Live Report Festival Echos et Merveilles jour 2 – 14/05/2026 – Bruguière

Amélie MARI, photographe et rédactrice pour Metal Rock Magazine, était sur place pour immortaliser la journée ainsi que la soirée !
Ouverture du parc et première soirée Folk Metal au Bascala.
Après une soirée d’ouverture en extérieur, Échos & Merveilles passait ce jeudi à la vitesse supérieure avec le premier vrai jour d’ouverture du parc. Le Village des Légendes prenait vie, les scènes du Lac et de l’Open Air entraient dans la danse, et la journée s’annonçait très dense.
Dès midi, les concerts se sont enchaînés sans laisser beaucoup de place aux temps morts : UFO Trio Project, Blóð Dýr, Itinera, Corvus Corax, Guilhem Desq, Nataverne, avant une première soirée au Bascala placée sous le signe du Folk Metal avec Rue de la Forge, Skiltron, In Extremo et Prima Nocta, venu remplacer Arkona, le groupe russe n’ayant finalement pas pu faire le déplacement.
Je ne vais pas détailler ici la performance de chaque groupe minute par minute. Non pas par manque d’intérêt, bien au contraire, mais parce qu’avec une telle programmation, ce live report sortirait probablement en juillet. L’idée est donc de garder le fil de cette journée, de présenter brièvement chaque univers, et de laisser aussi les photos faire leur travail. Ce texte vient accompagner le live report photo, pas l’écraser sous une avalanche de paragraphes.
Blóð Dýr
Ma journée débute véritablement devant la scène Open Air avec BLÓÐ DÝR. Le groupe propose un pagan folk aux teintes sombres et mystiques qui tranche immédiatement avec l’ambiance ensoleillée de cette première journée dans le parc. Dès les premières notes, l’atmosphère change. Le public est invité à quitter les allées du festival pour entrer dans un univers plus sauvage, où les influences nordiques et les sonorités traditionnelles se mêlent à une énergie contemporaine.
Sans chercher la démonstration technique ou la surenchère scénique, BLÓÐ DÝR parvient à installer une véritable identité. Leur musique évoque autant les grands espaces que les récits anciens, et trouve naturellement sa place dans l’univers d’Échos & Merveilles. Pour ouvrir ma journée de festival, difficile de rêver meilleur point de départ : une proposition immersive qui rappelle que l’imaginaire ne se limite pas aux costumes ou aux décors, mais passe aussi par la musique.
Itinera
On se tourne vers la Scène du Lac avec ITINERA, dans un registre plus ancien, médiéval et délicat. Le groupe propose une parenthèse hors du temps, portée par des sonorités traditionnelles et une approche plus contemplative. Dans le décor du parc, cette musique fonctionne comme une respiration. On quitte le simple concert pour entrer dans quelque chose qui dialogue avec le lieu, les costumes, les artisans, les visiteurs, et tout cet imaginaire qui fait l’identité du festival. La pluie qui s’invite est en harmonie avec cette musique.
Corvus Corax
Puis CORVUS CORAX débarque sur l’Open Air, et là, difficile de parler de respiration. Le groupe allemand est une référence de la scène médiévale tribale, avec ses cornemuses imposantes, ses percussions massives et son énergie de troupe prête à faire trembler les remparts. Leur set apporte une intensité physique immédiate. Visuellement, c’est évidemment un bonheur à photographier : instruments monumentaux, postures puissantes, présence scénique très marquée. Musicalement, c’est frontal, cérémoniel, et parfaitement calibré pour réveiller la foule.
Guilhem Desq
GUILHEM DESQ prend le relais sur la Scène du Lac avec sa vielle à roue. Mais attention, pas la version carte postale médiévale rangée sous napperon. Chez lui, l’instrument devient une machine sonore hybride, capable de partir vers le rock, l’électro, l’oriental, le progressif et l’expérimental. Sa musique incarne très bien l’un des grands plaisirs d’Échos & Merveilles : entendre des instruments anciens sortir de leur vitrine pour être branchés sur le présent.
Nataverne
La fin d’après-midi se poursuit avec NATAVERNE sur l’Open Air. Le groupe ramène une énergie folk festive, conviviale, taillée pour faire taper du pied et garder le public dans le mouvement. Après plusieurs heures de concerts, ce type de set joue un rôle précieux : maintenir la dynamique, rassembler, donner envie de rester encore un peu dehors avant de basculer vers la soirée en salle.
soirée Folk Metal au Bascala
À partir de 19h, direction le Bascala pour la première grande soirée en salle de cette édition, placée sous le signe du Folk Metal. Après une journée très variée dans le parc, entre folk acoustique, pagan, médiéval, cornemuses et vielle à roue augmentée, le festival resserre le propos : place aux guitares, aux refrains fédérateurs, aux hymnes de taverne et à cette énergie qui donne envie de lever les bras, les cornes ou la pinte selon les préférences logistiques de chacun.
Là encore, je vais rester volontairement synthétique. Avec quatre groupes au programme, cette soirée aurait pu mériter un live report complet à elle seule. Mais l’idée reste la même : accompagner les images et conserver le rythme général de cette journée marathon.
