À l’occasion de la sortie de leur nouvel album « THE CAGE & THE CROWN : CHAPTER II » le 16/01/26, le groupe de metal montpelliérain HEADKEYZ revient avec une œuvre intense et profonde. Avec cette puissance sonore, HEADKEYZ propose une introspection bouleversante.
Bonjour les HEADKEYZ ! Pouvez-vous nous parler un peu de vous ?
Hello ! Tout d’abord, merci de nous accorder cette interview. Nous sommes un groupe de rock/metal alternatif montpelliérain composé de cinq membres : Tim et Stella à la guitare, Sam à la basse, Sylvain à la batterie Edge (moi-même) au chant. Les influences du projet se rapprochent du rock alternatif des années 90 et du début des années 2000, tout en intégrant quelques sonorités fuzzy des 70’s.
C’est en plein confinement 2021 qu’est né HEADKEYZ sous l’impulsion de son frontman, Edge. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Le projet était initialement pensé comme la suite de mon projet solo ADG, qui était plus axé pop et folk. Puis le confinement est arrivé et nous a tous plongés, artistes et musiciens, dans un silence total. Le fait de se sentir coupés du monde, tout à coup, a fait naître le désir de faire évoluer le projet en un tout nouveau concept : HEADKEYZ.
Comment définiriez-vous votre « style » de musique ?
C’est un mélange de beaucoup d’influences, mais qui tourne principalement autour du rock alternatif. On peut aussi y retrouver des influences plus tribales, comme dans les interludes ou sur « The End ». Je dirais que c’est un projet sans étiquette, qui évolue au fil du temps, se cherche et ose tenter des choses.
On sent des influences du nu metal, mais aussi d’un son fuzzy psyché des années 70… Est-ce juste ?
Tout à fait. La scène nu metal a été une grande source d’inspiration (DEFTONES, KORN, LINKIN PARK, etc.), tout comme une scène rock plus “old school” (LED ZEPPELIN, THE BLACK KEYS, KING CRIMSON, etc.).
Quelles sont vos influences musicales du coup ?
Elles sont tellement vastes qu’il serait difficile de tout citer, mais si l’on se concentre sur la scène rock et metal, je dirais que des groupes comme TOOL, A PERFECT CIRCLE, INCUBUS et DEFTONES ont été de vrais repères, des albums de chevet depuis le collège.
Sorti en 2022, « The Cage & The Crown : Chapter I » est le premier volet d’un diptyque qui revêt un aspect et un état d’esprit sombre et c’est un album très viscéral : pouvez-vous nous en parler ?
Notre premier album, comme le nouveau, est le constat d’une période étrange et pesante. Il a fait naître le besoin de remettre en question le monde qui nous entoure. La question principale était : « Que serait le monde sans l’Homme ? » Et cette période de « bug mondial » (le confinement) y a répondu d’une manière assez brutale : « Le monde se porte beaucoup mieux ».
Ce double album parle de la course humaine vers ce qu’il ne possède pas et qu’il pense devoir absolument obtenir, symbolisée ici par la couronne. L’idée derrière ce concept est de montrer que cette couronne est en réalité une cage dans laquelle on s’enferme.
« THE CAGE & THE CROWN : CHAPTER II » qui sortira dans les bacs le 16/01/26, fait donc suite au 1er chapitre : quels sentiments ressentez-vous pour cette sortie ?
Comment pensez-vous que le public l’accueillera ?
On ressent à la fois une sensation excitante, libératrice… et un peu triste. Triste, parce qu’on referme le dernier chapitre de cette partie de notre vie, et c’est une émotion très forte.
On espère bien sûr que le public aimera ce nouvel album, car comme toujours, il y a eu pas mal de prises de risques. Et justement, ce sont souvent ces risques-là qui peuvent créer de belles surprises.
Pourquoi ce choix d’un Chapter II ?
Quelle évolution constatez-vous entre le Chapter I et le Chapter II ?
Un Chapter II était forcément attendu comme une suite logique, avec la même identité, etc. Ce qui a été intéressant, c’était justement de créer la surprise : proposer quelque chose qui ressemble à une suite sur le fond, mais qui est très différent dans la forme.
On a voulu un son beaucoup plus moderne et massif, tout en respectant ce désir de « réalité » qui nous est cher. La direction artistique des clips est aussi très différente, ce qui a permis de faire évoluer le scénario parallèle.
Les paroles semblent aborder des thèmes forts comme la lutte intérieure, la dualité interne, la liberté ou le pouvoir. Beaucoup d’introspection…
Quels sont les messages que vous aviez envie de transmettre avec cet album ?
Effectivement, les textes abordent plusieurs thématiques.
« The Crown » fait référence à l’acceptation (ou non) du pouvoir, à cette course à celui qui obtiendra la couronne. « Intoxicated » parle de comportements toxiques liés à la surexposition sur les réseaux sociaux. « The Keys » est un combat intérieur contre les dogmes. « Rotten Party » est un lâcher-prise total. « Viking » aborde en surface la masculinité et les préjugés. « Revenge » parle des traumatismes suite à une agression, quand la justice ne rend pas justice aux victimes. Et « The End » parle de la fin de tout.
