
BELZEBONG revient comme une brume épaisse qui rampe au ras du sol : lente, lourde, inévitable.
Avec « The End Is High », EP de quatre morceaux étirés sur près de 34 minutes, le quatuor polonais, formé à Kielce en 2008, rallume le brasier du stoner/doom instrumental et le laisse brûler sans un mot, uniquement porté par la gravité du riff et la pulsation des peaux.
La sortie est annoncée le 20 février 2026 via Heavy Psych Sounds Records.
Ici, pas de voix pour guider. Seulement des masses sonores qui se déplacent comme des monolithes. BELZEBONG connaît l’art d’installer une transe, de faire naître une idée simple, puis de l’épaissir, de la rendre plus sombre, plus chaude, jusqu’à ce qu’elle devienne un paysage. Une musique qui avance au ralenti, mais qui n’hésite jamais. Elle écrase doucement, avec le sourire noir d’un groove trop sûr de sa force.
L’EP ressemble à un petit rituel en 4 stations. On y entre comme on pousserait une porte sur un hangar plein de fumée, et l’air change immédiatement. Plus dense, plus bas, plus électrique. Il y a dans « The End Is High » une dramaturgie sans paroles, un récit raconté par la répétition, la montée, le retour du motif, comme si le groupe sculptait le temps lui-même, pour y laisser des empreintes. Et, autour, l’imagerie assumée d’un monde qui s’éteint No salvation. No redemption. Bong. Fire. Death, comme une phrase-gravure au couteau sur un arbre d’une fin de nuit.
La matière, elle, est taillée pour tenir debout. Enregistré et mixé par Satanic Audio (Sound of Records), l’ensemble sonne comme une coulée de lave refroidie, rugueuse, compacte, et pourtant parcourue de reflets. L’objet est enveloppé par l’artwork de Sheepy Dude, complété par des photos créditées à Łukasz Jaszak. Chez BELZEBONG, le visuel n’est jamais un accessoire, c’est une autre couche de suie.
Puis viennent les titres, ces longues allumettes qu’on craque une à une :
« Bong & Chain » ouvre la marche, morceau-fleuve qui déroule sa chaîne avec une patience cruelle, laissant le riff se répéter jusqu’à devenir une évidence.
« 420 Horsemen », annoncé comme le premier éclaireur, surgit plus ramassé. Une charge courte à l’échelle BELZEBONG, mais assez chargée en goudron pour annoncer ce qui suit.
« Hempnotized » tient sa promesse. Le morceau hypnotise, non pas par la vitesse, mais par la lenteur, celle qui finit par vous respirer dans le cou.
« Reefer Mortis » ferme la boucle comme un rideau de fumée qui retombe. La lourdeur devient presque cérémonielle, et le silence après la dernière mesure a quelque chose d’un lendemain.
Derrière ce mur mouvant, la formation actuelle reste fidèle à ses figures : Sheepy Dude (basse), Alky Dude (guitare), Cheesy Dude (guitare), Hexy Dude (batterie). 4 silhouettes, 4 moteurs, un même culte du riff qui tourne jusqu’à faire oublier l’heure.
Ce qui rend « The End Is High » précieux, c’est qu’il ne cherche pas l’effet mais l’emprise. Après les jalons précédents et la continuité d’une esthétique immédiatement reconnaissable, BELZEBONG signe un EP qui se vit autant qu’il s’écoute, une musique pensée pour les murs d’une salle et la vibration des corps, mais qui tient aussi au casque, quand la nuit est assez vaste pour laisser passer la fin du monde en sourdine.

Artiste : BELZEBONG
Album : The End is High
Date de sortie : 20/02/26
Label : Heavy Psych Sounds Records




