Live Report DON BROCO + SNAYX – 25/06/2026 – La Machine Du Moulin Rouge – Paris

Fanny, photographe pour Metal Rock Magazine, était sur place pour immortaliser cette soirée !
Paris a droit à un privilège rare ce soir : accueillir la dernière date de la tournée européenne de DON BROCO. Une tournée qui a traversé le continent pendant plusieurs semaines et qui trouve son épilogue dans une salle bondée où l’on sent déjà, avant même la première note, que personne n’a envie de voir cette aventure se terminer.
Mais avant cela, place à SNAYX.
Le trio britannique débarque sans fioritures. Deux hommes, une batteuse, et une seule mission : retourner la salle. Charlie Herridge occupe immédiatement l’espace tandis qu’Ollie Horner fait rugir sa basse avec une présence presque intimidante. Derrière eux, Lainey Loops impressionne par sa frappe aussi puissante que précise. À eux trois, ils produisent un mur du son qui semble défier toute logique.
Dès « Work », la température grimpe de plusieurs degrés. Le groupe joue avec une urgence permanente, quelque part entre punk, électro et rock alternatif. Par moments, les rythmiques évoquent clairement THE PRODIGY, notamment dans cette manière d’injecter une énergie rave dans une structure punk. Pourtant, derrière cette agressivité contrôlée, transparaît également quelque chose de profondément britannique. Certaines mélodies et certains phrasés rappellent l’héritage de THE VERVE ou d’OASIS, comme si la tradition des grandes chansons anglaises venait se fracasser contre une sono saturée.
Impossible également de ne pas penser à KID KAPICHI, tant dans l’attitude que dans la façon de transformer la colère sociale en hymnes fédérateurs. Une comparaison que SNAYX n’aurait sans doute aucun mal à accepter tant les deux groupes partagent le même ADN.
La setlist s’enchaîne sans temps mort : « FAYX », « Sink Or Swim », « Braincells », « Strut », « Boys In Blue »… Chaque morceau déclenche son lot de mouvements dans le public. Charlie multiplie les allers-retours au bord de la scène tandis que Lainey, véritable moteur du groupe, impose un groove lourd et nerveux qui donne envie de tout casser sans jamais perdre le sourire.
Lorsque résonnent les dernières notes de « Violence », la salle est déjà conquise. SNAYX n’a pas simplement assuré une première partie ; le trio a livré une démonstration de force qui confirme pourquoi il est considéré comme l’un des groupes les plus excitants de la nouvelle scène britannique.
Après une courte attente, les lumières s’éteignent de nouveau.
Cette fois, l’enjeu est différent.
DON BROCO entre sur scène sous une ovation immense. Ce n’est pas un concert comme les autres : c’est la dernière soirée de leur tournée européenne. On sent immédiatement une émotion particulière dans les regards échangés entre les musiciens. La fatigue accumulée au fil des kilomètres est là, mais elle est largement éclipsée par la satisfaction d’être arrivé au bout de l’aventure.
Le groupe ouvre avec « Cellophane », suivi de « Pretty » et « Nightmare Tripping ». Trois morceaux suffisent pour comprendre que DON BROCO n’a aucune intention de terminer la tournée en roue libre. Le son est massif, les refrains sont repris à pleins poumons et Rob Damiani joue avec la foule comme s’il la connaissait depuis toujours.
Tout au long du concert, le groupe trouve l’équilibre parfait entre les nouveaux titres et les classiques devenus incontournables. « Come Out To LA », « Somersaults » et « Disappear » démontrent à quel point le nouveau matériel fonctionne déjà naturellement sur scène. Mais ce sont les classiques « Manchester Super Reds No.1 Fan« , « Bruce Willis » ou encore « Everybody » qui provoquent les plus grosses explosions de la soirée.
L’ambiance atteint un nouveau sommet sur « One True Prince » puis « Euphoria« , où toute la salle semble chanter plus fort que le groupe lui-même. DON BROCO joue avec l’intensité d’un groupe qui sait qu’il ne remontera pas sur scène demain soir. Chaque morceau prend une dimension particulière. Chaque interaction semble un peu plus sincère.
Quand le groupe quitte la scène après « Everybody », personne n’imagine une seule seconde que le concert est terminé.
Le rappel arrive rapidement.
« T-Shirt Song » transforme la salle en gigantesque karaoké euphorique. Puis vient « Hype Man« , morceau agit parfaitement comme une célébration finale, un dernier exutoire collectif pour le groupe comme pour le public.
Les dernières notes s’éteignent. Les musiciens restent quelques instants sur scène, saluent longuement la foule parisienne et prennent le temps d’observer la salle une dernière fois avec beaucoup d’émotion.
La tournée est terminée.
SNAYX a allumé la mèche. DON BROCO a offert une conclusion à la hauteur de l’événement. Et pendant quelques heures, Paris a eu l’impression d’être le centre du rock britannique.
Initialement pensé comme un simple live report, ce compte-rendu a progressivement pris des allures de love report. Difficile de conserver une distance critique lorsqu’un concert coche autant de cases.





















