The Underground Resistance – XIII – Juillet 2026

Groupes cités
TODOMAL – LANDER – INTO DARKNESS – INFERNO – LEFT TO DIE – GOREGOSE – SOJOURNER – NAMU – EMBRYONIC DEVOURMENT – ACEPHALIA – EATEN BY SHARKS – CRANIAL OSTEOTOMY – SALLOW MOTH – RIPPER – JEHOVAH ON DEATH
TODOMAL – « Graveyards of Joy »
Doom Metal – Espagne – 2026 – Season of Mist
Soigner sa direction artistique autant que sa musique est fondamental. Cela a toujours été le cas et cela est encore plus important en ces temps digitaux où un groupe en remplace un autre en quelques clics. On peut le regretter, mais quand on regarde bien, ce fut toujours ainsi. Combien de groupes fantastiques des années 70/80/90 n’ont pas réussi à trouver leur public à l’époque et pour lesquels il faut attendre des décennies, pour certains, afin qu’ils trouvent la légitimité qui leur est due grâce à des « die-hards » toujours plus voraces. L’histoire d’ASHBURY en est le parfait exemple. L’écoute de leur premier album, « Endless Skies », est obligatoire pour tout fan de Hard Rock / Heavy Metal qui se respecte !
Eh bien, toute cette digression pour dire que sans cette jolie pochette, je n’aurais jamais découvert TODOMAL, ce qui, avec du recul, aurait été bien regrettable. En effet, formé en 2020 par un duo de vétérans de la scène espagnole, TODOMAL navigue dans les tumultueuses eaux du doom atmosphérique, puissant et massif. Ce qui frappe, c’est l’ampleur épique, presque cinématographique, qui se dégage de la musique de TODOMAL. Empreint d’une mélancolie tout aussi belle que triste, le Doom de TODOMAL nous transporte dans ce monde où la nature a repris ses droits et où l’homme n’est plus le roi qu’il était dans des temps qui semblent bien lointains.
LANDER – « Acid Jungle »
Black Metal – USA – 2026 – Wergild
Ceux qui restreignent le black metal à Satan se privent vraiment de beaucoup de superbes groupes et albums. C’est le cas avec le très productif collectif derrière le label Wergild, dont le rythme de sortie est relativement soutenu ces derniers temps. Après le très bon album d’IRON FIRMAMENT (dont je parlais dans le numéro de mars 2026), voici qu’une autre entité sort de sa torpeur : LANDER.
Avec cette pochette que l’on croirait sortie de Metal Gear Solid, ce second album de LANDER, « Acid Jungle », nous plonge dans de sombres histoires d’espionnage où le secret est roi. Comme pour les autres projets du collectif, le black metal que LANDER joue est plutôt « raw » et minimaliste. Mais avec les multiples ajouts de samples, de nappes de claviers, LANDER réussit à créer une atmosphère vraiment particulière et intrigante qui parvient à nous plonger dans son univers mystérieux.
INTO DARKNESS – « Route To The Other Side »
Death/Thrash Metal – France – 2026 – Dying Victims Productions
Ces dernières années, Dying Victims Productions n’a cessé de prendre de l’importance sur la scène et nous a régalé de pépites, autant en heavy, black, death ou encore thrash. Mais ce qui fait toute la saveur du label, c’est son côté « true ». En effet, chez Dying Victims Productions, la modernité n’est pas la bienvenue et l’on revient au metal dans son essence la plus authentique, où le riff est roi.
Et donc, INTO DARKNESS vient agrémenter le fantastique catalogue du label avec son premier album, « Route to the Other Side ». Actifs depuis 2012, les Italiens ont enchaîné les démos, EP et splits à un rythme soutenu, et donc ce premier longue durée n’est que la suite logique. Et encore une fois, le label allemand a eu le nez creux, le death metal aux forts relents de trash des Italiens est savoureux. Illustré magnifiquement, “Route to the Other Side” est une usine à riffs mémorables, au groove incontesté qui nous rappelle ASPHYX ou encore BOLT THROWER.
