Le groupe KILL THE PRINCESS a pris le temps de répondre à nos questions à l’occasion de la sortie de leur album « A Fire Within », paru aujourd’hui le 21 novembre 2025.
Pouvez-vous présenter le groupe pour les personnes qui ne vous connaissent pas encore ?
Kill The Princess, c’est un groupe de rock alternatif 100% féminin né d’un refus : celui des rôles imposés et d’un paysage musical où les femmes sont encore trop souvent invisibles. Fondé par Nell (chant/guitare), le projet prend véritablement son essor avec l’arrivée d’Émilie à la guitare lead et de Céline à la basse et aux chœurs en 2021 puis d’Eva à la batterie en 2022.
Ensemble, on crée un son qui navigue entre pop, punk et metal : brut, sensible et sans compromis. Sur scène, on défend un rock intense et engagé où chaque morceau porte autant une émotion qu’une revendication.
Notre musique parle de féminisme, de queer pride, de résistance mais aussi de tout ce qui nous bouscule intérieurement. Kill The Princess, c’est notre manière de prendre la place qu’on nous refuse et de montrer que les femmes peuvent occuper le rock avec force, rage et conviction.
Quel est le message central ou l’émotion dominante que vous avez cherché à transmettre avec le titre de l’album, « A FIRE WITHIN » ? Comment ce « feu intérieur » se manifeste-t-il dans les paroles et la musique ?
A Fire Within, c’est le feu qu’on porte tou·te·s en nous : celui qui nous anime mais qui peut aussi nous consumer. L’album explore autant la révolte que la fragilité, la colère que la renaissance. Musicalement, ce feu se traduit par un son plus brut, plus organique : riffs tranchants, rythmes syncopés, harmonies ciselées, scream quand il le faut, toujours au service de l’émotion.
Dans les textes, on parle d’émancipation (Bury the Castles), de différence assumée (The Outsider), de blessures familiales (What You Wanted), de rapports de domination (Your Denial / Equality in Xtasy), de résistance face au monde (Grim Survival, Glass Ceiling).
C’est un album qui embrasse autant la lumière que l’ombre.
Comparé à vos travaux précédents, quelles ont été les nouvelles sources d’inspiration (musicales, littéraires, ou personnelles) qui ont le plus influencé l’écriture de cet album ?
On continue de puiser dans nos propres vécus, dans nos colères, nos deuils, nos reconstructions. Musicalement, on a laissé entrer plus d’audace, plus de contrastes.
On a aussi été portées par la scène alternative actuelle (Paramore, The Warning, Nova Twins) et indé française (Grandma’s Ashes, IMPARFAIT, SUN, Revnoir) mais aussi par tout ce qui nous nourrit en dehors de la musique : littérature féministe, récits intimes, actualité sociale et politique, artistes engagés (Lofofora, Noémie De Lattre, Waly Dia etc…).
Tout cela a façonné un album plus viscéral, plus mature, plus affûté.
Y a-t-il une chanson en particulier sur l’album qui représente le mieux l’âme de « A FIRE WITHIN » ? Si oui, laquelle et pourquoi ?
Bury the Castles est sans doute celle qui incarne le mieux l’âme du projet. C’est un hymne d’émancipation : renverser les contes de fées, détruire les attentes imposées, reprendre possession de son histoire. Elle réunit tout ce qui fait A Fire Within : puissance, vulnérabilité, rage de liberté et volonté de se reconstruire.
Elle est à la fois politique et intime, lumineuse et combative exactement comme l’album.
Comment s’est déroulé le processus d’écriture et d’enregistrement de cet album ? Avez-vous adopté une nouvelle approche ou rencontré des défis inattendus pendant la production ?
L’écriture s’est faite principalement en 2024, dans une période très dense où nos vies personnelles et l’actualité pesante ont beaucoup influencé nos textes. On a travaillé de manière beaucoup plus collective que sur Bitter Smile, en répèt et à distance.
En studio, on a cherché un son plus vivant, en refusant le formatage jusqu’à parfois accepter les accidents qui rendent un morceau plus humain.
Le défi, ça a été d’équilibrer nos influences très diverses tout en gardant une direction claire. Mais ça nous a poussées à nous réinventer et à aller plus loin.
Comment décririez-vous l’évolution du son de KILL THE PRINCESS entre votre dernier projet et « A FIRE WITHIN » ? Y a-t-il eu un effort conscient pour explorer de nouveaux genres ou textures sonores ?
A Fire Within est plus mature, plus tranchant et plus contrasté que Bitter Smile. Là où notre premier album posait les bases — un rock alternatif viscéral, ancré dans les combats féministes et les tensions sociales — celui-ci assume pleinement notre identité hybride.
On a exploré davantage les textures, les polyrythmies, les contrastes entre douceur et rage, pop et metal, souffle et scream. On ne cherche pas à rentrer dans une case : on compose comme on vit, de manière libre et indisciplinée.
Il y a un vrai cap franchi : plus de sincérité, plus d’intensité, plus de vulnérabilité assumée. A Fire Within, c’est nous, sans filtre.