Quel est le processus d’écriture de vos albums ? Tous ensemble ou chacun séparément et vous vous rassemblez pour travailler ensemble ?
Tout comme la base des musiques, j’écris les textes seul. Parfois un texte arrive avant la musique, parfois c’est l’inverse. Mais il y a presque toujours, à l’origine, une phrase, un mot ou un sentiment qui déclenche l’inspiration. Ensuite, tout vient tout seul.
Y a-t-il eu une différence de processus d’écriture avec le 1er chapitre ?
Oui. Tous les textes ont été revus et réécrits pour coller davantage à une vision plus actuelle, mais aussi parce que d’autres idées sont nées entre-temps. C’était un passage essentiel.
Avez-vous un morceau préféré dans cet album ?
Si on devait tous se mettre d’accord sur un titre, ce serait sans hésitation « The Keys ». Ce morceau a vraiment quelque chose en plus dans l’atmosphère qu’il dégage : un côté très « Gotham City », très cinéma. C’est un titre qu’on peut écouter et réécouter sans jamais s’en lasser.
Niveau scénique, vous projetez-vous de le jouer en live et prévoyez-vous un jeu de scène particulier ?
Bien sûr ! Dès le 16 janvier, date de sortie de l’album, nous intégrerons la quasi-totalité du Chapter II à notre setlist. Ce nouveau set proposera quelque chose de très dense et puissant, ce qui jouera aussi sur notre attitude sur scène.
Mais globalement, on souhaite continuer de proposer quelque chose de très sincère : écrire un « show » de A à Z irait à l’encontre de cette spontanéité. On souhaite laisser de la place pour l’improvisation.
Comment ressentez-vous le public à chaque passage de HEADKEYZ ?
Le public nous donne énormément d’énergie, et les retours sont toujours excellents. Même nous, on est surpris de voir à quel point les gens adhèrent à HEADKEYZ. C’est le plus beau cadeau qu’on puisse recevoir. On est très reconnaissants de cette bienveillance constante.
Quel regard portez-vous aujourd’hui sur la scène metal française, et comment situez-vous HEADKEYZ au sein de celle-ci ?
La scène metal française actuelle est ultra florissante, avec des groupes comme GOJIRA ou LANDMVRKS qui représentent magnifiquement bien notre scène à l’étranger. C’est génial, et ça rappelle la fin des 90’s / début 2000 avec des groupes comme PLEYMO ou ETHS.
Comme toujours, pour que la nouvelle scène perdure, elle devra savoir se réinventer constamment. De notre côté, c’est vrai qu’on va très vite dans notre développement parce qu’on est ultra impliqués, mais on reste un groupe en pleine construction, qui, je l’espère, tend vers l’émergence au niveau international.
La route parcourue en seulement trois ans est incroyable. On ne pensait pas réussir ce pari à ce point, mais le chemin est encore long : il faudra tenir la durée et faire nos preuves en permanence. C’est une vocation très difficile et assez opaque vue de l’extérieur. Beaucoup de projets finissent par lâcher, car l’énergie, le temps et l’argent investis peuvent devenir une vraie souffrance. Il y aura certainement un moment où on devra faire une courte pause pour repartir plus fort… Mais en attendant, on est bien décidés à foncer.
Quels sont vos projets maintenant ? Un Chapter III ?
Pour l’instant, l’idée est de défendre à fond notre double album en live. Mais la suite commence déjà à s’écrire. C’est un besoin vital : travailler sur un nouveau projet, un nouvel univers, de nouvelles sonorités et de nouvelles prises de risques. Il est temps de se réinventer. La zone expérimentale est donc ouverte. Suspense… même pour nous 🙂
Avez-vous des dates de concerts ?
Actuellement, nous avons deux release parties, à l’image de Chapter I et Chapter II : une date à Paris au Supersonic, et une à Montpellier chez nos amis de l’O’liver Pub. D’autres dates seront communiquées prochainement, dont une avec LUCIE SUE, également chez Rage Tour.
Un dernier mot pour vos fans et les lecteurs de Metal Rock Magazine ?
Merci pour tout : votre soutien et votre force. On a beaucoup de chance de partager tous ces moments de vie avec vous, en live comme sur les réseaux. Cette bienveillance nous pousse à repousser nos limites et nous donne une force énorme.
Le meilleur est à venir, alors on vous invite à suivre régulièrement notre actualité. Et merci aux médias comme Metal Rock Magazine de mettre en avant la scène metal émergente. On vous embrasse fort !
Merci beaucoup les HEADKEYZ ! Bonne route à vous et à bientôt !
Une belle interview pour un groupe qui envoie du lourd !
Merci pour ce partage qui ravira vos fans !
HEADKEYZ, on vous souhaite une carrière prospère et magnifique !