INFERNO – « The Anthropic Sophisms (On The Heights of Despair) »
Black Metal – République Tchèque – 2026 – Debemur Morti Productions
Bien que l’on parle de metal extrême, rares sont les groupes aujourd’hui qui réussissent à être véritablement effrayants et déstabilisants par leur musique. Le bouchon fut poussé tellement loin qu’il est difficile d’impressionner autant qu’aux débuts. Mais certains groupes réussissent quand même à rendre leur travaux véritablement sordides et malicieux. Pour moi, le roi incontesté est PORTAL et son death metal cacophonique mais je pourrais rajouter AKHLYS (et tout le corpus de groupes dans lesquels Naas Alcameth officie). Si nous allons dans l’Avant-Garde, le très psychédélique ORANSSI PAZUZU est un sacré candidat. Mais si nous revenons au black metal, INFERNO est aussi un sacré morceau à avaler !
Fidèle à sa réputation, INFERNO vient encore de nous donner un album éblouissant en bien des termes. INFERNO réussit à créer un paysage de cauchemar cosmique d’une majesté absolument terrifiante. Ces quatre longues pièces musicales viennent chambouler tous nos repères et nous font entrer dans une transe lovecraftienne bouleversante. En plus de trente ans de carrière, les Tchèques se sont hissés au sommet de leur style et ne comptent le partager avec personne, bien que la compétition est féroce.
LEFT TO DIE – « Initium Mortis »
Death Metal – USA – 2026 – Relapse Records
À la base, LEFT TO DIE est un super-groupe dont l’intention première était de continuer à faire vivre la musique du regretté Chuck Schuldiner (mort en 2001) et son groupe DEATH. Mené par d’anciens membres de DEATH ainsi que l’infatigable Matt Harvey d’EXHUMED et aussi GRUESOME (autre groupe hommage à DEATH). Ces derniers ont tourné un peu partout depuis 2022 et cette année voit la sortie d’un premier long format. Là où GRUESOME est un groupe qui compose à la manière de DEATH, LEFT TO DIE est vraiment là pour faire perdurer le travail de Chuck. C’est ainsi que ce premier album est un concentré de ré-interprétation de morceaux issus des premières démos de DEATH, dont certaines quand le groupe s’appelait encore MANTAS.
Au final, rien de vraiment original, mais le simple fait d’entendre ces premières chansons composées, à l’époque, par trois ados avec une production qui défonce est fantastique. Ces premières démo ont donné naissance au mythe qu’est DEATH et dès ces premiers travaux on ne peut que constater que Chuck et ses potes allait devenir grands et révolutionner la musique metal à tout jamais. Rest In Power Chuck !
GOREGOSE – « Murderabilia«
Brutal Death Metal – Russie – 2026 – Lord of the Sick Recordings
Dans un précédent article, je parlais de l’Indonésie comme une des terres promises pour le Brutal Death Metal, et bien la Russie est aussi un sacré territoire pour ce style musical si raffiné. En effet, bien avant cette fraude qu’est SLAUGHTER TO PREVAIL et son frontman Alex Terrible, la scène russe nous donnait certains des groupes les plus vicieux et méchants de la scène. Je pense à des groupes comme KATALESPY, 7.H.TARGET, INCINERATE, ou encore ABOMINABLE PUTRIDITY qui ont atteint des niveaux de brutalité décomplexée rarement égalée.
Et bien avec ce premier EP, GOREGOSE se montre prometteur ! Avec une très jolie pochette qui nous met instantanément dans l’ambiance, GOREGOSE nous assomme de son Brutal Death Metal gargouillant sans aucun remord. Cela ne réinvente pas la roue, mais vient perpétuer cette flamme qui a un peu tendance à s’essouffler ces dernières années.
SOJOURNER – « Gateways«
Black Metal Mélodique – International – 2026 – Avantgarde Music
NAMU – « Wretched Spawn of Iniquitous Orders »
Black Metal Progressif – UK – 2026 – Indépendant
La Science Fiction dans le black metal n’est pas forcément la thématique la plus répandue. Des groupes vont parler de l’espace et de ses infinies étendues comme le font MARE COGNITUM, MIDNIGHT ODYSSEY, MESARTHIM ou encore DARKSPACE (dans un registre plus cauchemardesque) mais très peu, à ma connaissance s’aventurent dans de véritable récit où l’humanité est partie de la Terre pour conquérir de nouvelles contrées. IMPERIALIST, VORGA ou encore PROGENIE TERRESTRE PURA sont des groupes qui ont fait le grand pas et nous ont proposé de splendides albums et donc c’est non sans joie que je peux ajouter à ma liste ce premier effort de NAMU.
