Live Report MOTOCULTOR – Jour 2 – 14/08/2026 – Carhaix

Gwen Le Meur et Ophélie Griffin, Rédactrices et photographes pour Metal Rock Magazine, étaient sur place pour immortaliser cette deuxième journée du festival !
ICE SEALED EYES
“On est venu de Belgique pour jouer pour vous, alors bougez votre cul !” – telle sera la phrase d’introduction du concert d’ICE SEALED EYED. Le rideau s’ouvre sur un set aussi puissant que déchirant, porté par la voix incroyable de Noé.
On sent une envie folle de tout déchirer et de marquer les esprits – il faut dire que la Dave Mustage est la première mainstage du groupe. Certes, on perçoit encore une légère recherche de repères pour occuper pleinement l’espace scénique, mais cela ne nuit en rien à la qualité du newcore déployé par les Belges.
Le premier circle pit de la journée, soulevant un nuage de poussière, accompagnera le dernier titre sorti du groupe “Acid Tears”.
Une belle performance, sincère et intense, qui aura sans aucun doute permis à ICE SEALED EYES de se faire découvrir par un nouveau public.
CAGE FIGHT
CAGE FIGHT est peut-être une formation récente puisque née il y a à peine 5 ans, mais elle n’a rien de débutante ! Il faut dire qu’on y retrouve notamment James Monteith, guitariste de TesseracT et Rachel Aspe, ancienne chanteuse de ETHS. Tout est fluide entre les quatre membres et le hardcore déployé par le groupe est percutant et d’une efficacité redoutable.
Bien sûr, il est difficile de lâcher du regard Rachel, qui arbore de grandes lunettes de soleil reflétant le public, comme pour nous mieux transpercer de sa voix. Leur présence au MOTOCULTOR sera également l’occasion de défendre leur deuxième opus sorti en mai 2026, “Exuvia”, autour de thèmes tels que l’anxiété, le deuil ou la solitude. La rage qui en résulte nous offre une performance libératrice, aérienne et hypnotique.
URNE
Après l’énergie débordante d’ICE SEALED EYES, changement radical d’ambiance avec URNE. Le trio britannique nous plonge direct dans un univers bien plus lourd et massif, grâce à un metal puissant qui prend le temps de s’installer pour poser son atmosphère.
Sur scène, pas besoin d’en faire des tonnes : le groupe mise tout sur l’intensité brute, alternant riffs ultra lourds et envolées plus mélodiques. S’il faut quelques minutes pour bien rentrer dedans, le set finit clairement par prendre toute son ampleur. Côté visuel, les jeux de lumières rouges et bleues viennent appuyer le chant habité de Joe Nally, pendant que la fumée finit de planter le décor. La concentration de chaque musicien n’empêche en rien son ouverture vers le public, grands sourires à l’appui.
Ce son massif a totalement conquis la fosse de la Massey Ferguscène, marquant l’un des premiers gros temps forts de cette deuxième journée. Une belle découverte pour ma part, avec une mention spéciale pour le titre “Serpent & Spirit” dont l’intro à la guitare m’a particulièrement marquée !
IOTUNN
On poursuit cette deuxième journée avec IOTUNN, groupe danois de death metal mélodique et de metal progressif. Un changement d’ambiance qui nous plonge dans un univers à la fois puissant et atmosphérique.
Le groupe possède une présence scénique assez particulière, notamment grâce à son chanteur, qui restera pendant toute la prestation en partie dissimulé sous sa capuche, ne laissant apparaître qu’une partie de son visage. Ajoutez à cela des lumières très bleues qui baignent la scène pendant une bonne partie du show, et l’atmosphère devient particulièrement mystérieuse. Les guitares délivrent des riffs particulièrement efficaces, alternant entre puissance et mélodie.
Musicalement, IOTUNN nous embarque progressivement dans son univers, entre passages lourds, mélodies travaillées et envolées plus épiques. Une prestation qui offre également de très beaux moments à immortaliser derrière l’objectif.
Une belle découverte pour moi au cours de cette deuxième journée du MOTOCULTOR.
