Live Report HELLFEST 2026 « Tales From The Pit » – Jour 3 – 20/06/2026 – Clisson

Lucie Sérannes rédactrice, photographe, et Margaux de Metal, rédactrice pour Metal Rock Magazine, étaient sur place pour immortaliser l'édition 2026 !
Thornhill
En ce troisième jour de festival, direction la Mainstage 1 pour lancer cette nouvelle journée de concerts. À 13 h 55, ce sont les Australiens de Thornhill qui ouvrent le bal pour mon début d’après-midi, avec un créneau de quarante minutes. Un horaire où le site reprend doucement vie, mais où les premiers rangs sont déjà bien remplis pour accueillir la formation.
Dès les premiers morceaux, Thornhill déroule son univers avec beaucoup d’assurance, alternant passages de tension et moments plus mélodiques sans jamais casser le rythme. Sur scène, tout paraît facile pour eux. Le groupe ne cherche pas à en faire trop et laisse ses compositions parler d’elles-mêmes.
Jacob Charlton m’a particulièrement surprise par l’aisance avec laquelle il passe d’un chant clair à des parties beaucoup plus agressives, sans que cela ne semble lui demander le moindre effort. Une performance vocale qui apporte encore plus de relief aux morceaux. Sans s’attarder dans de longs discours, les Australiens restent concentrés sur leur set, ce qui permet de garder l’intensité de la prestation jusqu’au dernier titre.
Dans le public, l’ambiance monte progressivement. Les premiers rangs s’animent rapidement et les réactions deviennent de plus en plus franches. On sent que certains étaient venus spécialement pour eux, mais Thornhill réussit aussi à accrocher les festivaliers simplement de passage devant la Mainstage.
À 14 h 35, la bande quitte la scène après avoir parfaitement lancé l’après-midi sur la Mainstage 1. Une prestation maîtrisée qui laisse une excellente impression pour la suite de cette troisième journée du Hellfest !
Par Lucie Sérannes
House Of Protection
Après les avoir découverts en octobre dernier en première partie d’Architects à l’Adidas Arena, il était difficile de ne pas attendre ce concert avec impatience. House of Protection m’avait déjà laissé une sacrée impression, mais les retrouver cette fois au Hellfest était l’occasion de voir jusqu’où leur énergie pouvait aller sur une scène de festival.
La réponse arrive vite dès le premier morceau. À peine le set est-il lancé que Stephen Harrison descend de la scène, guitare en main, pour se retrouver au beau milieu de la fosse. En quelques secondes, il invite le public à former un immense circle pit autour de lui, tout en continuant à jouer comme si de rien n’était. Une entrée en matière complètement folle qui donne immédiatement le ton : ici, personne ne restera immobile.
Difficile de croire que la formation n’en est qu’à ses débuts tant tout paraît déjà parfaitement maîtrisé. Les anciens membres de Fever 333 ont gardé ce sens du spectacle et cette proximité avec le public qui faisaient déjà leur réputation, tout en développant une toute nouvelle identité !
Et ce n’est que le début. En plein milieu du set, Stephen Harrison décide de prendre un peu de hauteur en grimpant sur l’échafaudage de la Mainstage, sans jamais cesser de jouer. Une image assez dingue qui déclenche les acclamations des festivaliers, tous les regards se levant instinctivement vers lui.
Pendant ce temps, Aric Improta n’est pas du genre à rester vissé derrière ses fûts. À plusieurs reprises, il quitte son kit pour rejoindre la fosse, enchaîne quelques saltos sous les cris de la foule avant de remonter sur scène comme si cela faisait partie de la routine. Son énergie semble inépuisable et participe largement à l’ambiance électrique qui règne pendant toute la prestation.
Ce qui frappe le plus, c’est cette interaction permanente avec le public : le groupe vit son live en parfaite symbiose avec les festivaliers.
