Le 28 novembre 2025, j’ai eu la joie extrême de pouvoir interviewer JP, guitariste et fondateur de NARAKA, juste avant leur prestation au Pit Dog de Lorient !
Salut JP ! Comment vas-tu ?
Salut Indie ! Bien et toi ?
Ça va super, merci ! NARAKA : parle-moi un peu du groupe !
NARAKA, fondé en 2020 en plein COVID-19, l’herbe coupée sous le pied, on va dire, lors de la finalisation du premier album, qui a été mixé par Logan MADER, l’ancien guitariste de MACHINE HEAD que tout le monde connaît !
Donc fondé en 2020 avec un premier album sorti en 2021. Et le deuxième album « Born in darkness » qui vient de sortir il y a de cela quelques mois !
Deux albums à la clé et on bosse déjà sur le troisième pour une sortie, je pense, fin 2027.
Très bien ! Niveau conception de l’album, quel est votre processus d’écriture ?
Alors c’est moi qui fais tout ! J’ai fondé, mon bébé, on va dire, tu vois, et après j’ai trouvé les gens qui voulaient participer, dans cet esprit-là et dans la composition. Niveau compo, c’est moi qui m’en occupe à la base et après chacun a ses parties, on enregistre et après on fait des résidences pour se caler car on n’habite pas tous dans le coin. Pour qu’après pour les concerts soient nickel, sans forcément faire des répétitions toutes les semaines en fait.
D’accord !
Les résidences, c’est comme une grosse répétition mais qui dure une semaine.
Et toi JP, tu joues de la guitare. Est-ce que tu chantes aussi ?
Non, juste la guitare sur scène. En tout cas sur scène je ne suis que guitariste.
Pour revenir à l’écriture des chansons, quel est ton processus ?
Je pars d’un riff de guitare par exemple, et je vais articuler tout le morceau autour de là ! avec la ligne directrice, les parties rythmiques, etc.
Mais uniquement en guitare ?
Ah non, moi je fais toutes les parties de tous les instruments ! (sourire). Mais sur scène je suis guitariste !
Donc « Multi-cartes » !
Ouais c’est ça, « Multi-cartes » (rires) !
Une tournée avec CRADLE OF FILTH ! Excellent !
Excellent, oui ! (sourire). On avait déjà fait une tournée avec eux il y a trois ans et en plus avec ALCEST ! Et là, on n’a pas fait toute la tournée entière, juste une partie de la tournée, et il y a eu SUFFOCATION en plus, et un groupe australien qui s’appelle MELANCOLIA, groupe qui était avec nous, donc une tournée à quatre groupes.
Et là on a fait une partie de la tournée et ce soir au Pit Dog !
Superbe ! Raconte-moi comment ça s’est passé !
Ça s’est super bien passé (rires) ! Fatiguant, je vais être honnête car ce sont des conditions, on va dire, à la française ! C’est-à-dire le van qui suit le gros tour bus des autres groupes ! Donc une fois le concert terminé, on doit tout remballer, faut aller se trouver un hôtel, enfin bon, donc hyperfatigant sur une semaine quand il n’y a pas de tour bus. Ça c’est des choses qu’on avait eues en 2022 où on devait faire une tournée avec SEPTICFLESH et là on aurait dû être dans le tour bus mais le COVID-19 était encore arrivé donc… on n’a pas eu ça !
Mais oui, sur CRADLE, très fatigant, mais au final, mais la fatigue est effacée par les souvenirs gravés en mémoire : fouler la scène de ses idoles ! Des groupes qu’on adore, avec qui on a grandi ! Et surtout devant un public assez large ! Parce que CRADLE ce n’est pas que du black metal, enfin moi je le vois comme un groupe qui est assez multitâches, c’est du mélange CRADLE je trouve et du coup NARAKA qui arrive là-dedans ! On plaît assez, on parle aux gens au merch, c’est pas déconnant au niveau du style, ça s’emboîte assez bien !
Mais comment êtes-vous arrivés à faire une tournée avec CRADLE OF FILTH ?
En fait, c’est une histoire de connexion dans la musique ! Entre toi et une autre personne, faut qu’il y ait une connexion avec les deux, et nous la connexion avec CRADLE c’est simple, c’est qu’on connaissait leur manager, qui nous a placés en première partie. Quelqu’un qui connaît quelqu’un et qui va aider quelqu’un, voilà (sourire) !
