
Quand le monde se déchire, AUDREY HORNE choisit les riffs.
Avec « Achilles », son huitième album studio, AUDREY HORNE ne revient pas simplement distribuer quelques leçons de classic hard rock. Le groupe norvégien revient surtout avec un disque qui semble avoir été pensé pour une époque devenue franchement difficile à comprendre. Entre polarisation, violence, peur, besoin d’évasion et envie de continuer à avancer malgré tout, le groupe transforme ses guitares en véritable exutoire. Et surtout, il le fait sans jamais sacrifier ce qui fait son charme : des riffs qui cognent, des guitares jumelles, des refrains qui restent immédiatement en tête et cette capacité presque insolente à rendre le hard rock à la fois élégant et dangereusement efficace.
Sorti le 4 septembre 2026 chez NAPALM RECORDS, « Achilles » aligne onze morceaux et navigue constamment entre heavy rock musclé, hard rock mélodique et touches plus progressives. Mais dès les premières secondes du morceau-titre, le ton est donné. « Achilles » déboule avec ses guitares rugissantes et sa rythmique massive avant de casser sa dynamique et de multiplier les contrastes. Ce n’est pas un hasard : le morceau parle directement du monde divisé dans lequel nous vivons aujourd’hui.
There was a time, before the war that ended all. / We used to be one but now it’s us and them.
Tout est déjà là. Le “nous contre eux”, la guerre, les frontières que l’on reconstruit entre les individus, puis cette envie presque désespérée de retrouver ce qui a été détruit. « Achilles » n’est donc pas seulement un opener qui cogne fort. C’est la colonne vertébrale de l’album. Derrière les amplis poussés à fond, AUDREY HORNE parle d’un monde qui semble avoir oublié comment vivre ensemble.
Et c’est probablement ce qui rend le disque plus intéressant qu’une simple collection de bons morceaux de hard rock.
Car lorsque Toschie chante “How do we dream through violent screams and angry cries?”, le groupe ne cherche pas à donner une réponse facile. Le texte évoque le sang versé au profit de la cupidité, la fatigue d’un monde violent et cette impression de ne plus savoir où trouver refuge. Puis arrive cette idée de cessez-le-feu, presque comme une prière : arrêter de combattre, sortir des tranchées, reconstruire ce qui a été brûlé.
Musicalement, AUDREY HORNE ne transforme pourtant jamais cette colère en disque plombant. Au contraire. Les guitares continuent de courir, les riffs claquent et les refrains donnent régulièrement envie de lever le poing. C’est là toute la force du groupe : prendre des thèmes lourds et leur donner suffisamment de puissance et de mélodie pour qu’ils deviennent presque libérateurs.
« In The Eye Of The Hurricane » poursuit cette trajectoire avec une énergie qui rappelle pourquoi AUDREY HORNE reste l’un des groupes les plus solides de la scène hard rock actuelle. « Vampires » ralentit légèrement la cadence tout en installant une ambiance plus sombre, portée notamment par une basse particulièrement présente. Le morceau possède ce petit parfum heavy qui peut rappeler par moments IRON MAIDEN, sans jamais donner l’impression d’un simple exercice de style.
Puis arrive « God Damn Beautiful », probablement l’un des morceaux les plus immédiatement réjouissants du disque. Avec son groove très seventies et ses influences THIN LIZZY, le titre met Espen Lien au premier plan au chant et offre un autre visage du groupe. Les guitares jumelles sont évidemment de sortie, mais tout respire ici le plaisir de jouer.
Et c’est précisément ce qui fonctionne avec « Achilles » : AUDREY HORNE ne se prend jamais tellement au sérieux qu’il en oublierait de faire du rock’n’roll.
« Pretty Little Lies » ramène une tension plus sombre, tandis que « Prodrome » fait office de courte respiration avant que « Insanity » ne remette immédiatement les gaz. Et là, difficile de ne pas sourire en retrouvant tout ce qui fait la recette AUDREY HORNE : guitares jumelles, gros refrain, énergie brute et cette fameuse partie centrale qui vient relancer la machine. Le groupe explique d’ailleurs que « Insanity » fut la première chanson écrite pour l’album et que son histoire s’inspire directement de « Hallowed Be Thy Name » d’IRON MAIDEN, en imaginant ce qui aurait pu précéder le récit de ce classique.
