
À l’occasion de la sortie de leur dernier album « Soulbound », le 27 février 2026, chez Reaper Entertainment, je vous propose une superbe interview de GLADENFOLD !
GLADENFOLD est un groupe mythique finlandais formé il y a de cela 20 ans déjà. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Lauri : Le groupe a commencé comme un projet scolaire ; nous étions tous au lycée à l’époque et nous nous préparions pour un concours de groupes. Le principe était que chaque groupe devait composer sa propre chanson, ce que nous avons fait, enfin, surtout Esko. Le concours n’a pas été un grand succès, mais après ça, certains d’entre nous ont réalisé que c’était quelque chose que nous pouvions faire et que ce serait amusant de développer de façon plus structurée. Il y a donc eu quelques changements de formation : je suis passé de la basse à la batterie et Esko de la batterie à la guitare. Avec l’arrivée rapide de quelques amis, GLADENFOLD a commencé à prendre son envol.
Quel était le concept à l’origine ? Souhaitiez-vous faire des reprises de chansons ? ou aviez-vous quelques compositions à vous ?
Lauri : Dès le début, il s’agissait de composer notre propre musique. À nos débuts, nous n’avons joué qu’une seule reprise en concert, « Vargavinter » de THYRFING. Et bien sûr, avec le projet hommage à CHILDREN OF BODOM réalisé avec notre label, nous avons intégré une autre reprise à nos sets. Le concept initial était donc de créer sa propre musique et de mélanger un maximum de genres.
Comment qualifieriez-vous votre style de musique : peut-on parler de power metal, de death metal mélodique et de death symphonique ? Êtes-vous d’accord avec cette description ?
Matias : À nos débuts, nous mélangions différents styles de metal, notamment le black metal, le folk metal, le death metal mélodique et le power metal. Avec le temps, notre son a naturellement évolué vers une fusion de power metal et de death metal mélodique, avec l’intégration progressive d’éléments symphoniques. Sur cet album, le power metal est plus présent que jamais. Donc oui, ta description de notre style est plutôt juste (sourires).
Le groupe est composé de six musiciens, actuellement Esko (chant et guitares acoustiques), Matias (guitares), Toke (guitares), Ville (basse), Lauri (batterie) et Paavali (claviers) : Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Matias : Esko et Lauri sont frères, et Paavali et Esko étaient au même lycée. Je connaissais déjà les gars depuis un moment, car mon autre groupe (Corona Skies) avait fait quelques concerts avec GLADENFOLD à l’époque. J’ai rejoint le groupe en 2014, après le départ du guitariste précédent. Quelques années plus tard, Toke nous a rejoints. Il nous avait initialement contactés pour jouer de la basse, car nous n’en avions pas à ce moment-là. On s’est vite rendu compte qu’il était un guitariste exceptionnel. À peu près à la même période, Esko voulait arrêter la guitare en concert et se concentrer uniquement sur le chant, alors Toke a fini par intégrer le groupe comme second guitariste. Peu de temps après, Ville nous a rejoints à la basse, ce qui a vraiment complété la formation.
Votre quatrième album studio, « Soulbound », sortira le 27 février 2026 chez Reaper Entertainment. Composé de neuf titres, il est déjà présenté comme un album concept ambitieux, racontant l’histoire de deux personnages dont les destins s’entremêlent et s’affrontent dans un cycle éternel de renaissance.
Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots l’histoire que vous souhaitiez raconter ?
Matias : Notre musique est riche et variée : épique, mélancolique, agressive, et pleine d’émotions. Bien sûr, nous voulons que les paroles soient en harmonie avec la musique. Pour cet album, tout a commencé avec « Ghostlike », l’une des premières chansons écrites. L’ambiance et les paroles étaient vraiment inspirantes, et c’est là que nous avons commencé à explorer l’idée de construire l’album autour de deux personnages comme perdus dans le temps.
On dit que cet album est riche en émotions : pouvez-vous nous en dire plus ?
Matias : Entièrement d’accord. Esko est un compositeur brillant et son flot incessant d’idées nouvelles semble intarissable. Son style musical est versatile et évoque une grande variété d’ambiances. Une grande partie de l’atmosphère émotionnelle de l’album est également portée par sa voix.
Quels sont les principaux thèmes abordés et pourquoi ?
Matias : Il n’y a pas de thème prédominant, mais des idées comme le regret, la vengeance et le pardon reviennent régulièrement tout au long de l’album. Elles constituent d’excellents fondements pour raconter une histoire épique, riche en émotions, ce qui correspond bien à notre style musical. Lors de la création de l’album, il nous a semblé naturel d’intégrer certains événements tragiques qui se déroulaient dans le monde à cette époque, ce qui nous a permis de les appréhender sans tomber dans une interprétation trop littérale. L’histoire se répète, et certaines choses restent immuables. En ce sens, cela fait également écho au cycle de renaissance que vivent ces deux « âmes ».
Avez-vous une chanson préférée sur votre dernier opus et pourquoi celle-ci en particulier ?
Lauri : « Mercy » est l’une de mes préférées, même si je la détestais un peu pendant l’enregistrement. Mais maintenant qu’on l’a répétée en live, elle est vraiment devenue l’une de mes favorites. C’est aussi quelque chose qu’on avait en tête depuis un bon moment. Je veux dire, une chanson plus lente et puissante, sans être acoustique ni une ballade. Et puis il y a « Fire Wind », un véritable hymne power metal qui me parle vraiment.
La chanson « Mercy » semble plus paisible et plus introspective : pouvez-vous nous en dire plus sur cette chanson interprétée en duo ?
