Live Report HELLFEST 2026 « Tales From The Pit » – Jour 1 – 18/06/2026 – Clisson

Lucie Sérannes rédactrice, photographe, et Margaux de Metal, rédactrice pour Metal Rock Magazine, étaient sur place pour immortaliser l'édition 2026 !
S’il y a bien un week-end que les fans de musiques extrêmes attendent chaque année avec impatience, c’est celui du Hellfest. Du 18 au 21 juin, Clisson s’est de nouveau transformée en capitale mondiale du metal en accueillant près de 280 000 festivaliers venus célébrer quatre jours de concerts, de poussière, de chaleur… et de décibels. Si le thermomètre a souvent flirté avec les 35 °C, cela n’a en rien refroidi un public prêt à enchaîner les kilomètres entre les six scènes du festival.
Côté programmation, difficile de faire la fine bouche : Bring Me The Horizon, Iron Maiden, Deep Purple, The Pretty Reckless, Alice Cooper, Limp Bizkit, The Offspring, Papa Roach, A Perfect Circle, Ultra Vomit, Bad Omens, The Hives ou encore Helloween ont fait vibrer les Mainstages, tandis que les scènes Valley, Altar, Temple et Warzone ont une nouvelle fois mis à l’honneur toutes les facettes des musiques extrêmes, entre têtes d’affiche incontournables et groupes plus confidentiels.
Parmi les nouveautés de cette édition, impossible de passer à côté de l’immense statue d’Ozzy Osbourne qui trône désormais à l’entrée du site. Un hommage aussi spectaculaire qu’émouvant au « Prince des Ténèbres », venu rejoindre la statue de Lemmy et rappeler que le Hellfest n’oublie jamais ceux qui ont écrit l’histoire du metal.
Des riffs à plein volume, des pogos à perte de vue, quelques coups de soleil et une bonne dose de bonne humeur : tous les ingrédients étaient réunis pour faire de cette 19e édition un excellent cru du Hellfest.
We Came As Romans
En ce premier jour de Hellfest, c’est We Came as Romans qui ouvre le bal sur la Mainstage, et les Américains n’ont pas mis longtemps à réveiller Clisson. Alors que les festivaliers continuent d’affluer sur le site, la fosse est déjà bien remplie et les premiers rangs sont prêts à en découdre. Dès les premiers morceaux, le metalcore du groupe fait mouche : grosses montées en puissance, breaks ravageurs et refrains fédérateurs s’enchaînent sans laisser une seconde de répit.
Sur scène, Dave Stephens déborde d’énergie et entraîne immédiatement le public avec lui. Les refrains sont repris à plein poumons, les premiers circle pits se forment rapidement et les slammeurs ne tardent pas à apparaître. L’ambiance monte d’un cran à chaque morceau, portée par un public déjà complètement dans le bain pour ce premier concert de Mainstage.
Je dois l’avouer, je ne m’attendais pas à voir autant de monde devant la Mainstage dès ce créneau. Pourtant, We Came as Romans joue comme s’il occupait une place en soirée. Le son est massif, le groupe est carré du début à la fin et alterne parfaitement les morceaux les plus récents avec les classiques que les fans attendent. Personne ne semble avoir gardé de l’énergie en réserve.
Un set intense et sans temps mort qui lance parfaitement cette première journée du Hellfest. Difficile d’imaginer une meilleure mise en bouche pour la suite des concerts.
Par Lucie Sérannes
Mikkey Dee With Friends
S’il y avait bien un artiste que je désirais voir en ce premier jour, c’était Mikkey et sa bande. Pour rappel, Mikkey Dee est un dieu de la batterie qui a accompagné pas moins que le mythique Lemmy Kilmister.
C’est donc sous le soleil de la grandiose Mainstage 2 que Mikkey Dee and Friends sont venus rendre un vibrant hommage à Lemmy et à l’héritage de Motörhead. Dès les premières notes de « Sacrifice », le ton est donné : un set puissant, sans fioritures, porté par un son qui a traversé les décennies sans prendre une ride.
Derrière ses fûts, Mikkey Dee livre une prestation exceptionnelle. Son jeu, toujours aussi précis et énergique, rappelle pourquoi il est considéré comme l’un des batteurs les plus emblématiques du heavy metal.
Le public (composé de 7 à 77 ans) répond présent tout au long du concert, reprenant à plein poumons « Born to Raise Hell », avant de se déchaîner sur « Killed by Death ». Quand Mikkey Dee a demandé au public quel morceau il voulait, c’est en chœur qu’a été réclamé « Ace of Spades ». Il était impossible de conclure sans ce titre phare, qui a été accueilli dans une explosion de ferveur par les festivaliers.
Ce concert a été une célébration intense et émouvante de l’esprit de Motörhead, qui a su raviver la flamme de Lemmy le temps d’un set.
Par Margaux De Metal
The Pretty Reckless
Après plusieurs prestations sur les Mainstages, The Pretty Reckless apporte une atmosphère différente, sans pour autant faire retomber la tension. Dès son arrivée sur scène, Taylor Momsen capte tous les regards. Pas besoin d’en faire des tonnes : sa présence suffit à installer l’ambiance, avec son charisme assumé et sa décontraction.
