Juste après leur performance scénique du 19/09/25 au MUSCADEATH FEST 2025, ô combien incroyable, me voici devant le frontman Oaan de VILLES ARDENTES, groupe français de black metal/indus pour une interview à chaud.
Salut Oaan, je suis Indie pour Metal Rock Magazine. Merci beaucoup pour ton temps.
Salut ! Merci à toi !
Alors, ce que vous avez présenté avec Villes Ardentes était vraiment réussi, non ? Quel est ton sentiment ?
C’était bien, oui. Je suis plutôt content de la performance.
Oui ! Ta réaction juste après le live ?
A chaud, je suis content ! Après, il y toujours des petits détails : des placements de voix à retravailler. Niveau son, parfois on l’entend ici, parfois de l’autre côté… Il y a toujours des petits trucs mais au final ça l’a fait !
Malgré ces quelques points, tu es satisfait ?
Oui quand même oui ! (sourires)
On a vu que le public était à fond ! C’est aussi ton impression ?
Oui j’ai trouvé aussi ! Effectivement, devant, il y avait des gens très réceptifs !
J’ai fait le tour de la salle et les gens venus pour vous !
Oui, c’est bien il y a eu du monde ! On a toujours peur quand on passe en premier, se dire « ah il n’y aura personne etc. » mais bon le public était au rendez-vous et c’est chouette !
Superbe. VILLES ARDENTES…pourquoi ce nom ?
Non, le nom, ça n’a pas été un truc impulsif, on y a vraiment réfléchi. L’idée, c’était de trouver quelque chose qui évoque la révolte. Je cherchais et, en tombant par hasard sur le journal Fakir — que je ne connaissais pas du tout —j’ai trouvé ! Je l’ouvre, et là : une expo dont le titre était « Les Villes Ardentes » !
Ça a fait tilt !
Oui, Je me suis dit : « c’est ça qu’il nous faut ! » Et c’est venu comme ça !
C’est donc toi le fondateur du groupe ?
Exactement. L’envie est venue juste après le deuxième confinement, en 2021.
D’accord. Parle-moi de la thématique du groupe.
Étonnamment, la thématique est venue après avoir trouvé le nom du groupe. Je savais que je voulais parler des révoltes et des révolutions, il me fallait donc un nom qui colle. J’ai fait marcher ma caboche, et comme je t’ai dit, après avoir lu ce journal, tout s’est enchaîné.
Ok. Et donc à partir de là, c’était parti pour la création du groupe.
Oui exactement.
Tu avais déjà des amis ou des personnes avec lesquels tu souhaitais jouer ?
Ah oui oui ! Si tu veux au départ, j’étais dans un groupe avec le guitariste Damned et Nico.
Nico qui est partout !
On peut dire ça (rires) ! On était déjà dans Vosegus tous les trois, on a fait quelques concerts avant la première vague de confinement. Quand le deuxième confinement est arrivé, j’ai écrit ces nouvelles chansons. Je les ai partagées, ils ont accroché, et c’est comme ça qu’on a décidé de continuer l’aventure.
C’est quoi votre process créatif pour un album ? Vous écrivez d’abord séparément et ensuite vous mettez tout en commun, ou vous bossez vraiment tous ensemble ?
On fonctionne un peu comme ça comme avec d’autres projets : c’est moi qui compose. Je suis bassiste, je fais de la guitare et je me suis lancé dans la batterie, afin d’élargir mes horizons pour pouvoir composer correctement.
Donc je compose et une fois que tout est composé, j’écris les textes. Puis une fois que tout est plutôt bien calé et que je suis satisfait de mon travail, j’envoie ça aux gars et les gars me disent « ah oui c’est cool ! » et on y va !
Et pour les répètes, comment vous vous organisez ? Vous vous retrouvez chez les uns ou les autres, ou c’est direct le studio de répétition ?
Puisque je suis en région parisienne, du côté de Cergy-Pontoise, j’ai eu de la chance : il y a une super scène locale rap et électro là-bas, et surtout, un grand studio qui cherche justement à s’ouvrir au metal. C’est là que j’ai pu enregistrer toutes les voix de notre titre ‘Année Rouge’. Franchement, Cergy, c’est cool pour ça, il y a une vraie ouverture d’esprit !
Bref, le reste de la création, c’est chacun de son côté qu’on enregistre les instruments. Ensuite, on envoie tout à Rémi, notre ingé son qui a géré le mixage et le mastering de « Année Rouge ». Le bonus, c’est que Rémi est un pote ; il était bassiste dans le groupe Infinitium !
C’est hyper familial !
