Live Report KORN + ARCHITECTS + YOUTH CODE – 23/10/2026 – Accor Arena – Paris

Retour sur une soirée électrique à l’Accor Arena de Paris, où Korn, Architects et Youth Code se sont succédé devant un public survolté, avec Gwen pour Metalrock Magazine !
YOUTH CODE
C’est au duo américain Youth Code que revient la tâche d’ouvrir cette soirée parisienne. Formé en 2012 à Los Angeles, le projet réunit Sara Taylor au chant et Ryan George aux machines et synthétiseurs. Depuis plus d’une décennie, les deux musiciens développent un univers mêlant musique électronique industrielle, EBM et influences hardcore, qui les a notamment amenés à partager la scène avec des formations comme Nine Inch Nails ou Skinny Puppy.
Sur la scène de l’Accor Arena, le duo opte pour une configuration particulièrement minimaliste, sans véritable artifice, laissant toute la place à sa musique. Sara Taylor se démarque notamment par sa performance vocale, portée par une belle puissance, tandis que les sonorités électroniques donnent le ton de cette première partie.
Si la prestation ne manque pas d’énergie, j’avoue avoir eu un peu plus de mal à entrer dans leur univers musical. Une proposition assez particulière, qui ne correspond pas forcément à mes goûts, mais qui permet de découvrir une autre facette de la scène alternative avant l’arrivée d’Architects.

ARCHITECTS
Un show efficace, mais un peu trop court…
C’est ensuite au tour des Britanniques d’Architects de prendre possession de la scène. Le groupe fait son entrée sur les premières notes de « Whiplash », un titre issu de leur dernier album The Sky, the Earth & All Between, que j’affectionne particulièrement. De quoi commencer cette prestation sur une très bonne note !
Dès ce premier morceau, Sam Carter donne le ton en invitant le public à s’accroupir avant de sauter à l’unisson. L’énergie est au rendez-vous et le groupe enchaîne les morceaux avec une belle intensité. Malgré un temps de passage relativement court, les titres emblématiques sont bien présents, avec notamment « Doomsday », « Animals » ou encore « When We Were Young », sans oublier « Seeing Red » et plusieurs compositions plus récentes.
Côté scénographie, les jeux de lumière accompagnent efficacement les différents morceaux, offrant quelques beaux effets visuels. Le groupe assure une prestation dynamique, portée par une belle énergie sur scène.
La soirée réserve également quelques moments de partage avec le public. À l’occasion de l’anniversaire du batteur Dan Searle, toute l’Accor Arena se met à chanter « Joyeux anniversaire », dans une ambiance particulièrement chaleureuse accompagnée d’un petit discours très touchant.
Autre moment marquant, lorsque résonnent les premières notes de « Everything Ends ». Les téléphones s’illuminent un peu partout dans la salle, transformant les gradins et la fosse en une multitude de petites lumières. Une belle parenthèse au milieu d’un set jusque-là particulièrement énergique.
Si le plaisir de retrouver Architects sur scène est bien présent, difficile toutefois de ne pas comparer cette prestation à leur précédente tournée en tête d’affiche. Le spectacle proposé ce soir reste plus sobre et plus condensé, donnant parfois davantage l’impression d’assister à une première partie qu’à un véritable show d’Architects tel qu’on a pu le connaître.
Le groupe choisit de conclure sa prestation avec « Machine », son titre le plus récent. Un choix qui permet de terminer sur une note énergique, mais dont la fin arrive presque trop rapidement. Pas de rappel ni de véritable au revoir, laissant une petite sensation de trop peu.
Une très bonne prestation dans l’ensemble, même si elle ne détrônera pas, à mes yeux, le souvenir de leur précédent passage en salle. Quand on connaît le potentiel du groupe, on en aurait volontiers repris quelques morceaux supplémentaires !