Et comment vous êtes-vous sentis lors de la tournée ?
Eh bien à la fois tout petits mais en même temps hyper respectés car aussi bien CRADLE que SUFFOCATION nous regardaient sur le côté de la scène le soir, et ils sont venus nous dire à la fin : « Putain c’était génial ce que vous avez fait ! » et on sentait que c’était vraiment sincère donc c’était vraiment cool ! Ils sont hyper respectueux, Dani est quelqu’un de vraiment très gentil malgré tout ce qu’il y a pu y avoir sur lui dans la presse ces derniers temps. Je pense que c’est entre lui et ses musiciens, c’est une chose, mais entre nous en première partie tout se passe bien !
C’est quand même un honneur !
Carrément ! (sourire). Après on a déjà pas mal tourné déjà avec eux ! Au prochain concert, on va essayer d’être quand même avec un autre truc, tu vois, un truc, je ne vais pas dire plus moderne parce que NARAKA c’est un peu le cul entre deux chaises ! C’est-à-dire on ne rend pas du moderne comme LANDMVRKS mais on ne va pas non plus avoir un son typé années 80 ! On a un son très moderne mais avec des façons de composer façon un peu plus années 2000 à l’époque de GOJIRA, DAGOBA, des groupes comme ça. Grosso modo on va dire ça. Après on a des morceaux quand même très différents les uns des autres. Donc on plaît à différents styles, mais 2026 on va faire une petite pause sur tout le tour support parce que c’est assez fatigant et ça paraît pas, mais ça coûte de l’argent aussi… et en 2027, on va essayer de faire un plus gros tour support avec un beaucoup plus gros groupe ! On a des connexions avec un très gros groupe, je ne vais pas dire qui pour l’instant, mais voilà, on espère que cela se fera en 2027 !
Prochain album du coup ?
Courant 2027, et sera enregistré par Jacob HANSEN. On va changer de producteur, et on va aller au Danemark, pas pour l’enregistrement, mais pour finaliser le mixage avec lui. Jacob HANSEN, pour ceux qui ne connaissent pas, a bossé avec EPICA, EVERGREY, FLESHBONE APOCALYPSE. Chez les français il a fait un DAGOBA.
Concernant la formation de NARAKA en 2020 : comment as-tu trouvé tes musiciens ?
Il y en a que je connaissais parce que forcément j’ai été dans plein de groupes avant et d’autres musiciens par le bouche à oreille. Tout simplement dans le milieu. Dans le milieu il y a beaucoup de groupes, mais pas forcément beaucoup de musiciens ! Parce que les musiciens sont souvent dans plusieurs groupes ! Donc… il y a des batteurs qui ont 15.000 projets, par exemple, donc c’est assez facile quand on connaît les gens pour trouver quelqu’un. Par contre ce qui est compliqué c’est de trouver des bons mais on va pas se plaindre, on a une bonne formation sur scène et tout se passe bien ! (sourire)
Niveau line-up ?
Il a changé entre le premier et le deuxième album. Et là ça n’a pas changé.
En écoutant ton dernier album, j’aimerais parler de musiques « variées » !
Oui, c’est ce qui revient souvent effectivement !
Nous ne sommes pas dans un côté linéaire.
Justement, on voulait éviter le côté rouleau compresseur, on voulait avoir des ondulations, que ça respire, que ça reparte, et ainsi de suite ! Ça je trouve ça hyper important en musique de créer une dynamique aussi bien dans une chanson qu’entre les morceaux. Si t’as quinze morceaux qui sont les mêmes et que t’as un rouleau compresseur entre les deux, c’est génial sur scène mais en album ça peut très vite m’ennuyer, donc j’ai besoin d’avoir ce côté où tu chantes quand tu passes d’une piste à l’autre et te dis « ah ouais, ça on sent que c’est une autre piste ! On sent que ce n’est pas la même ! »
Niveau variation des sons, vous êtes tous en osmose ?
Oui, carrément !
Chacun apporte sa touche ?
Niveau interprétation, oui, regarde le morceau acoustique en fin d’album par exemple, ça va vraiment amener une dynamique en plus, c’est pas parce qu’on est un groupe de metal qu’on ne peut pas s’octroyer un morceau acoustique ! C’est même dans nos idées de faire peut-être un album entièrement acoustique !
