
Ophélie Griffin, rédactrice et photographe pour Metal Rock Magazine, était sur place pour immortaliser le festival !
Après le succès l’an passé à Paris de la première édition, le JUNKY FEST était de retour cette année à Palaiseau (91). Le festival reste sur sa lignée de mise en avant de la scène metal émergente française, portée par l’association Junky May Production.
L’affiche du jour est alléchante et ambitieuse avec pas moins de 6 groupes ! Il fallait bien ça pour fêter le presqu’anniversaire de Matt !
T.E.M.P.
C’est le groupe de rock-metal fusion TRIBAL ENGINE FOR METAL PLAYERS dit T.E.M.P. venu du Val d’Oise qui ouvre le bal en ce début d’après-midi, “à l’heure des chocos BN et du banga” pour une musique incisive et engagée. Le groupe a sorti son premier album en novembre 2024, Affres de Paix, et en fera la part belle de sa setlist aujourd’hui.
Chantés en français, les textes nous racontent les dérives du monde actuel, à l’instar de “Naître ou ne pas être” (dont le clip officiel sort le 06 novembre prochain) ou encore “Des Mots Pour Arme”, qui ne sont pas sans rappeler LOFOFORA ou NO ONE IS INNOCENT.
Le groupe sera rejoint par Jeff du groupe qui se produira après eux, ICE CHEMICALS pour le dernier morceau “Des raisons”, normalement interprété avec Gevaudan de DEMANDE À LA POUSSIÈRE.
Si la qualité de l’écriture est indéniable, brute de vérité, je regrette que Mathieu Briançon (chant) n’ait pas réussi à mieux défendre son groupe sur scène.
ICE CHEMICALS
La salle commence à être bien remplie, avec notamment la venue de nombreux enfants au plus près de la scène, pour le deuxième groupe de l’affiche, ICE CHEMICALS, porté par Jeff et Anaïs en alternance entre voix claire et growl, duo qui fonctionne parfaitement bien, même s’il a pu surprendre aux premiers abords.
J’apprécie l’énergie dégagée tout le long du set et les larges sourires sur tous les visages. C’est propre et bien fait.
Avec un son massif et une tension constante, ICE CHEMICALS a livré un set sans concession. Le public, pris à la gorge, a répondu avec une énergie brute. Une belle découverte.
ICE SEALED EYES
Une grosse attente se ressent dans le public autour du prochain groupe, ICE SEALED EYES, qui a repris le créneau de WAKING THE SLEEPING BEAR pour des raisons logistiques. Le groupe belge de new core impose dès les premières notes son univers graphique et immersif, signant la scénographie la plus belle du festival.
Noé sera rejoint sur scène par Guillaume Nicolas, de FREE HOWLING, pour le titre “Bloom” issu du premier album du groupe Altar, une œuvre ambitieuse qui rassemble les trois EPs de leur trilogie : Torments, Fragments et Laments.
Le public est totalement captivé, l’atmosphère planante invite à fermer les yeux et à profiter totalement de l’intensité émotionnelle déployée au fil des titres.
Après la ballade “Satellite”, la bagarre se lance sur “Deadweight”, accompagnée de James, qui gère aussi la vidéo pour le groupe. La voix de Noé vacille légèrement dans les derniers instants, comme épuisée par l’intensité dramatique qu’elle a déversée tout au long du set — mais elle ne cède pas.
En 45 minutes, ICE SEALED EYES a imposé sa signature avec un metal moderne habité. Une prestation solide, sincère, qui confirme leur place parmi les formations à suivre de près.
WAKING THE SLEEPING BEAR
Changement d’univers avec WAKING THE SLEEPING BEAR et son metal fusion enflammé sur fond de textes corrosifs, en français s’il vous plaît, dans une veine proche de RISE OF THE NORTHSTAR ou encore LANDMVRKS !
Venus tout droit de Franche-Comté, les quatre garçons jouent pour la première fois en Ile-de-France en 8 ans d’existence – une date inédite à ne pas rater donc.
Brouillant les pistes, entre rap et metal, avec un vrai travail mélodique, le groupe nous dévoile plusieurs titres de leur dernier EP Grands Maux, Grands Remèdes – Part.1 sorti en septembre 2025, à l’instar de “Le Goût de la peur au ventre”, “Dernier Satellite” ou encore l’explosif “Le Feu par le Feu”, “Prenez les mots, mais sans le sens / Prenez les clichés et les croyances / Par là quelques 0ffenses et vous aurez la France / La réponse c’est la science, la conscience, le bon sens / Une flamme et de l’essence !”. Entourant Adrien au chant, Edwin (guitare), Simon (basse) et Arthur (batterie) occupent parfaitement la scène.
Une performance percutante pour cette première parisienne de WAKING THE SLEEPING BEAR !
FRACTAL UNIVERSE
Le Death Metal technique et mélodique des nancéens FRACTAL UNIVERSE vient cueillir le public du JUNKY FEST, certes un peu moins nombreux qu’en début de soirée (il faut dire qu’il commence à se faire tard) mais toujours aussi engagé et réactif. Le groupe nous présente son dernier opus, The Great Filters, sorti en avril dernier.
Les quatre membres nous offrent une performance à la hauteur de leur musique : ambitieuse et paradoxale, groovy et géométrique, pour un univers complexe mais accessible.
Le coup de génie réside dans l’ajout du saxophone, brillamment interprété par Vince (chant – guitare), qui n’hésitera à venir dans la fosse pour électriser la foule, sur fond de solo de batterie jouée par Clément, dans un final explosif.
Enorme coup de cœur personnel, totalement happée par la virtuosité technique déployée par FRACTAL UNIVERSE. Un groupe à suivre.
IMPARFAIT
En clôture de cette deuxième édition du JUNKY FEST, IMPARFAIT a su imposer sa signature avec une énergie brute sans faille.
Porté par la charismatique Prisca au chant et Bruno, basse en feu, et rejoint par Flo à la guitare et Ludo à la batterie, le quatuor a livré un set intense, oscillant entre rage contenue et énergie contagieuse, à coup de “CA CRIE ENCORE / CA VA PAS PLAIRE !” Hymne universel qui ne peut que résonner en chacun.e d’entre nous et qui nous invite nous-même à donner de la voix pour accompagner les cris et les riffs assassins d’IMPARFAIT.
Une conclusion vibrante, à l’image d’un festival placé sous le signe de l’authenticité et de la puissance scénique.
Un grand merci à Junky pour son engagement sans faille à mettre en avant des groupes de la scène metal française, qui plus est en dehors de Paris, ce qui constitue toujours un gros challenge. Un grand merci également à tou.te.s les équipes qui ont participé à l’organisation du festival et bravo aux exposant.e.s !
On souhaite longue vie au JUNKY FEST et on retrouve l’équipe du JUNKY MAY PRODUCTION pour un autre projet, LES HURLANTES, à PETIT BAIN le 10 janvier 2026, pour une soirée qui mettra à l’honneur la force, la créativité et la diversité des artistes féminines de la scène rock et metal.

































































































































































