zénith – Paris

Enzo Cirillo rédacteur pour Metal Rock Magazine, était sur place pour immortaliser cette soirée !
Réunir Behemoth, Dimmu Borgir et Dark Funeral sur une même affiche, voilà une proposition qui avait de quoi faire rêver les amateurs de black metal. Trois formations majeures, trois approches différentes de l’extrême et une production à la hauteur de leurs ambitions : cette date parisienne de la tournée In League With Satan avait tous les ingrédients pour marquer les esprits. Malheureusement, si les groupes ont globalement tenu leurs promesses, le comportement d’une partie du public pendant la prestation de Dimmu Borgir est venu sérieusement ternir la soirée.
DARK FUNERAL
C’est Dark Funeral qui ouvre les hostilités. Les Suédois n’ont pourtant qu’une trentaine de minutes pour convaincre, mais ils n’ont pas besoin de davantage pour imposer leur black metal glacial et agressif. Avec « Unchain My Soul », « The Secrets of the Black Arts » et « Let The Devil In », le groupe déroule une sélection des plus efficaces. Le set est (trop) court, mais suffisamment intense pour rappeler que Dark Funeral reste une valeur sûre du genre. On aurait simplement aimé pouvoir profiter de quelques morceaux supplémentaires.

BEHEMOTH
Place ensuite à Behemoth, qui déploie une production scénique particulièrement imposante. Derrière un rideau servant d’écran à l’introduction, le groupe polonais dévoile une scénographie à plusieurs niveaux, accompagnée d’un jeu de lumières travaillé, de fumée et d’effets pyrotechniques. Nergal, Orion et Seth occupent l’espace avec assurance, multipliant les déplacements tandis que les flammes viennent souligner les passages les plus marquants.
Musicalement, la formation ne fait aucun compromis. « Daimonos » lance les hostilités avant une succession de titres qui traversent plusieurs périodes de sa discographie, de « Ora Pro Nobis Lucifer » à « Conquer All », en passant par « Blow Your Trumpets Gabriel » et « Ov Fire and the Void ». Le récent « I, Scvlptor » trouve également sa place dans cette sélection, aux côtés de « The Shit Ov God », particulièrement taillé pour la scène. Behemoth alterne ainsi les séquences brutales et les passages plus solennels, avec une exécution précise qui renforce l’impact de compositions déjà massives.
Nergal sait également jouer avec son public, avec qui il interagit entre deux morceaux, tandis que les musiciens profitent pleinement des différents niveaux de la scène. Les effets pyrotechniques ajoutent une dimension spectaculaire à l’ensemble, sans jamais prendre le dessus sur la musique. « Chant for Eschaton 2000 » et « O Father O Satan O Sun » viennent conclure une prestation solide, qui confirme une nouvelle fois la capacité de Behemoth à transformer ses concerts en véritables spectacles.

DIMMU BORGIR
Mais la soirée doit encore accueillir son autre tête d’affiche : Dimmu Borgir. Après 6 ans d’absence dans la capitale (leur dernier passage datant de janvier 2020 au Bataclan), les Norvégiens retrouvent enfin le public parisien avec un décor qui tranche avec celui de Behemoth. Structures monumentales, symboles occultes, éclairages imposants et effets pyrotechniques composent un environnement qui accompagne parfaitement leur black metal symphonique.
Le groupe démarre avec « Ulvgjeld & Blodsodel », issu de son nouvel album, avant de retrouver rapidement des classiques comme « Mourning Palace » et « Kings of the Carnival Creation ». La setlist navigue ensuite entre morceaux récents et incontournables, avec notamment « The Serpentine Offering », « Puritania », « Gateways » et « Progenies of the Great Apocalypse ». Le son se montre particulièrement précis, laissant les orchestrations et les arrangements symphoniques soutenir la puissance des guitares. Shagrath et les autres membres du groupe assurent leur prestation avec sérieux, même si les nombreux effets de fumée finissent parfois par masquer une partie de la scène.
Pourtant, le véritable problème de ce concert ne vient ni du son ni de la performance des musiciens. Il vient de la fosse. Pendant une bonne partie du set de Dimmu Borgir, une partie du public semble davantage intéressée par les embrouilles et autres altercations physiques plutôt que par le show… Difficile de profiter pleinement d’une telle prestation lorsque l’attention est régulièrement détournée par des individus incapables de se comporter correctement au milieu des autres spectateurs.
Qu’on apprécie le mouvement dans la fosse, qu’on ait envie de se dépenser ou de vivre le concert intensément, c’est une chose, mais pas au détriment des autres spectateurs venus passer une bonne soirée et profiter normalement des concerts. Mais chercher la confrontation et en venir aux mains pendant un concert n’a rien à voir avec cette énergie. Au final, ce sont ces quelques personnes totalement dénuées d’éducation et qui semblent oublier qu’elles partagent un espace avec des centaines d’autres qui empêchent les fans venus pour la musique de pleinement profiter de la soirée. Le résultat est franchement désolant : au lieu de pouvoir se concentrer sur Dimmu Borgir, il faut composer avec cette agitation parasite. Pour une affiche de cette envergure, c’est particulièrement regrettable.
La soirée réserve malgré tout un dernier moment fort lorsque Nergal rejoint Dimmu Borgir sur scène pour interpréter « In League With Satan », la reprise de Venom qui donne son nom à la tournée. Une collaboration symbolique entre les deux têtes d’affiche, avant que les Norvégiens ne terminent avec « Progenies of the Great Apocalypse ».
Au final, cette date parisienne aura offert l’une des plus belles, si ce n’est la plus belle affiche de l’année, avec trois prestations de black metal aux identités bien distinctes : la brutalité directe de Dark Funeral, le spectacle soigneusement orchestré de Behemoth et les arrangements symphoniques de Dimmu Borgir. Sur scène, l’affiche a tenu ses promesses. Dans la fosse, malheureusement, certains ont trouvé le moyen de gâcher une partie de l’expérience.
Il reste le souvenir de trois groupes majeurs réunis le temps d’une soirée, avec des productions ambitieuses et des morceaux qui ont marqué l’histoire du genre. Mais un concert ne se résume pas à ce qui se passe sur scène : le public participe lui aussi à l’expérience. Et ce soir-là, certains auraient franchement mieux fait de rester chez eux.

Un immense merci à LIVE NATION pour leur confiance, l’accueil irréprochable et les accréditations qui nous ont permis de documenter cette soirée exceptionnelle dans les meilleures conditions.