Une Accor Arena en ébullition…
Après Architects, place à l’un des groupes les plus attendus de cette soirée : Korn ! Pour ma part, c’est une grande première puisque je n’avais encore jamais eu l’occasion de voir les Américains sur scène. Et à en juger par le nombre impressionnant de t-shirts à leur effigie aperçus dans les allées de l’Accor Arena depuis le début de la soirée, il ne fait aucun doute que les fans sont venus en nombre !
Avant même l’arrivée des musiciens, le changement d’ambiance est assez saisissant. La fosse se densifie considérablement, au point qu’il devient presque impossible de circuler près de la scène. Les spectateurs sont serrés les uns contre les autres et la pression de la foule se fait rapidement ressentir. L’impatience est palpable !
Lorsque les premières notes de « It’s On! » retentissent et que le groupe fait enfin son apparition, difficile de contenir son enthousiasme. Voir Jonathan Davis s’emparer de son célèbre pied de micro est un moment que j’attendais particulièrement. Bien plus qu’un simple accessoire de scène, il s’agit d’une véritable sculpture conçue par l’artiste suisse H. R. Giger, notamment connu pour avoir donné naissance à la créature d’Alien. Avec ses formes biomécaniques si caractéristiques, cette œuvre est devenue indissociable de l’image du chanteur. Et pour ma part, étant particulièrement sensible à l’univers artistique de Giger, la découvrir enfin de mes propres yeux rend ce moment encore plus spécial.
Le groupe enchaîne avec « Here to Stay », donnant immédiatement le ton d’un concert qui s’annonce particulièrement intense.
Dans la fosse, l’ambiance est électrique ! Malgré le manque de place, tout le monde bouge, saute et reprend les paroles à l’unisson. Les morceaux s’enchaînent sans que l’énergie ne retombe véritablement. Entre « Got the Life », « A.D.I.D.A.S. », « Coming Undone » ou encore « Y’All Want a Single », les incontournables sont au rendez-vous. Chaque nouveau titre semble provoquer autant d’enthousiasme que le précédent, comme si l’ensemble de la setlist était attendu avec la même impatience.
Sur scène, les musiciens ne sont pas en reste et participent pleinement au spectacle. Derrière ses fûts, Ray Luzier attire notamment l’attention avec ses jeux de baguettes, qu’il fait tournoyer et lance dans les airs avant de les rattraper avec une aisance impressionnante, sans jamais perdre le rythme. Une véritable démonstration de maîtrise qui ajoute une dimension spectaculaire à sa prestation. Un vrai show à lui tout seul !
Mais l’un des moments les plus marquants survient lorsque Jonathan Davis s’empare de sa célèbre cornemuse. À la vue de l’instrument, le public réagit immédiatement, conscient de ce qui l’attend. Les premières notes de « Shoots and Ladders » retentissent alors, pour le plus grand plaisir des fans. Un passage devenu emblématique des concerts de Korn, qui semble toujours autant faire son effet.
Côté scénographie, les Américains proposent également un spectacle particulièrement impressionnant. Les puissants jeux de lumière accompagnent les musiciens, tandis qu’une imposante structure mobile suspendue au-dessus de la scène se déplace et diffuse de nombreux faisceaux lumineux.
Par moments, le groupe semble évoluer à l’intérieur d’une immense boîte à lumière, créant une atmosphère presque irréelle. Une esthétique qui rappelle immédiatement les clips emblématiques des années MTV, avec leurs ambiances sombres, leurs éclairages marqués et cet univers visuel si particulier qui accompagnait le nu-metal à son apogée. Un véritable retour dans le temps, renforcé par les nombreux classiques interprétés au cours de la soirée.
Après une succession de morceaux qui auront fait vibrer l’Accor Arena, les musiciens quittent finalement la scène. Mais alors que le public attend la suite, un simple message apparaît sur l’écran en fond de scène : « More? ».
Une question à laquelle la salle semble avoir une réponse toute trouvée : évidemment qu’on en veut encore !
Les musiciens font alors leur retour pour attaquer « Falling Away from Me », relançant immédiatement l’ambiance dans la fosse. Le concert se poursuit avec « Blind » et « Twisted Transistor », avant de se conclure sur l’incontournable « Freak on a Leash ». Une dernière occasion pour le public de se déchaîner et de reprendre en chœur l’un des morceaux les plus célèbres du groupe.
Plus de trente ans après ses débuts, Korn démontre qu’il n’a rien perdu de sa capacité à fédérer les foules. Entre une setlist riche en classiques, une scénographie particulièrement réussie et un public déchaîné du début à la fin, les Américains auront offert une prestation mémorable.
Pour une première rencontre avec Korn sur scène, difficile d’espérer mieux ! Une expérience aussi intense musicalement que visuellement, qui restera sans aucun doute l’un de mes plus beaux souvenirs de concert.

Merci à Live Nation pour l’invitation. La prochaine fois, pensez à nous pour un Pass Photo, c’est plus sympa !