REVNOIR
Les Français de REVNOIR prennent possession de la Mainstage, pour mon plus grand plaisir ! Déjà adepte de leur univers, j’attendais ce moment avec impatience. Le groupe nous délivre son metal moderne, à la fois très mélodique, mélancolique et résolument sombre, confirmant sans détour les excellents échos qui entouraient leur passage sur l’une des scènes principales.
Dans la fosse, le public répond présent dès les premières minutes, enchaînant notamment deux immenses walls of death survoltés. Petite nouveauté au setlist avec le morceau “Alchemised”, nouveau son en featuring avec CARPENTER BRUT, qui fait grimper la température d’un cran. L’ambiance est folle et la solidarité au rendez-vous : parmi les slammeurs, on a même vu passer un fauteuil roulant porté à bout de bras par la foule, le tout premier du festival !
En bref, un concert plus que réussi. Une prestation solide et intense qui prouve que je ne me lasserai décidément jamais de voir REVNOIR en live.
HRAFNGRIMR
Retrouvons l’obscurité de la Bruce Dickinscene pour découvrir sur scène l’univers mystique déployé par la formation française de Nü Nordic / Dark Pagan, HRAFNGRÍMR (prononcé « Ravengrimar »), pouvant se traduire en vieux norrois par « Celui qui porte le Masque du Corbeau ». Le groupe, fondé par Mattjö Haussy (ex‑SKÁLD), tisse un pont entre les mythes nordiques et le monde actuel.
Il est facile de plonger dans le monde inspiré des légendes scandinaves, tant la passerelle déployée au fil des chansons se construit sous nos yeux.
“Fermez les yeux et voyagez avec nous. Etes-vous prêt à ouvrir les neuf ponts entre les mondes avec nous ?” nous intime Mattjö. Alors nous tendons la main et nous laissons guider, bercés par les voix mêlées de Mattjö et de Christine et par l’omniprésence des percussions, qui nous font vibrer le cœur, pour une expérience hypnotique et sensorielle.
Une belle découverte, qui nous prépare parfaitement à la tornade EIHWAR, prévue en clôture de la journée.
CORONER
Retour à la réalité brûlante de la Supositor Stage, pour le quatuor de trash metal suisse, CORONER. Après une longue pause de 14 ans, il aura fallu attendre 2010 pour revoir la formation sur scène. Ce retour sur scène s’est finalement accompagné d’un nouvel album paru l’an passé, “Dissonance Theory”, qui occupe une place de choix dans la setlist du concert aujourd’hui.
Une performance qui aura ravi les fans de la première heure, captivés par les charismatiques Tommy Vetterli à la guitare et Ron Broder au chant, comme en témoigne l’énorme nuage de poussière soulevé par le public.
LORD OF THE LOST
Une très belle scénographie se dévoile au public pour le concert de LORD OF THE LOST. Bientôt vingt ans que la formation allemande nous fait danser sur son metal gothique – indus. Aujourd’hui, place à une part plus “dark” du groupe, avec la sortie de la trilogie “OPVS NOIR” parue entre 2025 et 2026.
Le public est rapidement embarqué et une folle énergie déferle de bout en bout de la scène. Il faut dire que l’ensemble des membres donnent le meilleur pour rendre la prestation inoubliable : chacun parfaitement dans son rôle, porté par un charisme collectif qui rend le groupe solide. Le roc, c’est Chris, qui n’a qu’à tourner son regard bleu acier vers la foule pour que celle‑ci tombe immédiatement sous le charme.
Le titre I Hate People” sera l’occasion d’organiser un “one person circle pit” – expérience étrange mais drôle à vivre !
Le set se conclut sur le titre, “Light Can Only Shine in the Darkness”, normalement interprété avec WITHIN TEMPTATION, pour un final empreint d’espoir.
LORD OF THE LOST aura marqué de son empreinte cette deuxième journée du festival !
Miracle of Sound
Place au projet irlandais MIRACLE OF SOUND, mené par Gavin Dunne. Fidèle à son univers, le groupe nous embarque avec ses compositions inspirées de la pop culture, des jeux vidéo aux récits fantastiques, naviguant avec aisance entre rock et metal aux accents folk.