Rue de la Forge
RUR DE LA FORGE ouvre la soirée avec une proposition qui, sur le papier, n’était pas forcément faite pour moi. La fusion rap metal n’est habituellement pas un style vers lequel je me dirige naturellement. Pourtant, c’est aussi pour cela que les festivals sont intéressants : ils permettent parfois de belles surprises. Dès les premiers morceaux, le groupe parvient à imposer son énergie et à embarquer le public dans son univers. La présence scénique est solide, les musiciens occupent l’espace avec assurance et les titres s’enchaînent avec suffisamment d’efficacité pour maintenir l’attention du début à la fin. Sans devenir soudainement une adepte du genre, j’ai sincèrement pris du plaisir devant cette prestation. Une excellente façon de lancer cette première soirée Folk Metal au Bascala et la preuve qu’il est parfois bon de sortir de sa zone de confort musicale.
Skiltron
SKILTRON est sans doute l’une de mes plus belles découvertes de la soirée. Le groupe argentin pratique un folk metal celtique particulièrement efficace, porté par des cornemuses omniprésentes, des mélodies accrocheuses et une énergie communicative. Dès les premiers morceaux, la salle répond présente et l’ambiance monte rapidement d’un cran. Sur scène, les musiciens affichent un plaisir évident à jouer ensemble, et ce plaisir se transmet immédiatement au public.
Ce qui m’a particulièrement séduite, c’est l’équilibre trouvé entre la puissance du metal et les sonorités folk. Rien ne semble forcé ou artificiel : les deux univers cohabitent naturellement pour créer des morceaux à la fois épiques, festifs et fédérateurs. Alors que je connaissais finalement assez peu le groupe avant cette soirée, Skiltron a réussi à me conquérir. Une prestation énergique, généreuse et sincère qui restera parmi les très bons souvenirs de cette première soirée Folk Metal au Bascala.
In Extremo
Avec IN EXTREMO, on entre dans la catégorie des incontournables du folk metal européen. Les Allemands n’ont plus grand-chose à prouver et leur réputation scénique n’est plus à faire. Dès leur arrivée sur scène, on retrouve tout ce qui fait leur force : des instruments traditionnels parfaitement intégrés aux compositions metal, une présence scénique impressionnante et un sens du spectacle acquis au fil de décennies de carrière.
Objectivement, la prestation est irréprochable. Le groupe maîtrise son sujet de bout en bout et enchaîne les morceaux avec une efficacité redoutable. Le public répond immédiatement présent et l’on sent que beaucoup attendaient ce concert comme l’un des temps forts de cette première soirée au Bascala.
De mon côté, j’ai toujours un peu de mal à être totalement embarquée émotionnellement lorsque le chant est intégralement en allemand. Ce n’est absolument pas une critique du groupe ni de sa prestation, qui était excellente, mais plutôt une question de ressenti personnel.
Cela ne m’a pas empêchée d’apprécier le concert. L’énergie déployée sur scène, la qualité des musiciens et l’atmosphère créée dans la salle suffisent largement à faire passer un excellent moment. Même si IN EXTREMO n’a pas été le groupe qui m’a le plus touchée émotionnellement ce soir-là, leur prestation a pleinement confirmé pourquoi ils restent l’une des références majeures du folk metal et du medieval metal européen.
Prima Nocta
La soirée se termine avec PRIMA NOCTA, et pour moi, c’est toujours un plaisir de retrouver les Belges sur scène. Le groupe possède une identité bien à lui dans le paysage folk metal. Là où beaucoup misent sur des guitares saturées toujours plus lourdes, PRIMA NOCTA démontre avec une facilité déconcertante qu’il est possible de faire du metal avec très peu de distorsion. À l’exception du bouzouki électrique qui apporte ce mordant caractéristique, l’essentiel de la puissance vient avant tout des compositions, des rythmes et de l’interprétation.
C’est d’ailleurs ce qui me fascine chez eux. Malgré une approche instrumentale relativement éloignée des standards du metal moderne, l’énergie dégagée est absolument phénoménale. Dès les premiers morceaux, le groupe transforme le Bascala en immense fête médiévale. Impossible de rester immobile face à une telle déferlante d’énergie communicative. Les musiciens occupent la scène avec une aisance impressionnante et semblent prendre autant de plaisir que le public.
Entre les mélodies immédiatement mémorisables, les rythmes entraînants et cette capacité à faire participer la salle, Prima Nocta livre une prestation qui ne connaît pratiquement aucun temps faible. Le groupe enchaîne les morceaux avec une intensité constante, maintenant l’ambiance à un niveau élevé du début à la fin.














































































































































































