Si vous deviez choisir un mot pour décrire l’atmosphère sonore générale de cet album, quel serait-il et pourquoi ?
Brûlant parce que A Fire Within est un album où tout est vécu, ressenti, incarné.
Qui a produit l’album ? Comment leur vision a-t-elle aidé à sculpter le son final de « A FIRE WITHIN » ?
L’album a été produit aux côtés de Niko “Hk” du studio Vamacara qui a immédiatement adhéré à notre vision. Il a su capter notre énergie naturelle et la pousser encore plus loin, en renforçant l’équilibre entre intensité, émotion et impact.
Nous avons aussi pu compter sur Elise Thénard et son un œil précieux sur la direction artistique. Elle nous a aidées à rester alignées, à donner du sens à nos choix et à faire en sorte que l’esthétique visuelle et sonore avancent ensemble.
Et surtout, l’album est produit par notre propre label associatif, Music Maze. Ça nous a permis de travailler en totale liberté, sans compromis, sans qu’on nous impose quoi que ce soit. On a pu aller au bout de nos idées, exactement comme on les ressentait.
Comment le rôle de chaque membre a-t-il évolué dans la création de cet album ? Y a-t-il eu des changements dans la dynamique du groupe ou dans les responsabilités créatives ?
Nos rôles n’ont pas fondamentalement changé mais on a eu plus d’espace pour jammer, expérimenter et sortir de nos automatismes. Chacune s’est lancée des défis, a testé de nouvelles approches, de nouveaux sons, de nouvelles façons de jouer.
Cette liberté et cette curiosité partagée ont enrichi la dynamique du groupe : on a essayé de se tirer vers le haut, en allant au-delà de nos acquis pour voir jusqu’où notre musique pouvait nous emmener.
Ce n’était pas tant une redistribution des rôles mais plutôt une évolution naturelle.
Si vous pouviez présenter cet album à un auditeur qui n’a jamais écouté KILL THE PRINCESS, par quelle chanson lui conseilleriez-vous de commencer pour qu’il comprenne votre univers ?
On conseillerait de commencer par What You Wanted parce qu’elle résume vraiment notre univers. Musicalement, elle traverse tout ce qu’on sait faire : des passages aériens, des envolées puissantes, un break down de folie, de la rage assumée… Et émotionnellement, elle oscille entre colère criée et douleur retenue, ce qui capture bien notre façon d’aborder les thèmes intimes.
Pour un·e auditeur·rice qui préfère une entrée plus douce, on recommanderait Pieces, plus posée et vulnérable et pour celleux qui veulent directement plonger dans notre versant le plus lourd, Grim Survival est la porte idéale.
La sortie est prévue le 21 novembre 2025. Comment le groupe se sent-il à l’approche de cette date ? Quelles sont vos attentes principales pour la réception de cet album par vos fans ?
On oscille vraiment entre excitation et appréhension. On s’est données corps et âme dans cet album et on en est très fières. Savoir qu’il va bientôt quitter nos mains pour devenir celui du public, c’est à la fois magnifique et très intimidant.
On espère que les gens vont s’y reconnaître, qu’ils vont kiffer autant qu’on a kiffé le créer, qu’ils seront touchés par les messages et embarqués par l’énergie.
Notre plus grand souhait, c’est que A Fire Within trouve sa place chez chacun·e, que ce soit une étincelle, un refuge, un cri ou une force.
Quels sont les prochains projets visuels liés à « A FIRE WITHIN » ? Vont-ils raconter une histoire ou renforcer un thème spécifique de l’album ?
On a déjà sorti 3 clips : What You Wanted, The Outsider et Pieces. Ces vidéos ont posé les bases de l’univers de l’album et sont visibles sur notre chaine Youtube.
Pour la suite, on prévoit une vidéo live de notre release party donc si vous voulez participer à l’énergie révoltante de ce concert, faut prendre votre place ^^
Pour finir, on aimerait beaucoup mettre en image Grim Survival. C’est un titre sombre, dystopique, qui offre énormément de possibilités pour un clip porteur de message et visuellement fort.
Après la sortie de l’album, quels sont vos projets pour la tournée ? Vous devez avoir hâte de jouer ces nouveaux morceaux en live, quel titre réjouissez-vous le plus d’interpréter sur scène ?
Complètement ! Pour nous, la musique ne prend vraiment vie qu’en live, dans l’échange avec le public. Que ce soit des fans qui nous suivent depuis le début ou des personnes qui nous découvrent, on adore cette émulsion collective que procurent les concerts.
On a hâte de balancer le riff d’ouverture de Your Denial, de provoquer un pogo massif sur le final de Grim Survival, d’intriguer les gens sur Dice Roll, de toucher leur corde sensible avec Under The Water ou encore de les entendre chanter en chœur les “ohoho” de Bury the Castles.
La date à retenir est le 17 janvier au Petit Bain, pour notre release party. Pour toutes les autres dates de la tournée, il faudra suivre nos réseaux ou notre site officiel.