Sur scène, Gavin Dunne sait parfaitement comment chauffer la foule, qui répond présente à chaque morceau et donne à la Bruce Dickinscène de vrais airs de taverne médiévale.
Mention spéciale aux titres où la claviériste pose sa voix : ses interventions au chant apportent une superbe nuance et subliment l’énergie du set.
SOEN
Il est temps de calmer le cardio et de nouveau engouffrer une nouvelle fois sous la tente Massey Ferguscene pour profiter de la douceur du metal progressif de SOEN. Joel Ekelöf apparaît dans cette aura qui lui est propre : une présence tranquille, mais d’une intensité qui traverse immédiatement la foule. A ses côtés, Martin, Lars, Cody et Stefan déploient une précision organique, pour jouer notamment les morceaux issus du dernier album en date, “Reliance”.
La performance de la formation suédoise est élégante, sincère, engagée, habitée, pour un moment hors du temps.
MASS HYSTERIA
Choix cornélien sur le créneau de 21h00 : d’un côté, MASS HYSTERIA, de l’autre, VISIONS OF ATLANTIS. La bagarre ou le voyage. Partons pour la bagarre ! Une foule très compacte se presse contre la barrière de la Dave Mustage pour la dernière date de la tournée TENACE débutée en 2023. Cette halte en Bretagne sera le seul festival cette année pour le groupe.
Il est l’heure de lâcher enfin les lions au MOTOCULTOR : une folie furieuse s’empare du public dès les premières notes, pour un concert dantesque du début à la fin. Chapeau bas à la sécurité qui devra faire face à une marée humaine en flux continu, vivement encouragée par Mouss.
Pour cette ultime date avant une tournée plus intimiste organisée cet automne, le groupe va tout donner et enchaîne les hymnes : “Positif à bloc”, “Chiens de la casse” ou encore “L’enfer des dieux”. La communion entre la scène et la foule est totale, faite de poussière, de cri, de larmes et de poings en l’air.
Oui, MASS HYSTERIA, c’est plus que du metal, le groupe n’ayant plus à démontrer sa force dans le paysage du metal français.
VISIONS OF ATLANTIS
Tout juste sortie du concert de MIRACLE OF SOUND, j’enchaîne avec VISIONS OF ATLANTIS, et quelle claque théâtrale !
La mise en scène est sublime, portée par des costumes magnifiques qui nous plongent directement dans leur univers. J’ai adoré l’interaction avec le public : voir Clémentine Delauney échanger si facilement avec la fosse, pendant que Michele Guaitoli tente quelques phrases en français avec un charme maladroit – à la fois touchant et très drôle !
La complicité entre les musiciens fait vraiment plaisir à voir face à un public survolté. Entre les festivaliers venus avec leurs tricornes et l’apparition d’un véritable bateau pneumatique porté par la foule parmi les slammeurs, l’immersion pirate était totale !
EMPEROR
35 ans d’existence et une absence de 25 ans auront forgé la légende autour d’EMPEROR, pilier du black metal symphonique venu tout droit de la Norvège. Leur retour tant attendu, ainsi que l’excitation palpable parmi mes connaissances, m’ont conduite devant la Supositor Stage en ce vendredi soir.
Mais, ne souhaitant pas me faire brûler vive par les puristes, je me suis tournée vers Aymeric pour recueillir son ressenti. : “25 ans après le dernier album studio, “Prometheus: The Discipline of Fire & Demise”, EMPEROR a encore une fois livré une prestation exceptionnelle : la setlist a couvert toute leur discographie, depuis leur premier EP “Wrath of the Tyrant” jusqu’au plus progressif “Promotheus”, avec le titre “In the Wordless Chamber”.
Le professionnalisme et la musicalité des membres ne sont à prouver, et ont emmené le public dès les premières notes pour une heure de communion de black metal symphonique”.
MASTER BOOT RECORD
Projet fondé en 2016 par le musicien – ovni italien Victor Love, MASTER BOOT RECORD fusionne metal, synthwave, orchestrations électroniques et références geek, le tout calé sur des riffs assassins et une batterie en embuscade.
