
Un vrai coup de cœur pour cet artiste que j’avais découvert en coup de vent il y a quelque temps sur les réseaux. Délicieusement torturé, mélange des genres, entre metal, électronique, pop et parties rap, Arankai a cette capacité à passer d’une ambiance à l’autre sans jamais perdre en intensité. Avec The Shape of Blue, son deuxième album, il propose quelque chose de plus mature, plus abouti, mais toujours aussi incisif. Des morceaux chargés d’émotions, une voix pleine de rage, des textes très personnels et des riffs puissants. Le tout fonctionne évidemment tellement bien.
Signé chez Hopeless Records, Arankai développe un style bien à lui, quelque part entre metalcore moderne, sonorités électroniques et mélodies accrocheuses. Il arrive à éviter les pièges du genre, parfois un peu trop prévisible, en apportant constamment une touche inattendue à ses compositions. Sa manière d’exprimer la souffrance, la frustration et la rage donne une véritable identité à l’ensemble. Il pousse le curseur toujours un peu plus loin, et c’est un vrai plaisir.
Impossible de rester immobile en écoutant I Hope It Hurts. Entre ses riffs qui cognent, ses accents punk et ses passages plus mélodiques, le morceau illustre parfaitement cette capacité à mélanger violence et efficacité sans jamais tomber dans la facilité. À chaque fois que l’on pense avoir compris où il veut nous emmener, il ajoute un élément surprenant qui relance la machine. C’est ce jeu permanent entre puissance et mélodie qui rend sa musique aussi addictive.
Sa voix écorchée, parfois presque bouleversante, joue énormément dans cet équilibre. Elle passe de la rage pure à quelque chose de plus fragile, presque à vif, sans jamais perdre en sincérité. Les textes semblent venir d’un endroit profondément personnel, et ça s’entend. Il y a cette impression de trop-plein, de colère accumulée qui finit par exploser, mais aussi une vraie sensibilité derrière toute cette brutalité. Arankai ne cherche pas simplement à faire du bruit : il veut faire ressentir quelque chose.
Des titres comme Helter Skelter, Disobey, Sick & Sweet ou Playing God témoignent de cette envie de brouiller les pistes et de ne pas s’enfermer dans une seule formule. Les textures électroniques viennent bousculer les guitares, les mélodies apportent un contraste bienvenu et les changements d’ambiance maintiennent une tension constante. Rien ne semble figé, et c’est justement ce qui rend l’écoute aussi prenante.
Ce qui me plaît surtout chez Arankai, c’est cette façon de ne pas chercher à rendre la douleur jolie ou facile à écouter. Sa musique est parfois brutale, parfois étonnamment mélodique, mais elle reste toujours habitée. Il y a des aspérités, des contradictions et une forme de vulnérabilité qui empêchent les morceaux de sonner comme de simples démonstrations de puissance. Même lorsque ça cogne fort, l’émotion reste au premier plan.
Avec The Shape of Blue, Arankai confirme donc tout le potentiel entrevu lors de cette première découverte. Plus affirmé dans ses choix, il continue d’explorer les frontières entre les genres sans perdre ce qui fait sa singularité. Un album intense, imprévisible et franchement addictif, qui devrait parler à celles et ceux qui aiment leur musique un peu cabossée, avec de la rage, du cœur et suffisamment de surprises pour donner envie d’y revenir. De mon côté, le coup de cœur se confirme !

Artiste : ARANKAI
Album : The Shape of Blue
Date de sortie : 30/10/2026
Label : Hopeless Records




