
« DEJA VU » : quand FIGHT V rallume les néons des années 80 et transforme le déjà-vécu en hymne de stade.
Il y a des disques qui arrivent comme une date sur un calendrier, et d’autres qui surgissent comme une sensation. Ce frisson étrange d’avoir déjà vécu la scène, déjà entendu le refrain avant même qu’il ne s’ouvre.
Avec « DEJA VU », FIGHT V choisit la seconde voie, un album qui joue avec la mémoire comme on joue avec la lumière des néons, en ravivant l’âge d’or du hard rock mélodique et de l’AOR sans le momifier.
Sorti le 10 avril 2026 via FRONTIERS MUSIC SRL, ce troisième chapitre après « FIGHTER » et « HEART OF THE YOUNG » marque aussi l’entrée du groupe dans une nouvelle cour, celle d’un label taillé pour les hymnes et les grandes mélodies.
Dans sa genèse, « DEJA VU » a le parfum concret des ateliers où l’on polit les chansons jusqu’à les faire briller : enregistré, mixé et masterisé en 2025 au studio suisse LITTLE CREEK par l’ingénieur PULVER, produit par EMMO ACAR, avec un travail vocal mené en externe avec RONNY LANG (« The Voicefinder »). Les claviers, eux, sont confiés à VICTOR OLSSON, fidèle compagnon de route, et la bande-son s’autorise même un saxophone (MAGNUS HÄGGLUND), comme un reflet de chrome au détour d’un couplet.
Le titre, surtout, n’est pas un simple clin d’œil : il est une thèse, presque une maxime. « Cette citation française classique illustre les événements que l’on voit venir sans pouvoir les éviter. Ils recommenceront, car certaines choses sont immuables. »
À partir de là, FIGHT V compose comme on remonte le temps, non pour fuir le présent, mais pour retrouver la force d’un langage, celui des refrains qui rassemblent, des guitares qui consolent, des chœurs qui transforment une solitude en stade.
Au centre de cette machine à souvenirs, il y a un line-up resserré, un cœur net : EMMO ACAR (chant), LOBE VALENTIN (guitare), LUCIEN EGLOFF (batterie) et ROMAN STALDER (basse). On le dit presque comme on énonce une formation de ring. Quatre silhouettes avec un même objectif : celui de faire monter la chaleur.
Musicalement, l’album se lit comme une nuit en voiture, fenêtres entrouvertes, radio trop forte, ville au loin.
« RAGING HEARTBEAT » allume la mèche : ça démarre au quart de tour, et les années 80 s’imposent non comme un décor, mais comme une matière vivante.
« VICTORY », elle, a ce goût de montage héroïque avec des oh-oh faits pour être repris, une montée qui donne envie de courir sans raison, juste pour la beauté du geste.
« MADE FOR A HEARTACHE » prolonge l’ivresse mélodique, quand « FOOLISH HEART » installe un mid-tempo nocturne, plus sensuel, où les arrangements respirent et où le sax vient déposer une dernière caresse, comme un lampadaire qui s’éteint tard sur le boulevard.
Et puis il y a le morceau-titre, « DEJA VU », pivot et miroir. Celui qui résume l’intention et promet la scène, un refrain qu’on imagine déjà hurlé en chœur, parce qu’il semble appartenir à tout le monde dès la première écoute.
« STAND BY YOUR SIDE » élargit encore l’horizon, « ALL YOUR LOVE » et « HOLD THE TIME » entretiennent la braise, « FOR ALL THIS TIME » ralentit le monde comme une ballade AOR au goût de peau et de promesse, avant que « BREAK THOSE LIMITS » ne relance l’élan et que « VICTIM OF CHANGES » ne vienne refermer la porte sur une dernière flambée.
Au fond, « DEJA VU » dit quelque chose de simple et de presque philosophique. Ce que l’on appelle « nostalgie » n’est pas toujours un retour en arrière, mais parfois une manière de retrouver une vérité.
Certaines choses reviennent comme un riff, un frisson, un refrain, non parce que l’histoire bégaie, mais parce que le cœur, lui, reconnaît ce qui le fait battre.

Artiste : FIGHTER V
Album : Déjà Vu
Date de sortie : 10/04/26
Label : Frontiers Music S.r.l.