Comme un unplugged ?
Oui voilà ! Je n’ai pas envie qu’on se mette des barrières, j’aime bien cette diversité. Comme j’ai plein d’influences, je ne veux pas avoir 10.000 groupes, je préfère mettre tout dans le même !
Alors, question influences, on parle de quoi ? 😉
Influences (rires) ! J’ai droit à combien ?
Allez cinq, six (rires) !
METALLICA, PANTERA, LAMB OF GOD, DAGOBA, GOJIRA et FEAR FACTORY !
FANTOMAS (Mike PATTON) aussi du coup ? (rires)
Ah !!! Un petit peu, oui ! (rires)
« Born in darkness » contient treize chansons… c’est pas mal !!
C’est pas mal (sourire) ! Pour un album, c’est vrai qu’on est un peu au-dessus de la norme, mais en fait, les chansons s’imbriquaient tellement bien ensemble que, on aurait pu les garder pour un album suivant, mais on avait déjà commencé à enregistrer avec Logan MADER et une chanson de plus ou de moins ne changeait rien pour lui, donc on a mis les treize !
Quand on écoute ton album d’affilée, on sent cette continuité logique !
Effectivement, toujours avec ces variations mais l’idée c’est que ça s’enchaîne avec un pont au milieu qui est une chanson un peu instrumentale, donc, comme je te disais, « faire respirer », c’est vraiment à tous les niveaux ! à faire respirer l’auditeur pour mieux que ça reparte ! (sourire)
Au niveau des textes et des thèmes principaux, peux-tu m’en dire plus ?
Thèmes principaux : la vie et la mort, si je résume. Un peu le côté écologique de la planète qui part en cacahouète, et l’humanité d’une façon générale. Des dualités, des thèmes assez communs, mais en lisant les paroles, tu verras des métaphores…
Qui écrit les paroles ?
C’est moi.
Projets : 2027. Des tournées entre temps ?
Oui, pas mal de dates sur des fest en France pour l’instant, et Europe c’est en train de se faire. Et petite tournée en France avec LOUBLAST !
MOTOCULTOR peut-être ?
C’est en train de se faire, on bosse aussi pas mal avec Jérémie de VECTEUR MAGAZINE ;), qui est un grand ami ! On a le KREIZ Y FEST en Bretagne l’année prochaine ! On a aussi le VOLCANIC FEST à Lyon.
Donc ce soir à Lorient à domicile !
Je connais effectivement très bien le Pit Dog et Gurvan. Il y a aussi souvent Gwen KERJAN, un ingé son, avec qui on a monté une asso qui s’appelle MATORIS. On est une petite structure qui aide les groupes qui sont à leur tout début à structurer les groupes pour aller dans les bonnes directions.
Groupes de metal ou pas forcément ?
Pas forcément, mais 95 % des groupes sont du metal.
Quand tu dis « structurer », c’est-à-dire ?
Eh bien, leur éviter les pièges comme moi j’ai pu avoir par exemple dans le milieu, savoir prendre les bonnes décisions, savoir où mettre l’argent, dans quoi investir, comment contacter un label, comment contacter un agent… On va organiser aussi des masterclass ici dans le coin l’année prochaine ! Avec des invités qu’on va faire venir comme des patrons de gros labels.
C’est génial ! Vraiment toujours dans l’esprit de faire vivre et faire perdurer le metal…
L’idée toujours de communion et de fédérer le metal entre un groupe qui débute et un label ou autre, et de leur prodiguer des conseils.
Et leur offrir de l’expérience.
C’est ça !
L’idée c’est vraiment d’accueillir des gens du milieu, de l’agent de presse à un label, tant que ça reste dans le milieu du metal ! (sourire)
Quelles sont tes impressions ce soir avant de commencer à jouer ?
Excité de jouer à domicile ! Let’s go ! Ready to rock !
Comment définirais-tu le style de musique de NARAKA ? Pas que du death metal…
METAL ! Metal avec un grand « M », pas que du death effectivement.
Merci beaucoup JP pour ton temps ! Bon concert !
Merci à toi, Indie !
Superbe interview avec un groupe humble et ayant l’envie profonde de soutenir la scène du metal et les nouveaux groupes en démarrage…
NARAKA représente l’esprit du Metal à la perfection ! Merci à vous les NARAKA !
