
Prika, le titre Slave Machine évoque une critique de la société moderne ou technologique. Quel est le message central derrière ce nom et à quelle « machine » faisais-tu référence précisément ?
Cet album aborde principalement le thème de l’aliénation technologique et politique. Nous vivons dans une époque où la technologie prend une place énorme dans nos vies, parfois au point de nous éloigner les uns des autres et de nous faire perdre une partie de notre liberté. Nous voulions aussi évoquer la manière dont certains systèmes politiques ou certaines structures de pouvoir peuvent influencer les individus et leur manière de penser. À travers cet album, nous essayons donc de questionner cette réalité et d’amener les auditeurs à réfléchir à la place qu’ils occupent dans ce monde de plus en plus contrôlé et connecté.
Après le succès de Jailbreak, comment décrirais-tu l’évolution musicale de cet album ? Avons-nous affaire à quelque chose de plus sombre, plus « death metal », ou restez-vous fidèles au thrash pur ?
Oui, clairement. Après Jailbreak, j’ai gagné énormément de confiance en moi en tant que chanteuse principale. Au début, c’était un vrai défi parce que je venais avant tout du rôle de guitariste. Mais au fil du temps, j’ai commencé à comprendre davantage ma voix, ses possibilités et ses limites. Cela m’a permis d’explorer de nouvelles choses, de pousser un peu plus loin certaines nuances et certaines agressivités vocales. Aujourd’hui, je me sens beaucoup plus libre dans ma manière de chanter et je peux vraiment expérimenter davantage.
Comment s’est déroulée la composition de cet album avec la formation actuelle ? Les autres membres ont-ils eu une influence plus marquée sur les riffs de Slave Machine ?
La composition a été un véritable travail d’équipe. Helena et moi avons travaillé ensemble sur tous les riffs de guitare et sur la structure des morceaux. Nous avons passé beaucoup de temps à expérimenter différentes idées, à chercher les riffs les plus puissants et les plus efficaces pour représenter l’énergie de l’album. Micka, de son côté, a apporté toute la dimension rythmique avec la batterie. Son travail a été essentiel pour donner une vraie intensité et une dynamique aux morceaux. Chacune de nous a contribué avec sa personnalité et son style, ce qui donne au final un album très cohérent mais aussi très riche musicalement.
C’est ton deuxième album en tant que chanteuse principale. Comment as-tu travaillé ta voix pour cet album et aujourd’hui te sens-tu davantage « chanteuse » que « guitariste », ou les deux sont-ils désormais indissociables ?
La guitare fait vraiment partie de moi. C’est quelque chose que j’ai choisi, quelque chose que j’ai travaillé et développé pendant des années. Être guitariste, c’est une décision que j’ai prise très tôt dans ma vie. En revanche, je n’ai pas vraiment choisi d’être chanteuse au départ. Les circonstances m’y ont amenée, et j’ai eu seulement deux mois pour me préparer à ce nouveau rôle. C’était très intense. Mais aujourd’hui, avec le temps et l’expérience, je me sens à la fois guitariste et chanteuse. Ce que j’aime particulièrement dans le chant, c’est la proximité qu’il crée avec les fans. Il y a un échange direct, une connexion très forte qui se produit sur scène, et c’est quelque chose de vraiment spécial.
Comment évalues-tu ton évolution depuis ton retour au chant ? Y a-t-il un aspect particulier de ta performance sur Slave Machine dont tu es particulièrement fière ?
C’est une folie ! Après ma performance sur Jailbreak, j’ai vraiment gagné en confiance. Du coup, je me suis lancée sans peur, parce que je savais déjà de quoi j’étais capable. Ça m’a permis d’explorer d’autres aspects de ma voix et d’essayer de nouvelles choses. C’était une expérience géniale, j’ai pu expérimenter plusieurs approches différentes, et tout cela a contribué à créer cet album formidable.
Nervosa a toujours eu des paroles engagées. Quels sont les thèmes polémiques que tu as voulu aborder dans les textes de cet album ?
En réalité, cet album parle aussi beaucoup de l’abus de pouvoir. Pas seulement en politique, mais aussi dans notre société actuelle. On vit dans une époque où beaucoup de gens s’attachent à des choses futiles ou suivent des idéologies sans véritables principes. Slave Machine parle justement de ça : de systèmes qui cherchent à contrôler les individus et de cette pression permanente qui peut exister dans notre société. Nous avons aussi un morceau un peu à part, qui s’appelle « You Are Not A Hero ». Il reste dans le thème de l’album mais aborde davantage l’idée de suprématie et de ces personnes qui veulent être vues comme des héros. Mais pour nous, le message est simple : vous n’êtes pas nos héros, et nous n’avons pas besoin de vous.
Si tu devais choisir une seule chanson de Slave Machine pour définir l’état d’esprit actuel de Nervosa, laquelle serait-ce et pourquoi ?
Honnêtement, il n’y a pas vraiment une chanson qui pourrait résumer l’état d’esprit actuel du groupe. En ce moment, ce qui nous définit le mieux, c’est surtout l’énergie collective et la cohésion que nous avons trouvée entre nous. Nous sommes très fusionnelles, nous travaillons avec un vrai esprit d’équipe et nous avons atteint un équilibre très important au sein du groupe. Cette complicité se ressent dans tout l’album plutôt que dans un morceau en particulier.
Peux-tu nous parler du choix du producteur pour cet album ? Qu’a-t-il apporté à la puissance sonore de Slave Machine ?
Martin Furia travaille avec nous depuis notre deuxième album, donc aujourd’hui il a produit quatre albums de Nervosa. Avec le temps, il a vraiment appris à comprendre notre musique et nos personnalités. Ce qui est génial avec lui, c’est qu’il sait faire ressortir le meilleur de chacune de nous sans jamais nous forcer dans une direction qui ne nous correspond pas. Il nous laisse beaucoup de liberté pour nous exprimer artistiquement, et c’est pour cela que le résultat sonne toujours très naturel et puissant. Nous formons une excellente équipe, et Martin est devenu un membre de la famille Nervosa.
Les pochettes des albums de Nervosa sont toujours très soignées. Comment la couverture de Slave Machine reflète-t-elle la musique que nous entendrons le 3 avril ?
Il y a eu une vraie évolution dans les graphismes de cet album. Nous avons toujours eu une tête de mort sur nos pochettes, c’est un peu une signature visuelle du groupe. Mais cette fois-ci, l’image représente un être humain en train de se transformer progressivement en tête de mort. Cette transformation symbolise justement les thèmes de l’album : la perte d’humanité, les changements imposés par la société ou la technologie, et l’idée d’une transformation presque inévitable. C’est une image forte qui reflète bien l’atmosphère sombre et intense de la musique.
Tu as une base de fans très solide en France. As-tu un message spécial pour eux avant qu’ils découvrent l’album ?
Nous avons eu la chance de faire une tournée en France et de découvrir des endroits incroyables, des lieux dont nous n’aurions jamais imaginé l’existence. Nous avons aussi eu l’opportunité de jouer au Hellfest, et c’était une expérience absolument incroyable. Travailler avec une équipe française et découvrir davantage votre culture a été vraiment inspirant pour nous. Vous nous avez beaucoup inspirées et nous avons vraiment hâte de vous retrouver très bientôt pour la tournée de Slave Machine. Merci infiniment pour votre soutien.
Préparez-vous… parce que ça va être intense !





