
Retour sur la première journée du Kreiz Y Fest avec Gwen, photographe pour Metal Rock Magazine, présente sur place pour immortaliser les concerts.
En ce vendredi 15 mai, direction le Centre-Bretagne, et plus précisément Glomel, où se tient la quatrième édition du Kreiz Y Fest. Festival à taille humaine devenu un rendez-vous incontournable pour les amateurs de musiques extrêmes en Bretagne, le Kreiz Y Fest propose cette année encore une programmation aussi solide que variée.
Entre groupes déjà bien installés sur la scène metal française et formations plus récentes particulièrement prometteuses, cette première journée avait largement de quoi attirer les curieux comme les passionnés.
NARAKA
J’arrive sur le site du Kreiz Y Fest alors que le set de NARAKA est déjà bien entamé. Malgré cela, le groupe parvient immédiatement à attirer l’attention avec son metal moderne, mêlant death, thrash et quelques touches plus black metal et symphoniques. Même observé de plus loin, le show dégage déjà une belle intensité et permet de lancer cette première journée sur une note particulièrement agressive et efficace.
Formé entre Paris et Marseille, NARAKA propose une identité musicale riche et travaillée, alternant des passages brutaux avec des arrangements plus orchestraux. Une entrée en matière solide pour débuter cette quatrième édition du festival, face à un public encore en train de prendre doucement ses marques en ce début de journée.
VERSATILE
Les quatre membres de VERSATILE montent sur scène et l’on comprend immédiatement que le groupe n’est pas venu uniquement pour jouer, mais bien pour proposer un véritable spectacle. Entre black metal et sonorités industrielles, la formation suisse offre un univers visuel particulièrement travaillé, transformant le Kreiz Y Fest en un étrange théâtre macabre. Hatred au chant, accompagné des guitaristes Cinis et Famine ainsi que de Morphée à la batterie, incarnent des personnages sombres et théâtraux qui captivent rapidement l’attention d’un public encore un peu timide en ce début de journée. Effets pyrotechniques, fumée et jeux de scène viennent renforcer cette atmosphère aussi froide qu’intense, offrant au public une prestation aussi visuelle que musicale.
Certains morceaux laissent également apparaître des sonorités presque techno et électroniques qui viennent surprendre au milieu de cette ambiance sombre et agressive. Un mélange assez inhabituel dans ce registre, mais qui fonctionne particulièrement bien sur scène et apporte une vraie identité au groupe. Même sans être particulièrement adepte de ce type d’influences à la base, difficile de ne pas reconnaître l’efficacité de la formule en live.
Ce n’est pas leur premier passage en Bretagne puisque l’été dernier, VERSATILE étaient présents au Motocultor !
Il est bon de préciser que les textes sont en français ! Les paroles des morceaux joués sont à l’image de leur univers : Sombres ! Et ce n’est pas pour me déplaire.
Pour ma part, ce fut une très belle découverte, même si ce show aurait probablement gagné encore en intensité une fois la nuit tombée. Une ambiance nocturne aurait collé à merveille avec l’univers du groupe.
Changement total d’ambiance avec ALEA JACTA EST. Formé en 2006 à Toulouse, le groupe de hardcore français prend possession de la scène avec une énergie brute et sans détour.
Porté par des riffs efficaces et une présence scénique percutante, le combo parvient rapidement à réveiller un public désormais bien plus réceptif. Le groupe profite également du concert pour annoncer qu’il s’agit du tout premier live de leur guitariste Ben !
Même si le hardcore n’est pas forcément le style que j’écoute le plus au quotidien, difficile de ne pas saluer la maîtrise et la prestance du groupe sur scène. On sent immédiatement qu’ALEA JACTA EST sait parfaitement où il va et maîtrise totalement son sujet en live.
PAT O’MAY
Place ensuite à PAT O’MAY, figure bien connue de la scène rock et metal bretonne. Entre riffs rock, envolées metal et influences celtiques, le guitariste livre une prestation maîtrisée qui capte facilement l’attention du public. Toujours très à l’aise sur scène, il affiche une présence et une énergie qui forcent le respect. L’un des moments forts du set reste sans doute le medley consacré aux morceaux d’Alan Stivell, particulièrement apprécié par les festivaliers.
ASHEN
Ensuite vient le tour d’ASHEN, sans doute le concert que j’attendais le plus de cette première journée. Formé en 2021 à Paris, le groupe s’impose progressivement comme l’un des noms à suivre de la scène metalcore française actuelle. Sur scène, Clem au chant, Niels et Antoine aux guitares, Thibault à la basse ainsi que Tristan à la batterie, livrent une prestation aussi puissante que maîtrisée. Alors que la nuit tombe peu à peu sur Glomel, les jeux de lumières viennent sublimer l’atmosphère du set et donnent une toute autre dimension au concert.
Côté fosse, l’ambiance est clairement au rendez-vous et les premiers rangs ne tardent pas à headbanguer au rythme des riffs incisifs du groupe.
La setlist, particulièrement équilibrée entre anciens titres et morceaux issus de l’album « Chimera« , permet au public de profiter pleinement des différentes facettes du groupe. Et comme lors de leurs précédentes prestations, la reprise de « Smells Like Teen Spirit » fait toujours son petit effet auprès des festivaliers.
CACHEMIRE
Quand CACHEMIRE monte sur scène, on comprend immédiatement que le groupe n’est pas là pour faire comme tout le monde. Les rockeurs apparaissent entièrement vêtus de blanc et, pour pousser le concept jusqu’au bout, Alice arbore un short tandis que les hommes du groupe portent des jupes ! Un visuel qui attire immédiatement l’œil et qui contribuera sans aucun doute à rendre ce show mémorable.
Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore le groupe, voilà maintenant dix ans que CACHEMIRE secoue la scène rock française avec son énergie débordante, ses riffs efficaces et ses textes mordants. Le groupe attaque d’ailleurs directement avec l’un de ses titres phares, « Moi être roi« , lançant instantanément les festivités devant une foule déjà bien chauffée.
Sur scène, Fred Bastar au chant, Farid à la batterie, Alice à la guitare, Seb à la basse ainsi que Ron à la seconde guitare dégagent une énergie communicative qui prend immédiatement avec le public. Les morceaux s’enchaînent avec une aisance redoutable, alternant esprit rock, touches punk et refrains fédérateurs. Malgré le froid qui commence sérieusement à s’installer sur Glomel, les festivaliers restent pleinement investis et profitent pleinement de cette dernière grosse décharge d’énergie de la soirée.
C’était pour moi une véritable découverte, mais difficile de rester insensible à une telle présence scénique. Le public répond présent, notamment sur les titres issus de leur dernier album « Suffit juste d’une seconde« , qui font facilement danser et chanter les premiers rangs. Au milieu du show, Fred Bastar prend également un moment pour rappeler l’importance de profiter des gens que l’on aime, car oui, « il suffit d’une seconde » pour que tout bascule. Un message simple mais sincère, qui semble avoir touché le public.
C’est donc sur cette belle dose d’énergie rock que s’achève ma première journée au Kreiz Y Fest.
































































































