Live Report SAMURAI PIZZA CATS + BABYBEARD + BÖSE FUCHS – 05/10/2026 – Backstage by the Mill – Paris

Fanny photographe et rédactrice pour Metal Rock Magazine, était sur place pour immortaliser cette soirée !
Ce soir, le Backstage By The Mill accueille une affiche qui, sur le papier, annonce déjà la couleur : BÖSE FUCHS, BABYBEARD et SAMURAI PIZZA CATS. Trois univers différents mais réunis par un même goût pour les gros riffs, l’électro et, surtout, une certaine envie de ne pas se prendre trop au sérieux.
Une soirée qui va progressivement se transformer en immense fête, quelque part entre metalcore, kawaii, breakdowns, chorégraphies, pandas, dinosaures et, évidemment, pizzas.
BÖSE FUCHS
La soirée commence pour moi par une découverte totale avec BÖSE FUCHS. Sur scène, la formation se présente dans une configuration assez minimaliste : le couple à l’origine du projet occupe le devant de la scène, guitares en main et tous les deux au chant, accompagné d’un jeune batteur de seulement 19 ans. Et franchement, l’ensemble est redoutablement efficace. Musicalement, BÖSE FUCHS évolue dans un metal moderne difficile à enfermer dans une seule case, où les guitares lourdes côtoient de nombreux éléments électroniques et synthétiques.
Ce qui me plaît particulièrement dans leur prestation, c’est le jeu constant sur les contrastes vocaux. Les deux chanteurs alternent, se répondent et superposent parfois leurs voix, passant du chant clair à des parties beaucoup plus agressives. Cette dualité apporte énormément de relief aux morceaux, mais c’est surtout leur cohésion qui fait la différence sur scène. Le fait qu’ils forment également un couple donne presque une autre lecture à cette complicité évidente. Ils ont d’ailleurs trouvé le terme parfait pour définir leur projet : le « couplecore ». Derrière le côté amusant de l’appellation, on découvre surtout deux musiciens qui fonctionnent réellement très bien ensemble. À leurs côtés, leur jeune batteur impressionne lui aussi par sa puissance et complète parfaitement le duo.
BÖSE FUCHS ne bénéficie peut-être pas encore de la même notoriété que les deux groupes qui vont suivre, mais ils jouent avec une énergie qui ne laisse aucun doute sur leur envie de convaincre. Pour une première rencontre avec leur univers, c’est une excellente surprise. Exactement le genre de découverte que j’aime faire en première partie : un groupe capable de capter immédiatement l’attention et de donner envie, une fois le concert terminé, d’aller écouter plus attentivement ce qu’il propose.
BABYBEARD
Après BÖSE FUCHS, changement radical d’ambiance. Enfin… radical, oui et non. Parce que BABYBEARD conserve les riffs et la violence, mais décide simplement d’y ajouter des chorégraphies, des tenues ultra kawaii, de la J-pop et un ancien catcheur australien barbu en robe. Normal. Et c’est précisément pour ça que j’adore le concept. Dès « Nippon Kara Konnichiwa », on comprend que BABYBEARD ne va pas nous proposer un concert de metal conventionnel. Suzu et Mahri apportent tout le versant kawaii du projet avec leurs voix et leurs chorégraphies parfaitement exécutées, pendant que Richard Magarey, alias Ladybeard, vient complètement dynamiter cette image avec ses growls. Le contraste est aussi improbable qu’efficace.
Ladybeard possède surtout un parcours assez incroyable : ancien catcheur professionnel australien parti tenter sa chance dans le divertissement japonais, il a fini par se construire un personnage et une carrière qui mélangent désormais ses différents univers. Et sur scène, son passé dans le catch se ressent énormément. Tout est exagéré, théâtral, physique. Les expressions, les poses, les interactions avec le public : Ladybeard ne se contente pas de chanter, il performe constamment. Puis arrive «Pa Pa Ya», reprise de BABYMETAL, et forcément la recette fonctionne à merveille. Chorégraphies kawaii d’un côté, riffs et growls de l’autre : toute l’identité de BABYBEARD est résumée en quelques minutes. «Nippon Manju», emprunté cette fois à LADYBABY, poursuit dans cette folie très japonaise avant que « SEMI-FINAL » et « Twisted Kaiju Tale » ne viennent terminer un set malheureusement assez court.
Cinq morceaux, c’est peu, mais finalement, c’est peut-être aussi ce qui rend leur passage aussi efficace. BABYBEARD arrive, impose son univers complètement barré et repart en laissant une salle avec le sourire. Ce que j’aime chez eux, c’est précisément cette balance entre les deux extrêmes. Le côté kawaii porté par les filles ne sert pas simplement de gimmick face aux parties hardcore : les deux identités se complètent. Et Ladybeard fait littéralement le pont entre ces mondes. C’est étrange, excessif, coloré, très bruyant et complètement assumé. Bref, tout ce que j’espérais.
