
Il aura fallu cinq ans pour que sorte le nouvel album du groupe français de post-rock ECHO SAYS ECHO.
Après Pause, sorti en 2021, Alain Delvart (basse), Alberto Franchi (guitare) et William Gaune (guitare), rejoints par Thomas Barrate à la batterie, ont pris le temps de se réinventer, pour revenir avec l’explosif Aithaleia, “la Suie” nom donné à l’île d’Elbe dans l’Antiquité par les grecs, évoquant son passé métallurgique.
La sortie est prévue le 27 février prochain, sur le label français VOICE OF THE UNHEARD, spécialisé dans le post-rock, le post-hardcore et le screamo.
Avant de passer à la chronique de l’album, arrêtons-nous sur le sublime artwork réalisé par Ariane Patenaude, nous mettant d’emblée dans l’ambiance à laquelle Aithaleia va nous entrainer : un miroir à la symétrie idéale et paradoxale, nous faisant glisser inexorablement d’une face propre et lisse à la destruction totale de ce que nous connaissons, du monde et de nous-même. Et pourtant, il n’est pas question de désolation, la vie circule, nous obligeant à voyager vers un monde nouveau, à l’image de cette fusée en filigrane. Cette pochette reflète le renouveau opéré par ECHO SAYS ECHO.
L’album s’ouvre avec “Noisy Cave”, pour une entrée en matière très énergique mettant en valeur harmonieusement l’intégralité des instruments des quatre musiciens. Le voyage commence, après avoir glissé le long d’une cascade, entrainé par les courants, une petite hébétude nous cueille, pour reprendre notre souffle avant la suite. Nous dérivons sur des flots plus calmes, puis l’atmosphère s’assombrit, s’alourdit — l’entrée dans la grotte qui donne tout son sens au titre. À la cinquième minute, un nouveau basculement : une teinte plus électronique, portée par l’arrivée du synthé, terminant le morceau mais nous laissant sur notre faim.
Nous atterrissons sur le titre suivant, “The Landing”, dont la longue introduction m’a fait penser au titre “Future Warriors” de PALMS. Je reconnais sur ce titre un gros travail autour de la batterie, sous l’impulsion de Thomas, avec un son très clair et en même temps vaporeux. Au fil des secondes, le morceau nous fait quitter le sol sur les notes enveloppantes et qui se perdent dans l’espace. Seules les notes les plus puissantes résonnent encore sur le final, comme les derniers souvenirs d’une planète que l’on vient de quitter, au moment même où l’on atteint “Volta Celeste”.
“Volta celeste” est le deuxième single sorti pour promouvoir l’album. Après avoir laissé derrière nous notre terre originelle, le voyage se poursuit dans l’étendue étoilée. La douceur du début du morceau nous entraine dans un monde d’une solitude infinie, où la nuit est reine et pourtant, une sérénité s’installe. Cet abandon de soi nous livre sans retenue vers le renouveau, dicté par une transition douce mais sans retour en arrière. La guitare se fait plus agressive, nous invitant à lâcher prise. L’humanité se rappelle lointainement à nous sur les dernières secondes avec des “oh oh oh” pour clôturer le morceau.
L’énigmatique et déroutant “HHID” suit, avec de nombreux changements de rythme pour un final explosif – peut-être le titre qu’il m’a pris le plus de temps à appréhender et qui sert surtout de transition sur les deux puissants derniers titres.
Pour annoncer la sortie de Aithaleia, le groupe a choisi “Stuck In Eternity”, accompagné d’un clip à l’ambiance INTERSTELLAR (étant l’un de mes films préférés, le clip a su me transporter), avec une colorimétrie oscillant entre poussière et ultra-saturation, sous la direction du batteur Thomas Baratte. Ce titre constitue à mon sens le point d’orgue de cet album. Il marque le moment charnière où l’on se retrouve face à soi-même et à nos questionnements. Une autre voie est possible, tout n’est pas chaos destructeur. Il y a les choix que l’on fait. Celui où l’on tourne le dos à qui l’on est. Celui où l’on se fait face. Quel chemin suivre ? La réponse n’appartient qu’à nous-mêmes. Le bien nommé “Dissensus” clôture l’album dans un périple de plus de 9 minutes, dans des visions qui ne cessent de rentrer en collision. Le morceau explore la dissension intérieure qui peut nous habiter, entre espoir et renoncement. Si l’on croyait la réponse ultime à la portée de notre main, elle s’envole une nouvelle fois, dans une apothéose finale qui nous percute jusqu’aux dernières notes qui s’étirent.
Aithaleia est un disque qui parfois déroute dans ses contrastes et qui reste cependant parfaitement cohérent, où l’on sent que chaque membre a pu s’exprimer et pu mettre à l’honneur la technicité de son instrument. L’arrivée de Thomas à la batterie a su apporter une profondeur au son de ECHO SAYS ECHO. Le voyage tout au long de ces six titres est sinueux, les paysages variés, où l’on pourrait s’y perdre, mais c’est ce qui en fait toute la richesse. Faut‑il vraiment chercher une réponse aux questionnements universels ? Ou bien l’essentiel n’est‑il pas simplement de continuer à explorer, pour que la vie circule encore et toujours ?
Afin de fêter dignement la sortie de leur nouvel album, le groupe parisien vous invite à partager avec eux une soirée exceptionnelle au BACKSTAGE BY THE MILL le 28 février prochain, en compagnie de DRONTE et de DEMANDE À LA POUSSIÈRE. Serez-vous du voyage ?

Artiste : ECHO SAYS ECHO
Album : Aithaleia
Date de sortie : 27 février 2026
Label : Voice Of The Unheard Records