Balancé dans l’arène de Bandcamp sans crier gare, NAMU s’est très rapidement distingué par ses nombreuses qualités. Premièrement cette splendide pochette tirée des œuvres de Bruce Pennington et puis le black metal du projet anglais est de très haut vol et impressionne pour une première sortie. Véritable épopée cosmique, “Wretched Spawn of Iniquitous Orders” est d’une grande richesse stylistique impressionnante qui nous embarque dans un voyage introspectif touchant.
EMBRYONIC DEVOURMENT – « Prime Specimen »
Brutal/Technical Death Metal – USA – 2026 – New Standard Elite
Techniquement, cet album est de 2023, mais comme New Standard Elite, le label de référence du Brutal Death Metal, vient de l’ajouter à son catalogue ce mois-ci avec quelques morceaux bonus, je me permet d’en parler. Et puis, ayant été amusé par la pochette en premier lieu, ce “Prime Specimen” m’a retourné la tête que je me devais de vous en parler.
En effet, au-delà de son esthétique et des thèmes abordés (tournent autour des théories du complot) qui peuvent amuser, musicalement, c’est tout l’inverse. EMBRYONIC DEVOURMENT joue un brutal death metal et technique de haut vol et d’une intransigeance extrême. Aucun répit n’est accordé à l’auditeur, nous sommes assommés par une déferlante sonore infernale et chaotique dont on ressort complètement essoré à la fin. Si des groupes, où la haute technicité est mise en avant, comme DEFEATED SANITY, 7.H.TARGET , WORMED ou encore SEVERED SAVIOR vous parlent, EMBRYONIC DEVOURMENT devrait vous plaire.
ACEPHALIA – « Filial Piety »
Slam – USA – 2026 – Inherited Suffering Records
EATEN BY SHARKS – « The Undertow of Hate«
Technical Deathcore- Canada – 2026 – CDN Records
Entre les différentes mascottes cultes ou les créatures fantastiques ou mythologiques, il y a un choix quasiment infini de possibilités pour illustrer ses pochettes. Mais certains groupes préfèrent se tourner vers la Nature qui peut nous réserver bien des surprises. Des animaux comme le loup sont très utilisés dans le black metal notamment, on peut aussi penser aux baleines chez GOJIRA, des limaces chez le fantastique groupe de tech-death SLUGDGE ou encore le grand blanc pour EATEN BY SHARKS.
À l’image de sa pochette (encore une fois réalisée par Paolo Girardi), EATEN BY SHARKS nous catapulte dans cet océan où le danger rôde partout. Avec son Deathcore massif garni de touches Tech ajoutées avec goût, “The Undertow of Hate” est un bien sympathique album même si je trouve qu’il s’essouffle un peu sur la fin (sans mauvais jeu de mots). Mais au global cela reste une solide sortie qui ravira les amateurs du style et de requins.
CRANIAL OSTEOTOMY – « Vortex of the Dark Knowledge«
Brutal Death Metal – Russie – 2026 – Comatose Music
Je parlais d’un groupe Russe un peu plus haut dans cette chronique et bien en voici un second ! Beaucoup plus installé que ses compatriotes, CRANIAL OSTEOTOMY effectue son grand retour avec “Vortex of the Dark Knowledge”, quinze ans après son premier album “Victim of Wicked Sickness”.
Avec sa pochette fourmillant de détails, le quatuor annonce la couleur de ce qui va suivre. En une demi-heure, le groupe nous fait entrevoir sa vision de l’Enfer et ce n’est pas beau à voir. La brutalité ne s’essouffle pas et rend l’environnement dangereux à tous les niveaux, l’air est emprunt d’une malice perverse et une chaleur infernale nous fait suffoquer. C’est apocalyptique !