Évidemment sur scène, impossible de passer à côté de la mise en scène : vieil ordinateur, une figurine Gundam, entrée dans le BIOS, codage… Tout y passe !
Tout comme lorsqu’ils ont assuré la première partie d’IGORRR à l’Olympia à Paris l’an passé, l’objectif est clairement affiché : nous tabasser en cette fin de festival. La virtuosité du trio n’enlève rien à la force de leur musique : même sans connaître l’intégralité de l’univers, impossible de résister à l’envie de danser salement !
Mission réussie ! La mise à jour du programme s’est faite sans aucun écran bleu !
ALCEST
Place à l’un des moments que j’attendais avec le plus d’impatience : mon tout premier concert d’ALCEST.
Les pionniers du blackgaze nous plongent immédiatement dans leur univers, tissant des ambiances oniriques où la mélancolie se mêle à des envolées d’une rare intensité. C’est le genre de concert qu’on peut aussi bien vivre au cœur de la fosse que posé dans l’herbe un peu plus loin, simplement en se laissant porter par l’atmosphère.
Un set envoûtant, tout en délicatesse et en puissance, qui a totalement comblé mes attentes pour cette première fois en live.
FILTH
Dernier concert d’une journée intense et physique sur la Dave Mustage, plongeons dans le deathcore brutal des américains FILTH. Le public, un peu plus clairsemé à cette heure tardive, garde pourtant une envie intacte de se lâcher une dernière fois sur le site — en témoignent les nombreux moshpits qui s’ouvrent dans la poussière nocturne.
Une reprise de “Rollin’” de LIMP BIZKIT, parue sur le dernier EP du groupe “Welcome To Shell Town”, sorti cette année, vient relancer la machine et ambiancer la foule. FILTH ne fait pas dans la dentelle : Dustin Mitchell et ses comparses nous assènent coup sur coup en pleine face, sans répit. Et le pire, c’est qu’on aime ça.
Un final explosif pour conclure cette deuxième journée du festival (ou avant de finir au MACUMBA, au choix).
EIHWAR
Avec EIHWAR, duo français originaire de Toulouse, changement d’ambiance ! Le groupe nous embarque dans son univers de « Viking War Trance », mêlant percussions tribales, chants et sonorités électroniques inspirées de la mythologie nordique.
Mais très vite, ce n’est pas seulement la musique qui attire l’attention : c’est surtout la présence de la chanteuse. Impossible de passer à côté de son costume, absolument incroyable, qui colle parfaitement à l’univers du groupe. Elle prend complètement possession de la scène et nous offre un véritable show, aussi bien par son attitude que par son énergie.
J’ai également beaucoup apprécié les interactions avec le public. La chanteuse ne manque pas d’humour et n’hésite pas à jouer avec les festivaliers, créant une véritable complicité avec eux. Et à cette heure avancée de la soirée, cette capacité à maintenir le contact avec le public était clairement la bienvenue !
Très vite, les festivaliers se laissent entraîner par les rythmes particulièrement dansants du duo. C’est festif, énergique et surtout très communicatif. Et il faut le souligner : il est presque 2 heures du matin, la fatigue commence sérieusement à se faire sentir… et pourtant, EIHWAR réussit à maintenir tout le monde éveillé et même à faire bouger le public !





































































































































































































































































































