Oui, exactement ! Comme ça, on est entre nous, on se connaît bien, et ça rend tout est super fluide ! Franchement, c’est la façon la plus simple de bosser, je trouve.
C’est pour ça qu’on sent une vraie osmose entre vous sur scène ! Vous avez également votre public ?
Oui, on a clairement nos followers réguliers et super fidèles ! Du coup, ça me permet de tisser mon réseau ici, en Île-de-France. Ce sont des fans qui, au final, deviennent des amis, c’est cool.
Et du fait que vous soyez dispatchés géographiquement tous les quatre, ça peut aider dans le réseau également…
Oui c’est ça ! Après les gars connaissent aussi des gens à Paris, et la scène metal est quand même un petit monde, encore plus une scène comme celle du black métal. C’est un microcosme, un petit milieu et on connait facilement les gens !
Tu qualifies donc VILLES ARDENTES de Black metal ?
C’est black old school, inspiration black années 90 et j’aime aussi l’arch noise ce genre de musique-là, que j’écoute un petit peu mais que l’aime beaucoup : le truc c’était de mixer un peu les deux, pour rendre le black plus « dégueulasse », plus sombre, tu vois plus violent encore !
Et sur les albums, je trouve que ça se ressent. Le pari est gagné !
Peut-être que sur le deuxième album je travaillerais encore les sons noise parce que j’aimerais que ça gagne encore un peu en violence, avec plus de nappes…
Quand on écoute « Années rouges » c’est déjà pas mal speed !
Du 220 BPM ! (rires) C’est sûr c’est déjà bien speed !
Le batteur devait être en PLS !
Oui tout le monde avait un peu mal aux mains à la fin ! (rires)
Des projets en vue ?
Oui, des projets en vue ! Toujours l’écriture du deuxième album. Tout l’album est composé il faut juste me mettre à écrire tous les textes. A renfort d’internet, de bouquins d’histoire etc.
C’est vraiment très recherché !
Je fais attention à ne pas dire de bêtises, c’est sûr. L’objectif, c’est d’être au plus juste avec l’époque. Évidemment, on ne peut pas vraiment être « dedans », mais on se donne les moyens d’être le plus fidèle possible. C’est une question de respect et de crédibilité.
Niveau scénique : projections d’images provenant de…
D’images d’archives. On fait des recherches poussées sur des révoltes hyper spécifiques, un peu partout dans le monde (Chine, Afghanistan…). On ne peut pas bâcler ça, car faut que ça tienne la route par respect pour ceux qui nous suivent !
D’autres concerts en perspectives ?
Quelques-uns et on essaie d’en caler ce soir grâce au Muscadeath, en espérant gagner en propositions de dates !
As-tu senti une interaction avec le public ?
Effectivement, j’ai vraiment capté une connexion avec les gens. Sauf que le public Black Metal est assez réservé, il regarde beaucoup. Donc, pour les motiver, il faut y aller ! Bien sûr, quelques-uns sont toujours devant, mais il faut quand même aller les chercher. Je comprends, même moi je suis un observateur en concert (rires) ! Alors, j’ai fait l’effort d’être dans l’échange. Je pense que la mission est accomplie pour ce soir !
Vous avez fait le job avec un public réceptif !
Donc un deuxième album en vue !
Oui, ce sera sur la Terreur à Nantes ! Par contre, je ne peux pas encore donner de date. Je tiens à prendre mon temps, pas de précipitation, car je veux vraiment bien faire les choses. Surtout que sur ce deuxième album, je veux pousser les parties noise encore plus loin, comme je te l’ai dit. Il faut du temps pour ça, mais l’objectif final, c’est que le résultat soit impeccable, que l’album soit vraiment de qualité, et que les gens soient super contents !
Encore une fois, malgré la distance entre vous ?
Aucun souci pour travailler à distance. Maintenant, on peut faire des démos super propres chez soi ! Il suffit d’avoir un petit home studio, une carte son décente et un logiciel. On peut déjà atteindre un bon niveau de qualité. On a quand même besoin de passer au studio pour la post-production et quelques finitions, mais la majorité du boulot se fait à distance, et c’est ça qui est vraiment top !
Donc ce n’est vraiment pas une contrainte.
Non, pas du tout ! Au contraire, je me demande même si le fait d’être à distance ne nous aide pas un peu, en fait. Ce n’est absolument pas une contrainte (Clin d’œil)
Merci infiniment Oaan pour ta disponibilité et du temps que tu as accordé à Metal Rock Magazine !! Et encore une fois, félicitations pour le live !
Merci à toi !
Je remercie chaudement VILLES ARDENTES pour cette interview fort intéressante et pour leur preuve de talent incontestable ! On leur souhaite bonne route !