Et forcément, certains passages peuvent donner cette sensation de retrouver une forme de PANTERA, notamment dans cette manière de faire peser le riff tout en conservant un vrai sens du groove. AUDREY HORNE n’est jamais un groupe de metal moderne au sens strict, mais il sait parfaitement quand il faut faire parler les amplis. « Hell Is Eternity » et « Six Feet In The Ground » accentuent justement cette facette plus lourde du disque, avec cette impression que chaque riff pourrait parfaitement prendre une autre dimension devant une salle entière en train de sauter.
« Running Through The Night » poursuit cette course, entre urgence et mélodie, avant que « New Star Falling » ne vienne complètement changer la lumière du disque. La conclusion choisit davantage la mélodie et laisse derrière elle les grosses déflagrations précédentes. Un choix particulièrement efficace : après avoir passé une bonne partie de l’album à parler de violence, de peur, de divisions et de fuite, AUDREY HORNE termine sur quelque chose de plus lumineux. Le groupe avait d’ailleurs annoncé cette dernière piste comme l’un des morceaux mettant le plus en avant son côté mélodique.
Même la pochette participe à cette lecture. Le serpent, choisi autour des notions de polarisation, de bien et de mal, représente cette dualité permanente qui traverse « Achilles ». Et les cinq flèches qui le transpercent renvoient aux cinq membres du groupe : cinq musiciens qui, plutôt que de choisir un camp, semblent utiliser leur musique pour traverser ce chaos ensemble.
C’est finalement peut-être ça, le véritable sens du disque. Ne pas prétendre que tout va bien. Mais continuer à jouer.
AUDREY HORNE ne propose pas avec « Achilles » un album révolutionnaire qui chercherait à réinventer le hard rock. Et heureusement. Le groupe connaît son terrain, maîtrise ses armes et sait exactement comment construire un morceau qui fonctionne. Mais cette fois, derrière les riffs et les refrains, il y a une vraie volonté de parler de ce qui nous entoure. La violence, les divisions, les mensonges, l’épuisement, mais aussi l’espoir de retrouver un endroit où l’on pourra enfin se retrouver “as one”.
« Achilles » est donc un disque de heavy rock à l’ancienne avec une colère très contemporaine. Un album qui peut faire taper du pied sur « God Damn Beautiful », lever le poing sur « Insanity », headbanger sur « Hell Is Eternity » et, quelques minutes plus tard, nous rappeler que derrière tous ces riffs se cache un monde qui part parfois sérieusement en vrille.
Et finalement, dans une époque où tout semble constamment opposer les uns aux autres, AUDREY HORNE choisit encore la seule arme qu’il maîtrise parfaitement : le rock.
La note du cœur
Il y a des albums que l’on écoute pour leur technique, d’autres pour leurs refrains, et puis il y a ceux que l’on a envie de pousser un peu plus fort parce qu’ils arrivent exactement au bon moment. « Achilles » appartient clairement à cette dernière catégorie. Il a les riffs, les guitares jumelles, les refrains, le groove, quelques sacrées claques et surtout cette énergie qui donne immédiatement envie de le découvrir sur scène.
Un disque qui ne prétend pas réparer le monde, mais qui rappelle qu’au milieu du bruit, de la colère et de la division, on peut encore se retrouver autour d’un bon gros riff.
Et pour ceux qui préfèrent les décibels aux longs discours, rendez-vous le 16 octobre 2026 au NOUVEAU CASINO à PARIS : AUDREY HORNE viendra défendre « Achilles » sur scène, avec MOTOROWL pour ouvrir les hostilités.

Artiste : AUDREY HORNE
Album : Achilles
Label : Napalm Records!
Date de sortie : 04/09/2026




