Interview avec Marie, Hugo, Simon & Clément du groupe MELINOË !
MELINOË est un quatuor de rock alternatif noir originaire d’Ile-de-France formé en 2021.
Le groupe mêle une voix soul et lyrique à des ambiances sombres et torturées.
A l’occasion de leur passage au festival FOUD’ROCK en ouverture du deuxième jour grâce à leur victoire au tremplin, j’ai interviewé Hugo (basse), Marie (chant), Simon (guitare) et Clément (batterie) de MELINOË.
Pouvez-vous vous présenter pour les personnes qui ne vous connaissent pas encore ?
Simon : MELINOË est un groupe de rock alternatif, originaire des Yvelines, qui mélange une voix soul et lyrique, sur des ambiances sombres et torturées. De mon côté, j’y joue de la guitare.
Marie et Clément, vous avez rejoint le groupe très récemment (en 2024). Comment s’est passée votre intégration ? Qu’avez-vous pu apporter au groupe ?
Clément : Oui, ça fait un an et demi qu’on a rejoint le projet. Je suis assez timide de base quand j’arrive dans un nouvel environnement. En plus, arriver dans un groupe, c’est une expérience particulière dans le sens où l’on va passer beaucoup de temps ensemble. Le recrutement ne s’est pas fait parce qu’on était potes mais parce que j’ai répondu à une annonce et j’ai passé une audition. Les six premiers mois, je suis resté en retrait. Forcément l’intégration de nouveaux membres, ça bouscule un peu les lignes du groupe, et comme on travaille avec des jams, des impros, on apporte notre propre patte du fait de nos influences et de ce que l’on a envie d’apporter. Il y a un nouvel équilibre qui se crée et j’espère encore améliorer la qualité du groupe.
Marie : de mon côté, j’ai trouvé que l’intégration a été assez chouette, on a été très bien accueilli. A vrai dire, je n’étais pas sûre d’être prise car lors de l’audition, j’ai chanté les paroles de la mauvaise chanson [rires]. C’est dire que le stress est un élément majeur chez moi ! Ils ont fait le pari de me faire confiance. J’ai aussi l’impression d’avoir carte blanche derrière, de proposer mes influences, notamment de lyrique. On me laisse avoir peur, prendre mon temps et progresser, c’est vraiment chouette, ils ne me mettent pas la pression. Dès qu’il y a une merde, ils me disent : “c’est pas grave, jam” et ça me permet de me reconcentrer et de donner le meilleur de moi-même derrière. Une loyauté entre nous s’est affirmée assez vite et maintenant, on est au stade où ça percute un peu plus les influences. Bon, on va passer sur le bizutage [rires].
Dommage, c’est ce qui m’intéresse le plus !
Marie : ces informations resteront confidentielles !
Je vous ai découvert lors de la soirée d’adieu de Met’Assos, La Tour met les Voiles, en juin 2025. Vraiment, je n’aurais pas deviné que toi et Clément étiez arrivés après. C’est que l’intégration s’est bien faite !
Vous bénéficiez actuellement de l’accompagnement du programme Step Up de l’Espace Vasarely (Antony). Dans quelle mesure vous aide-t-il à développer votre projet ? Sur quels aspects aviez-vous le plus envie de travailler ?
Clément : Il y a un diagnostic qui s’est fait avec Cédric et Yohann [de l’espace Vasarely] qui sont les encadrants du programme. On a décidé de mettre l’accent sur tout ce qui était direction artistique, en passant par les codes vestimentaires ou les lumières également. Il y a Alan qui nous a rejoint dernièrement et qui fera justement les lumières ce soir à FOUD’ROCK, c’est nouveau pour nous. On bénéficie également de résidences scéniques pour travailler sur scène, à travers du coaching dès le mois de décembre. On est aussi à fond dans le démarchage, on essaye de comprendre les rouages.
Marie : Ils nous apportent un avis extérieur très bienveillant. Ils sont également très disponibles et c’est très important pour nous. Quand tu as la tête dans le guidon, tu ne te rends pas forcément compte de ce que tu dégages, de ce qui se passe sur scène. Ils nous donnent les codes, ce qui se dit, ce qui se fait, parce qu’il n’y a rien d’évident au final.
Clément : Et ils savent aussi nous dire quand ce n’est pas bien. C’est bien d’avoir de l’objectivité dans ce milieu.
Marie : Il n’y a que MELINOË qui bénéficie de ce programme, ça leur permet de se concentrer sur un seul projet, même s’ils aimeraient bien en avoir plusieurs s’ils avaient plus de moyens. L’équipe nous a mis en contact avec le groupe de l’année précédente, AT MOS, qui nous a expliqué comment profiter à fond du programme. On n’a que des retours positifs de l’équipe, les gens sont gentils, le son est bon, on se sent comme à la maison.
Vous êtes en train d’enregistrer votre premier album. Comment travaillez-vous dessus ? Quelles sont vos inspirations et influences ?
