Interview avec Vivien Gentil de RHONE’S HEADBANGERS, l’association qui promeut le metal dans le Gard Rhodanien
« Cela faisait un bon moment que je rêvais de voir des événements metal se tenir près de chez moi ». En ces termes, Vivien Gentil (aka Béki), co-président de l’association Rhône’s Headbangers résume la situation musicale dans le Gard Rhôdanien. Un vide. Pour celui qui a débuté le metal dans la toute première formation d’ALCEST en 1999, et qui a fondé son propre projet musical, CULT MARTYR, il manquait le metal dans sa région arborée, plutôt caractérisée par la garrigue, que par les salles de concert, les guitares et les batteries Il revient sur la création de l’association.
Pourquoi cette volonté de créer une association ?
Trop souvent, les concerts sont soit rares, soit trop éloignés, et ça crée une vraie frustration pour les passionnés du coin. Grâce à mes expériences de groupes, j’ai eu l’occasion de côtoyer pas mal de musiciens talentueux, qui eux aussi galéraient à trouver des dates dans la région. Le metal est une culture riche, mais encore trop méconnue dans certaines zones. À travers Rhône’s HeadBangers, j’ai voulu lui redonner ses lettres de noblesse, le rendre accessible, vivant, et surtout, fédérateur.
En 2024, j’ai été motivé par Neige, qui partage un véritable amour pour la musique. Mais c’est avec mon ami Benjamin Noual, qui avait lui aussi cette envie de promouvoir le metal localement, que nous avons réellement fondé l’association. Juste tous les deux, sur un coin de table, avec l’envie simple mais forte de faire bouger les choses.
Comment s’organise l’association ?
Rhône’s HeadBangers est une association qui évolue avec le temps. On est en train de réorganiser le bureau, car plusieurs amis nous ont rejoints dans cette conquête du metal, et sans eux, on n’en serait clairement pas là. On va bientôt officialiser une nouvelle équipe, avec une co-présidence : Benjamin Noual et moi-même. On se complète super bien — moi, je m’occupe de la partie artistique, des groupes, de la technique ; lui, il gère tout le relationnel avec les mairies, les démarches administratives, la logistique… Et autour de nous, on a des membres en or, des gens motivés qui se bougent pour que l’asso soit bien structurée, sérieuse, mais toujours dans un esprit de passion et de camaraderie. C’est vraiment une aventure collective.
T’es-tu inspiré d’autres associations ? Est-ce un processus difficile ?
Non, je ne me suis pas vraiment inspiré d’autres associations. J’ai participé à pas mal de festivals au fil des années, donc quelque part, ça m’a sûrement influencé inconsciemment. Mais pour Rhône’s HeadBangers, on a surtout suivi notre instinct et notre passion. Par contre, côté administratif… c’est une autre histoire. Le système français est assez complexe, et on a eu notre lot de galères pour monter l’asso dans les règles. Mais avec de la motivation et de la patience, on finit par y arriver !
Quelles sont les perspectives de Rhône’s HeadBangers ?
L’ambition de Rhône’s HeadBangers, c’est avant tout de promouvoir le metal dans notre région. On est super heureux de voir que certaines communes jouent le jeu, comme Pont-Saint-Esprit qui nous a vraiment soutenus pour le festival, ou encore La Moba, cette salle de concert géniale juste à côté de chez nous. Pour l’avenir, on aimerait organiser une ou deux dates ponctuelles dans l’année, axées sur des styles plus extrêmes comme le black metal ou le death metal. Et bien sûr, notre gros projet, c’est le Rhodanian Fest. Ce festival, on veut en faire un vrai rendez-vous metal, avec des stands variés, une ambiance conviviale, et surtout un événement accessible à tous. Pour la première édition, on a eu des familles avec enfants, des luthiers, des artistes de tous horizons… et ça a été un vrai succès. Si la municipalité continue de nous soutenir, on pourra aller encore plus loin. Et je peux déjà dire qu’on prépare de très belles surprises pour l’année prochaine, avec une grosse tête d’affiche qui devrait faire plaisir à pas mal de monde !
Qu’est-ce que tu entends créer dans les villages alentour ?
Mon objectif, c’est bien sûr de rassembler les passionnés de metal, mais aussi toutes les personnes qui aiment la musique en général. Je veux surtout mettre en avant des styles comme le black metal et le death metal, qui méritent d’être mieux connus et reconnus.
J’espère que le public sera curieux et attentif à nos concerts, parce que c’est comme ça que l’aventure peut continuer. Il faut rester ouvert, car on peut tomber sur de vraies pépites musicales. La nouvelle génération de musiciens metal est ultra talentueuse, et c’est important de leur donner une scène, même dans les villages. C’est là que la culture peut vraiment prendre racine.
En quoi est-ce important de développer la scène metal ailleurs qu’en zone urbaine ?
Je pense que c’est essentiel de développer la scène metal dans notre région, parce que tout le monde n’a pas forcément les moyens ou le temps de se déplacer loin pour assister à des concerts. C’est pour ça que notre association a toujours eu à cœur de proposer des événements à prix bas, voire gratuits. On veut que ce soit accessible à tous, sans barrière financière.
Et puis, il y a énormément de musiciens talentueux dans le coin. Leur offrir une scène, une vraie chance de jouer devant un public, c’est non seulement plaisant, mais aussi nécessaire pour faire vivre la culture metal localement.