Le groupe déroule son set avec beaucoup de maîtrise. Les morceaux s’enchaînent naturellement, alternant les passages les plus accrocheurs avec des moments plus posés où la voix de Taylor Momsen prend toute son ampleur. Loin de chercher la surenchère, le groupe laisse ses compositions respirer, et ça fonctionne. Le public suit sans difficulté, reprenant les refrains les plus connus tandis que les premiers rangs restent suspendus au moindre geste de la chanteuse.
Visiblement heureuse d’être de retour à Clisson, Taylor échange régulièrement avec les festivaliers, esquisse quelques sourires et profite pleinement de ce moment partagé. Cette proximité rend le concert encore plus agréable à suivre et renforce le lien avec une Mainstage déjà bien garnie. Le point d’orgue du set arrive lorsque la chanteuse descend dans la fosse pour interpréter « When I Wake Up », l’un des titres du tout nouvel album « Dear God », paru quelques jours après le Hellfest. Au plus près de son public, elle partage un moment privilégié avec les premiers rangs, qui reprennent chaque parole avec elle.
Des titres comme « Death by Rock and Roll », « Heaven Knows » ou encore « Make Me Wanna Die » déclenchent immédiatement les plus grosses réactions. Autour de moi, ça chante presque autant que sur scène, et même les curieux venus découvrir la formation semblent rapidement se laisser embarquer.
Ce qui marque surtout, c’est la facilité avec laquelle The Pretty Reckless trouve sa place au Hellfest. Avec son univers entre hard rock et rock alternatif, le groupe apporte une autre couleur à cette journée, s’intégrant naturellement dans la programmation. En 45 minutes, les Américains livrent un concert propre, sincère et parfaitement calibré pour le festival.
Une prestation qui rappelle pourquoi le groupe est devenu, au fil des années, une valeur sûre des grandes scènes rock. Sans surprise, le quatuor repart sous les applaudissements d’un public conquis et laisse derrière lui une Mainstage plus que prête pour la suite de cette journée.
Par Lucie Sérannes
Deep Purple
C’est devant une Mainstage comble que Deep Purple fait son entrée, confirmant son statut de légende vivante du rock. Le groupe ouvre les hostilités avec « Highway Star », avant d’enchaîner classiques et morceaux plus récents dans un set déchaîné à l’empreinte psychédélique des années 70.
Si la voix d’Ian Gillan trahit parfois le poids des années (80 ans tout de même), l’expérience et le talent des musiciens prennent rapidement le dessus. La touche qui démarque Deep Purple, ce sont les envolées en solo d’un clavier transcendantal sur « Lazy », offrant un véritable voyage musical et démontrant toute la virtuosité de la formation.
L’émotion est à son paroxysme dès lors qu’a résonné « When a Blind Man Cries », avant que le public ne retrouve toute son énergie sur « Space Truckin’ », « Black Night » et surtout sur le cultissime « Smoke on the Water ».
Repris en chœur par des milliers de festivaliers, ce classique intemporel conclut une prestation qui, malgré les limites vocales, rappelle pourquoi Deep Purple demeure une référence incontournable de l’histoire du rock.
Par Margaux De Metal
Alice Cooper
À 78 ans, Alice Cooper n’a plus rien à prouver. Pourtant, dès son arrivée sur scène, on comprend rapidement qu’il ne compte pas se reposer sur son statut de légende. Pendant plus d’une heure, le maître du shock rock déroule un spectacle parfaitement huilé, où chaque morceau s’accompagne d’une véritable mise en scène.
Derrière son maquillage noir, Alice reste fidèle à lui-même : théâtral, malicieux et toujours aussi investi.
Mais ce concert, c’est aussi celui d’une formation qui prend énormément de plaisir à jouer ensemble. Chuck Garric, fidèle au poste à la basse, ne tient pas une seconde en place, pendant que Glen Sobel impressionne toujours autant derrière sa batterie. Aux guitares, Ryan Roxie et Tommy Henriksen s’amusent constamment, se retrouvent au centre de la scène, échangent des regards complices et profitent de chaque occasion pour faire réagir le public.
Forcément, beaucoup avaient aussi les yeux rivés sur Ana Cara, qui assure les parties de guitare en l’absence de Nita Strauss. Ce n’est jamais simple d’arriver dans un groupe aussi rodé, encore moins lorsqu’il faut succéder à une musicienne aussi appréciée. Pourtant, la jeune guitariste trouve rapidement ses marques. Sans chercher à en faire trop, elle gère à la perfection son solo, s’intègre idéalement au reste de la bande et semble déjà très à l’aise sur la scène du Hellfest. Une première qui laisse présager un bel avenir.
Et puis il y a tous ces petits moments qui font qu’un show d’Alice Cooper reste unique : la guillotine, les personnages qui apparaissent sur scène, les accessoires, les jeux de lumière… On connaît la recette, mais on se laisse prendre au jeu à chaque fois.
Au final, difficile de ne pas ressortir avec le sourire. Alice Cooper continue de proposer un spectacle aussi généreux qu’efficace, porté par un line-up en grande forme. Un des concerts marquants de cette édition 2026, sans aucun doute.
Par Lucie Sérannes






























