Simon : c’est toujours un peu délicat quand on parle inspirations ou influences, parce qu’on n’a jamais réussi à vraiment à les identifier. Notre ligne directrice à la base allait de RAGE AGAINST THE MACHINE à PORTISHEAD. Mais comme on a une grande composante de jam, ça se fait à l’intuition. Niveau inspiration, on prend de tous les médias possibles tant qu’ils parlent mal-être, de noirceur, d’être torturé ou malheureux.
Marie : Tu as raison, ça me vient maintenant. On n’a pas d’influence musicale du style “tiens ce groupe est trop cool, je veux faire pareil”. On a tous écouté des choses très différentes et ça a forgé qui on est et ce qu’on a envie d’exprimer. C’est plutôt nos personnalités qu’on a envie de mettre en avant et notre manière de voir la musique qui va s’entrechoquer ou bien se conforter.
Clément : Comme à la base, on n’est pas une bande de potes, ça fait qu’on n’a pas forcément des références communes. Par exemple, moi j’ai fait des percus classiques, j’ai joué dans un orchestre alors qu’après, j’écoutais plutôt du black et du death – ce qui n’est pas vraiment le style de MELINOË.
Marie : Moi je viens du jazz.
Simon : Moi plutôt du grunge.
Hugo : Et moi du metal progressif.
Clément : Voilà quand tu mets tout ça bout à bout, tu secoues et ça donne MELINOË.
Et pour l’écriture ? Vous mettez de vos expériences personnelles ? Vous écrivez tous ensemble ?
Hugo : Ça dépend. Ça peut être un membre du groupe qui arrive avec une ébauche, des riffs, une suite d’accords qui ont besoin de “mélinoëfication”. Ou bien, lors des répètes quand on s’échauffe en jammant, parfois il y a une alchimie qui se crée. Et là il y a toujours Simon qui a son téléphone à côté et qui a le réflexe de tout de suite enregistrer ce qu’il se passe. Dans tous les enregistrements que l’on a, on trie ce qui est utilisable ou non. Quand il y a une jam qui revient de manière récurrente, on finit par en faire un morceau.
Clément : par exemple, le titre “Sixteen” était une compo de Simon à la base qu’on a retravaillée ensemble et modifiée. Idem pour “Sable noir”, c’est parti d’une impro, d’un groove à la batterie et à la basse.
Simon : c’est aussi parti qu’on butait sur le refrain. On a essayé de trouver un refrain et à la place, on a trouvé une autre compo.
Hugo : on laisse vraiment venir à nous les idées. Par exemple, Clément va sortir un rythme africain, on se dit que tout seul c’est bizarre, ça ne sonne pas MELINOË. Simon va claquer un accord et là on se dit, ok c’est parti, on y va.
Marie : En gros, on sait que les influences sont là mais on ne sait pas encore ce que c’est.
Clément : À chaque fois qu’on essaye de nous trouver une étiquette, c’est toujours une influence différente.
C’est vrai que maintenant, il existe tellement de styles différents que ça en devient difficile de poser une étiquette musicale. Moi par exemple, je suis nulle à définir un style, comme je ne suis pas musicienne, je préfère parler de ce que je ressens, des émotions que je reçois de la musique.
Clément : C’est important qu’on ait ce type de retour, comme on est en construction de notre DA.
Du coup, votre album est prévu pour 2027 ?
Marie : On va enregistrer au printemps-été 2026. Si c’est prêt avant la fin de l’année, on sera content.
Clément : dans tous les cas, on préfère prendre notre temps pour que le résultat soit là.
Je vous interviewe à quelques heures d’ouvrir la deuxième journée de FOUDROCK, avant d’accueillir notamment ASHEN et AKIAVEL. Comment vous sentez-vous ?
Hugo : Impatients !
Marie : L’anxiété est présente quoiqu’il arrive… ça ira mieux tout à l’heure !
Clément : Moi je suis un peu stressé.
Marie : En vrai, j’ai hâte que notre concert soit passé, qu’on ait pu kiffer et qu’on ait eu notre dose d’adrénaline et qu’on puisse profiter des quatre autres concerts.
Simon : Moi j’ai hâte d’être à mon premier solo [rires].
Hugo : FOUD’ROCK nous a laissé le temps de nous mettre en place, c’était vraiment cool !
Je suis sûre que ça se passera très bien ! FOUD’ROCK est vraiment une asso qui a à cœur de mettre en lumière les groupes émergents, d’où la création du Tremplin d’ailleurs.
Un dernier mot pour clôturer notre interview ?
Hugo : On a hâte que Simon fasse son premier solo ! [rires]
Marie : Pour celles et ceux qui nous écoutent, pouvez-vous nous aider à définir nos influences ?! On va mettre un avis de recherche !
Je remercie Hugo, Marie, Simon et Clément d’avoir réalisé cette interview à quelques minutes de leur passage à FOUD’ROCK.
Retrouvez le live report associé à leur prestation sur le site de Metal Rock Magazine.