SAMURAI PIZZA CATS
Un panda débarque sur scène, observe la salle et appuie sur un énorme bouton. Et c’est parti ! Difficile d’imaginer une meilleure introduction pour SAMURAI PIZZA CATS. Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore le projet, le groupe est notamment né autour de Daniel Haniß, guitariste d’ELECTRIC CALLBOY. Si l’on retrouve forcément quelques points communs avec ces derniers, grosses guitares, électronique omniprésente et cette volonté de transformer un concert de metal en véritable fête, SAMURAI PIZZA CATS possède aujourd’hui sa propre identité. Et ce soir, au Backstage By The Mill, ils sont clairement venus pour mettre le feu.
« Super Zero » donne le véritable coup d’envoi avant que « Falling Down » et « Penguin Supreme » ne fassent immédiatement monter la température. Dès les premiers morceaux, une chose devient évidente : SAMURAI PIZZA CATS sait mettre l’ambiance, mais surtout la maintenir. Il n’y a pratiquement aucun temps mort. Écrans, animations, lumières, samples et attitude du groupe donnent au concert une dimension extrêmement visuelle. Tout cela pourrait facilement tomber dans le gadget si la musique ne suivait pas derrière, mais les riffs et les breakdowns frappent suffisamment fort pour que la formule fonctionne parfaitement. « Burn » puis « Have a G.O.O.D. Day! » renforcent encore cette impression d’assister davantage à une énorme soirée qu’à un concert traditionnel. On peut headbanguer, danser, pogoter et rire pratiquement dans la même minute, et c’est exactement ce qui rend SAMURAI PIZZA CATS aussi fun.
« Alpha », « Last Player » et « Outcast » continuent de faire grimper l’énergie avant « Fear No Slice », parce qu’évidemment, à un moment donné, il fallait bien commencer à parler sérieusement de pizza. Mais l’un des moments que j’attendais particulièrement arrive avec « Ramen-Man ». Après avoir assuré son propre set un peu plus tôt, BABYBEARD revient rejoindre SAMURAI PIZZA CATS sur scène pour interpréter le morceau avec eux. Et là, tout devient encore plus absurde. Ladybeard, SAMURAI PIZZA CATS, du metalcore, des chorégraphies et une salle déjà complètement acquise à leur cause : sur le papier, le mélange paraît improbable, mais en live, c’est juste une énorme fête. La collaboration fonctionne d’autant mieux qu’elle ne donne jamais l’impression d’avoir simplement invité quelqu’un pour quelques secondes. Les deux univers sont tellement compatibles que BABYBEARD trouve naturellement sa place dans le show.
Après ce joyeux chaos, « The Wolf in Me » et « You’re Hellcome » remettent immédiatement la machine en route. « Welcome to the Fightclub » porte d’ailleurs plutôt bien son nom au vu de ce qu’il se passe dans la fosse, avant que « Freakshow » et « City of Gold » ne nous emmènent progressivement vers la dernière partie du concert. À ce stade, cela fait déjà un bon moment que le Backstage ressemble davantage à une grosse soirée entre potes qu’à une salle de concert, et SAMURAI PIZZA CATS semble parfaitement à sa place au milieu de ce chaos.
C’est probablement ce qui m’aura le plus marquée dans leur prestation : cette capacité à installer une ambiance dès les premières secondes et à ne jamais vraiment la laisser retomber. Le groupe ne cherche pas à rendre les choses inutilement sérieuses et assume complètement les pandas, les pizzas, les dinosaures, les visuels absurdes et l’humour omniprésent. Mais derrière toute cette folie se trouve surtout un groupe extrêmement solide musicalement, capable d’envoyer des riffs et des breakdowns suffisamment puissants pour que le délire ne prenne jamais le dessus sur la musique.
La dernière ligne droite résume d’ailleurs parfaitement leur univers. « Pandastruck » remet évidemment notre fameux panda au centre de l’attention avant « T-Rex(plosion) », parce qu’après les pizzas et les pandas, il manquait manifestement encore un dinosaure à cette soirée. Puis vient « Pizza Homicide » pour boucler la boucle. BABYBEARD rejoint une dernière fois le groupe sur scène tandis qu’une gigantesque part de pizza gonflable finit par apparaître au-dessus du public. Après tout, pourquoi terminer normalement quand on peut terminer comme ça ?
SAMURAI PIZZA CATS aura transformé le Backstage By The Mill en immense terrain de jeu pendant tout son set. Des premières secondes de « Super Zero » jusqu’au joyeux bordel de « Pizza Homicide », l’énergie n’a pratiquement jamais baissé. C’était lourd sans être constamment sérieux, complètement barré sans que l’humour ne prenne le dessus sur la musique, et surtout terriblement fédérateur. On était venus assister à un concert et on a finalement eu l’impression de participer à une énorme soirée entre potes, avec beaucoup trop de breakdowns, un panda, un ancien catcheur en robe, un dinosaure et une gigantesque part de pizza. Et franchement, difficile de demander mieux.
Un immense merci à Veryshow pour leur confiance, l’accueil irréprochable et les accréditations qui nous ont permis de documenter cette soirée exceptionnelle dans les meilleures conditions.














