Quand le dernier morceau s’achève, une évidence s’impose : House of Protection est taillé pour les festivals. En une poignée de titres, le duo réussit à transformer la Mainstage en un véritable terrain de jeu. Après un set pareil, une seule envie : les revoir très vite !
Par Lucie Sérannes
Crisix
Ce live report sera un peu plus court, n’ayant pu assister qu’aux deux premiers morceaux de Crisix. Deux morceaux qui ont pourtant suffi à me donner envie d’en découvrir davantage sur ce groupe venu tout droit d’Espagne.
Je ne les connaissais que de nom avant cette édition 2026, et les premières minutes ont été largement suffisantes pour comprendre pourquoi ils se sont forgé une solide réputation.
À peine les musiciens sont-ils arrivés sur scène que les premiers circle pits se déclenchent et que les slammeurs s’enchaînent ! Le set est d’une intensité folle et sans aucun répit.
Crisix dégage une bonne humeur contagieuse qui vient contraster avec la violence de son thrash metal. On sent que la formation est avant tout là pour partager un vrai moment avec son public.
Même si je n’ai pu assister qu’au début de la prestation, ces premières minutes ont largement rempli leur mission : me donner envie de revenir voir Crisix sur scène, et surtout d’aller explorer d’un peu plus près leur discographie.
Par Lucie Sérannes
Non Est Deux
Avec Non Est Deus, la Temple se transforme en une véritable chapelle profane. Des religieux (dont un coiffé d’une mitre) vêtus de robes de bure maculées de terre et de sang investissent la scène, tandis que les cloches résonnent et qu’un faux évêque ouvre un office aussi solennel qu’inquiétant. Une mise en scène immersive qui capte immédiatement l’attention du public, silencieux devant cette procession.
Derrière cette imagerie provocatrice se cache un black metal incisif et mélodique. Noise éructe des textes ouvertement antireligieux avec une intensité constante, porté par des riffs acérés et des mélodies qui ne laissent que peu de répit. Le public, conquis, répond avec ferveur à cette messe noire, faisant de cette prestation un moment aussi théâtral que percutant. L’un des instants les plus marquants reste la scène de la flagellation, rythmée par le bruit terrifiant du fouet.
Entre décorum soigné et déferlante de black metal, Non Est Deus signe l’un des sets les plus marquants de la journée sous la Temple.
Par Margaux De Metal
1914
C’était sans aucun doute le groupe que j’attendais le plus durant cette édition 2026.
Le Temple se fige lorsque 1914 entre en scène. Fidèle à son univers, la formation ukrainienne transforme le décor en champ de bataille et plonge le public dans l’enfer de la Première Guerre mondiale. Uniformes militaires, ambiance pesante et son écrasant contribuent à une immersion totale, où chaque morceau raconte une nouvelle étape du conflit.
Le blackened death/doom du quintette frappe avec une violence maîtrisée. Les riffs massifs, les blasts implacables et les passages plus lourds traduisent tour à tour la fureur des combats, l’épuisement des soldats et la désolation des tranchées. Plus qu’un simple concert, 1914 livre une véritable fresque historique où la musique devient le récit d’une guerre qui déshumanise tout sur son passage.
Le moment le plus fort survient lors du dernier morceau. Le chanteur descend dans la fosse, alors que plusieurs drapeaux de l’Ukraine sont brandis par la foule. La Première Guerre mondiale laisse alors place à une réalité bien contemporaine. Dans un discours empreint d’émotion, il appelle à ne pas oublier son pays, invite à continuer de le soutenir et rappelle que, malgré le siècle qui les sépare, les conflits se ressemblent tragiquement.
Cette transposition entre l’Histoire et l’actualité donne une dimension bouleversante à la prestation. Avec 1914, la guerre n’est pas un simple thème esthétique : elle est une mémoire, une blessure encore ouverte, portée sur scène avec une sincérité qui dépasse largement le cadre de la musique.
Par Margaux De Metal











