Matias : Contrairement à la plupart des autres morceaux de l’album, celui-ci a été composé à l’origine par notre claviériste Paavali. La première démo était principalement au piano, il a donc fallu beaucoup de travail pour en faire un morceau pour tout le groupe. Une fois l’arrangement finalisé, j’ai suggéré d’inviter une chanteuse. Je connaissais Micha, et heureusement, l’idée lui a plu. Sa performance a vraiment fait toute la différence, transformant la chanson en un morceau magique.
Quel est votre processus d’écriture d’album ? Est-ce un travail collectif ou individuel ?
Matias : Esko compose la plupart des morceaux et commence par en faire des maquettes à la guitare, avec des ébauches de voix. Si le morceau plaît au reste du groupe, on se met à travailler dessus ensemble et chacun apporte ses idées. Pour cet album, on a vraiment pris notre temps, en modifiant et réarrangeant pas mal de morceaux jusqu’à ce qu’ils nous paraissent parfaits.
La pochette de l’album est magnifique : avez-vous laissé carte blanche à l’artiste concernant les thèmes principaux de l’album ?
Matias : Pour une fois, nous avions une idée assez précise de ce que nous voulions pour la pochette de l’album. Dès que le concept de l’album a pris forme, nous savions que nous voulions ces deux personnages en couverture et nous avions une palette de couleurs générale en tête. J’en ai discuté avec Tuomas Valtanen, qui a réalisé l’illustration. Il a peaufiné les détails et nous lui avons fait confiance. Je trouve que le résultat correspond parfaitement au thème de l’album.
Avez-vous un album préféré parmi ces quatre albums studio ? Et pourquoi ?
Lauri : Nos albums sont tous assez différents et ont tous leurs qualités, mais je considère toujours « Soulbound » comme le meilleur jusqu’à présent. En répétition, on a le sentiment que ces nouveaux morceaux sonneront très bien en concert, mais on le verra dans quelques semaines.
L’album étant sur le point de sortir, avez-vous prévu des dates de tournée ? Envisagez-vous d’interpréter « Soulbound » en intégralité sur scène ?
Lauri : Oui, nous avons un concert de lancement le jour même de la sortie de l’album, suivi d’autres concerts en Finlande, puis en mai, deux concerts à Tokyo, au Japon. C’est un rêve qui se réalise, c’est indéniable. La concurrence est rude pour trouver des concerts et des salles en Finlande, surtout pour les petits groupes comme le nôtre. Nous sommes donc ravis que notre agent, Mel, ait pu nous programmer un bon nombre de concerts pour ce printemps. On espère en faire d’autres à l’automne, voire même en été, mais on verra. « Soulbound » est un album que nous pourrions jouer en entier un jour, mais ce ne sera pas le cas pour les prochains concerts.
Comment pensez-vous que le public accueillera « Soulbound » ?
Lauri : Le style de cet album est tellement différent du précédent que je pense que beaucoup seront surpris, mais je suis convaincu que ce sera une bonne surprise. Les retours sur les singles ont été majoritairement positifs, donc je suis persuadé que les fans apprécieront l’album et qu’il attirera de nouveaux auditeurs.
Avez-vous un spectacle scénique particulier ou jouez-vous au feeling ? Ou bien portez-vous des tenues spéciales pour vos spectacles ?
Matias : On n’a jamais vraiment été branchés sur les mises en scène théâtrales. On a nos tenues de scène, mais rien d’exagéré. Comme la musique est assez épique et technique, ça limite déjà un peu notre façon de l’interpréter en live. Au final, on veut juste rester authentiques et laisser parler la musique et le spectacle. Donc pas de masques ni de personnages scéniques.
Ressentez-vous un lien particulier, une connexion, avec vos fans à chaque concert ?
Matias : L’expérience live, c’est avant tout le lien avec le public. Que ce soit grâce aux chansons ou, plus largement, à l’ambiance créée par la musique live, l’important est que l’énergie soit transmise. Échanger avec les fans pendant les concerts est essentiel, et c’est quelque chose que nous apprécions énormément.
Avez-vous une anecdote amusante à raconter à vos fans, lors d’un concert par exemple ?
Matias : Héhé… Cette histoire remonte à une vingtaine d’années, quand on était jeunes et turbulents. Je n’y étais pas, mais je la connais par cœur. On donnait un concert dans une petite ville finlandaise, mais il n’y avait presque personne, à part une bande de types assez bizarres. Après le concert, ils nous ont abordés pour nous dire qu’ils avaient un abattoir à la sortie de la ville où ils nous proposaient de passer la nuit. Ils semblaient particulièrement intéressés par notre matos. Même si on n’avait nulle part où dormir, on a poliment refusé. Mais ils n’ont pas semblé accepter notre refus et la discussion a continué dehors. Il s’est passé quelque chose et on s’est retrouvés à courir sur la place du village, poursuivis par la bande. L’un de nous a appelé la police, mais le policier nous a dit qu’il était seul, assez loin, et nous a gentiment conseillé de prendre nos affaires et de quitter la ville avant qu’ils ne s’arment. Heureusement, on a réussi à s’enfuir et personne n’a été blessé 🙂
Avez-vous un dernier mot pour vos fans ?
Lauri : Prépare-toi ! Quelque chose d’épique et d’énorme arrive très bientôt. Le 27 février, pour être précis 😉
Merci beaucoup pour votre temps et félicitations pour votre musique !
Une interview très enrichissante et humble, pour un groupe mythique, qui ne cesse de défier le temps et de se bonifier avec celui-ci, ne laissant aucune place aux rides ! Bonne écoute ! « Soulbound » est un opus fabuleux et incroyable !