SALLOW MOTH – « Hydrophilous Brood »
Death Metal Progressif – USA – 2026 – Willowtip Records
Willowtip Records a le don de mettre sur le devant de la scène de sacrées pépites. C’est simple depuis, facilement, cinq ans, Willowtip fait partie des top labels tant la quasi-totalité de ses sorties vaut le détour. Entre AN ABSTRACT ILLUSION, HATH, CONTRARIAN , DEVANGELIC, PYRRHON ou encore SLUGDGE, le choix est juste vertigineux et va encore s’étoffer avec cette nouvelle signature, SALLOW MOTH.
Comme bon nombre de ses camarades de label, SALLOW MOTH oriente son Death Metal du côté progressif et technique du spectre. Bien que relativement abrupt au début, ce quatrième album du duo Texans se révèle être un sacré plat à digérer. En effet, plus l’écoute avance, plus les plans complexes s’enchaînent et viennent créer une atmosphère sans pareille et intrigante. Le Death Metal de SALLOW MOTH est caverneux, suintant presque humide, notamment grâce à ce chant qui gargouille, et retranscrit bien cette pochette semblant apaisante, mais dont les couleurs ternes viennent trahir la véritable nature de l’environnement.
RIPPER – « Towards Rebirth«
Death/Thrash Metal – Chili – 2026 – Dark Descent Records
La scène sud-américaine se caractérise par sa forte appétence pour le Metal rapide et sans concession. Acteur important dans la création du Metal extrême avec des groupes cultes comme SEPULTURA, SARCOFAGO, VULCANO, MYSTIFIER, la passion pour cette musique ne s’est jamais éteinte et bon nombre de nouveaux groupes ne cessent de nous parvenir comme CRITICAL DEFIANCE, INVUNCHE ou encore CRYPTA et donc les chiliens de RIPPER !
Et comme ses comparses, RIPPER nous donne à écouter un sacré disque de Death/Thrash furieux et sans concession. Tel un char d’assaut lancé à toute allure, “Towards Rebirth” retourne tout sur son passage et est une belle leçon de Thrash/Death incisif, hyper inspiré et d’une générosité rendant l’album complètement addictif.
JEHOVAH ON DEATH – « Lágrimas de Oro«
Occult Rock – Grèce – 2026 – I, Voidhanger Records
Bien souvent menés par des chanteuses d’un charisme envoûtant phénoménal, les groupes de rock occultes possèdent une saveur musicale à part et intrigante. Bien des formations ont marqué l’histoire du style comme les pionniers que sont COVEN et l’album “Destroy Minds and Reaps Souls” ou encore THE DEVIL’S BLOOD qui est pour moi le plus grand groupe du style et qui ne sera jamais égalé. L’album “The Time of No Time Evermore” est un monument absolu du style qui n’a pas pris une ride depuis sa sortie en 2009 (R.I.P. Selim Lemouchi). Mais de nombreuses autres formations valent le détour comme JEX THOT, BLOOD CEREMONY ou encore GREEN LUNG.
Et donc c’est au sein de cette scène vive et riche en propositions que JEHOVAH ON DEATH sort son premier longue durée “Lágrimas de Oro”. Et pour une première sortie, je dois dire que c’est impressionnant. On y retrouve cette ambiance occulte captivante, le chant de Señora Dolorosa y est envoûtant et au global l’album regorge de passages de grande malice où la présence du Malin y est oppressante.
Une sélection un peu plus petite que les derniers mois, mais non moins qualitative. Après tout, c’est normal, c’est l’été, la période des festivals, les gens ont moins de temps à attribuer à écouter de la musique, moi y compris. Mais au regard de ce qui arrive à la rentrée, c’est bien d’avoir un peu de repos ! Sur ce, bonnes vacances à ceux qui peuvent partir et on se retrouve à la rentrée pour les sorties du mois d’août !
Comme d’habitude, si un ou plusieurs albums vous ont plu et que vous pouvez vous le permettre, n’hésitez pas à soutenir directement les artistes et les labels qui font vivre notre musique préférée.
À très vite !




